Le gouvernement belge étend les flexi-jobs à tous les secteurs d'ici l'été 2026
Les travailleurs à temps plein pourront désormais cumuler un emploi flexible dans leur propre entreprise, une mesure saluée par les employeurs mais critiquée par les syndicats.

BELGIUM —
Les faits
- Le conseil des ministres a approuvé l'extension des flexi-jobs à tous les secteurs privés et publics.
- Le système de flexi-jobs existe depuis 2015, initialement réservé à l'horeca.
- Les travailleurs à temps plein peuvent désormais exercer un flexi-job dans leur propre entreprise.
- Un opt-out permet aux secteurs de refuser les flexi-jobs via un accord collectif.
- Le ministre David Clarinval (MR) a annoncé la mesure, saluée par l'organisation patronale Unizo.
- La loi sera soumise au parlement avant l'été, avec un vote espéré fin juillet et une entrée en vigueur en septembre 2026.
- Des mesures anti-abus seront introduites ultérieurement, sans précisions pour l'instant.
Un feu vert pour une généralisation attendue
Le conseil des ministres a donné son feu vert à l'extension du régime des flexi-jobs à l'ensemble des secteurs d'activité, a annoncé le ministre de l'Emploi David Clarinval (MR). Cette décision, qui concrétise une promesse de la coalition gouvernementale, suscite des réactions contrastées. Les employeurs, par la voix de l'organisation Unizo, se félicitent d'une mesure qu'ils jugent cruciale pour la flexibilité du marché du travail. « Cette décision aurait dû venir plus tôt, mais l'essentiel est qu'elle soit là », a déclaré un porte-parole d'Unizo. Le système des flexi-jobs, instauré en 2015, permettait jusqu'ici aux travailleurs déjà actifs ou aux pensionnés de cumuler un emploi complémentaire dans le secteur horeca, sans charges sociales excessives. Au fil des ans, le dispositif a été élargi et ajusté, mais jamais à une échelle aussi vaste. La nouvelle mesure supprime les barrières sectorielles, ouvrant la porte à une utilisation dans tous les secteurs privés et publics, à l'exception de ceux qui feront usage d'une clause d'opt-out.
Un opt-out inversé pour les secteurs réticents
Le ministre Clarinval a précisé que les secteurs qui ne souhaitent pas adopter les flexi-jobs devront désormais conclure un accord explicite pour les refuser. « Là où les flexi-jobs n'étaient possibles que dans les secteurs où syndicats et employeurs étaient d'accord, la logique est inversée: aujourd'hui, les secteurs doivent conclure un accord s'ils veulent les refuser », a-t-il expliqué. Ce mécanisme d'opt-out vise à maximiser la diffusion du dispositif, tout en laissant une porte de sortie aux branches qui estimeraient le système inadapté. Unizo a salué cette approche, estimant que les flexi-jobs sont « immensément importants » pour de nombreuses entreprises. « Pour beaucoup d'entrepreneurs, ils font la différence entre servir un client ou devoir le refuser. Dans les secteurs où il est particulièrement difficile de recruter, cela change concrètement la donne sur le terrain », a souligné l'organisation patronale. La mesure permettrait notamment aux restaurants d'ouvrir à des créneaux horaires où ils manquaient de personnel.
Craintes de substitution et promesses de création d'emplois
L'extension des flexi-jobs suscite pourtant des inquiétudes, notamment de la part des syndicats, qui redoutent une substitution des emplois fixes par des contrats flexibles. « On craint que les flexi-jobs ne cannibalisent les postes permanents, réduisant les heures de travail des salariés en place », résume une source syndicale. Le ministre Clarinval rejette cette analyse: « Ce n'est pas vrai. Il y aura sans doute des abus ici et là, mais les études montrent que les flexi-jobs créent de l'emploi. Les restaurants pourront ouvrir à des moments où ils n'en avaient pas la capacité. » Il a également annoncé que le gouvernement introduira ultérieurement des mesures pour lutter contre les abus, sans en préciser la teneur. « C'est un levier important pour nos entreprises, qui peuvent plus facilement faire face aux pics d'activité en recourant temporairement à des travailleurs. Cela renforce leur compétitivité », a-t-il ajouté. Unizo abonde dans ce sens, estimant que la flexibilité offerte par les flexi-jobs est un outil indispensable dans un contexte de pénurie de main-d'œuvre.
Un calendrier serré pour une mise en œuvre rapide
Le projet de loi sera soumis au parlement avant l'été, avec l'ambition d'un vote en séance plénière fin juillet. « J'espère que le vote pourra avoir lieu fin juillet, et que la mesure entrera en vigueur avant septembre », a déclaré David Clarinval. Ce calendrier serré reflète la volonté du gouvernement d'accélérer la mise en œuvre d'une réforme déjà inscrite dans l'accord de coalition. Concrètement, à partir de l'été 2026, tout travailleur à temps plein pourra cumuler un flexi-job, y compris dans son propre employeur, ce qui n'était pas possible auparavant. Cette disposition vise à aligner le système sur les réalités du terrain, notamment dans l'horeca où les salariés effectuent souvent des heures supplémentaires dans leur propre établissement. Le ministre a souligné que « la plupart des réactions sont positives » et que cette réforme constitue « une avancée importante pour tous ceux qui veulent travailler plus et être mieux rémunérés ».
Un dispositif en constante évolution depuis 2015
Le système des flexi-jobs a été créé en 2015 pour répondre à la demande de flexibilité dans le secteur horeca, où les horaires irréguliers et les pics d'activité sont fréquents. Il permettait aux travailleurs déjà actifs (à au moins 4/5e temps) et aux pensionnés d'effectuer des heures complémentaires sans cotisations sociales élevées, avec un salaire net avantageux. Au fil des ans, le dispositif a été étendu à d'autres secteurs comme le commerce de détail ou la coiffure, mais toujours de manière ciblée. La généralisation annoncée marque un tournant: elle ouvre la possibilité à tous les secteurs, y compris publics, de recourir à des flexi-jobs. Cette évolution s'inscrit dans une tendance plus large de flexibilisation du marché du travail en Belgique, où le taux d'emploi est inférieur à la moyenne européenne et où les pénuries de main-d'œuvre sont chroniques dans certains métiers. Le gouvernement espère que cette mesure permettra d'augmenter le volume global d'heures travaillées sans alourdir les charges des entreprises.
Entre promesses de croissance et risques de précarisation
L'extension des flexi-jobs cristallise les tensions entre une logique de flexibilité prônée par les employeurs et une logique de protection défendue par les syndicats. Pour les premiers, c'est un outil indispensable pour s'adapter à une économie de plus en plus imprévisible. Pour les seconds, c'est un pas de plus vers la précarisation du travail, où les contrats stables cèdent la place à des emplois à la carte. Le gouvernement mise sur les effets positifs en termes de création d'emplois et de compétitivité, tout en promettant de surveiller les abus. Reste à savoir si les garde-fous annoncés seront suffisants pour éviter que la flexibilité ne se fasse au détriment des droits des travailleurs. La mise en œuvre de la réforme, prévue pour septembre 2026, sera scrutée de près par les partenaires sociaux et les observateurs du marché du travail.
À retenir
- Le gouvernement belge a approuvé l'extension des flexi-jobs à tous les secteurs, avec une entrée en vigueur prévue pour septembre 2026.
- Les travailleurs à temps plein pourront cumuler un flexi-job chez leur propre employeur, une nouveauté qui aligne le système sur les pratiques de l'horeca.
- Un mécanisme d'opt-out permet aux secteurs de refuser les flexi-jobs via un accord collectif, inversant la logique antérieure.
- Les syndicats craignent une substitution des emplois fixes par des contrats flexibles, tandis que le ministre Clarinval assure que les études montrent un effet net positif sur l'emploi.
- Des mesures anti-abus seront introduites ultérieurement, sans précision pour l'instant.
- La réforme s'inscrit dans un objectif de flexibilisation du marché du travail et de lutte contre les pénuries de main-d'œuvre.



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