Sophie Wilmès se confie : « Je n'ai jamais voulu faire de politique »
Dans le livre « Girlcrush », l'ancienne Première ministre belge revient sur son rejet initial de la politique, son rêve de maternité et l'épreuve de la maladie de son mari.

BELGIUM —
Les faits
- Sophie Wilmès a été Première ministre de la Belgique de 2019 à 2020.
- Elle est veuve et mère célibataire de quatre enfants.
- Son mari Christopher est décédé d'une tumeur au cerveau.
- Elle a quitté ses fonctions pour s'occuper de lui sans hésitation.
- Elle a rencontré un élu local à Uccle, Eric André, qui l'a poussée en politique.
- Son père était chef de cabinet de Jean Gol, sa mère travaillait au cabinet du ministre du Budget.
Un rejet précoce de la politique
Sophie Wilmès n'a jamais voulu faire de politique. Dans une interview accordée à la journaliste flamande Hannelore Simoens pour son livre « Girlcrush », l'ancienne Première ministre confie avoir trouvé la politique « très ennuyeuse » dans sa jeunesse. Issue d'une famille où l'on ne parlait que de politique – son père était chef de cabinet de Jean Gol, ancien vice-Premier ministre MR, et sa mère travaillait au cabinet du ministre du Budget – elle avait développé une véritable aversion pour ce milieu. « Je pense que c'est justement par réaction que je me suis dit: Je ne ferai jamais ça », explique-t-elle. Son seul rêve était de devenir mère. Les autres projets étaient pensés en fonction de cet objectif. Elle souhaitait « faire quelque chose pour les autres », mais pas en politique: « Ça aurait pu être n'importe quoi: l'enseignement, l'armée, une ONG… Mais pas la politique, s'il vous plaît. »
Une entrée en politique par hasard
Malgré ce rejet initial, Sophie Wilmès est entrée en politique après une rencontre avec Eric André, un élu à Uccle qu'elle a voulu aider. Elle impute son succès à un certain hasard et à sa détermination: « Je ne sais pas faire les choses à moitié. Quand je dis oui, je m'y consacre à fond. J'ai fait campagne comme si ma vie en dépendait. Pas par soif de pouvoir, mais par sens du devoir. Et contre toute attente, j'ai été élue. » Elle avoue n'avoir jamais eu de grand plan de carrière: « Devient-on Premier ministre par hasard? Non, bien sûr que non. Il faut de la chance, et les bonnes rencontres. Mais je n'avais pas de grand plan de carrière. Je ne me suis jamais dit: 'Si je fais ça maintenant, je pourrai être ministre dans cinq ans'. Ça ne m'intéressait pas. »
La maladie de son mari, un tournant
La vie de Sophie Wilmès a basculé lorsque son mari Christopher a été diagnostiqué d'une tumeur au cerveau. Sans hésitation, elle a décidé de quitter ses fonctions pour se consacrer à lui. « Peu de choses dans ma vie ont été aussi claires que cette décision. Lorsque nous avons reçu le diagnostic et que j'ai compris la gravité de sa maladie, je n'ai pas hésité. Pas une seconde », raconte-t-elle. Elle a demandé au médecin: « Vous rendez-vous compte de ce que je vais faire? Je vais tout arrêter. Est-ce une réaction disproportionnée? » Le médecin lui a répondu: « Je pense que c'est une bonne décision. » Malgré les mises en garde de certains collègues, elle a maintenu sa décision: « Non, on n'attend pas. C'est maintenant. »
Un couple soudé face à l'épreuve
Sophie Wilmès souligne l'importance de l'équipe qu'elle formait avec son mari. « Mon mari et moi, nous avons toujours formé une équipe. Quand je faisais carrière, c'est lui qui s'occupait de tout à la maison. Il m'a soutenue sans réserve. C'était maintenant mon tour », explique-t-elle. Elle ajoute: « L'idée que je continue à mener ma vie comme si de rien n'était pendant qu'il se battait pour sa vie était inconcevable. Toute mon énergie devait aller vers lui et les enfants. » Après le décès de Christopher, elle se retrouve seule responsable de la famille. « Aujourd'hui, je ne peux pas trébucher, car il n'y a plus de partenaire pour me rattraper. Je dois m'assurer toute seule que tout fonctionne et que tout est en ordre. Je suis seule responsable de la famille. Et on parle parfois facilement de la responsabilité d'une famille, mais c'est une lourde responsabilité », confie-t-elle.
Concilier famille et carrière
Sophie Wilmès a toujours accordé une importance primordiale à la famille. Quand on lui a proposé de devenir ministre du Budget, elle a demandé un délai de réflexion pour en discuter avec son mari. « J'étais très consciente que cela perturberait l'équilibre de notre famille. Devenir ministre signifiait que je devais abandonner toute une série de tâches quotidiennes pour les enfants, et que celles-ci devaient être reprises par mon mari », se souvient-elle. Le couple a eu quatre enfants. « Une grande famille a été dès le début le grand rêve de Christopher et moi. Le reste devait s'articuler autour de cela », dit-elle. Malgré les difficultés, elle insiste sur l'importance de former une équipe: « Je dis toujours à mes filles: trouvez un partenaire avec qui vous formez vraiment une équipe. Quelqu'un avec qui vous partagez les tâches et les soucis. C'était le cas à 100 % avec Christopher. »
Une leçon de vie
L'expérience de la maladie de son mari a profondément changé le regard de Sophie Wilmès sur le travail et la réussite. « Cela m'a appris que le travail, aussi important soit-il, est finalement remplaçable. Les gens, eux, ne le sont pas », conclut-elle. Un témoignage rare et poignant qui révèle la femme derrière la figure politique, entre engagement et bouleversement personnel.
À retenir
- Sophie Wilmès a toujours rejeté la politique avant d'y entrer par hasard.
- Elle a quitté ses fonctions sans hésiter pour s'occuper de son mari malade.
- Son mari Christopher était son soutien indispensable, formant une équipe avec elle.
- Elle est désormais mère célibataire de quatre enfants, confrontée à une lourde responsabilité.
- Elle considère que le travail est remplaçable, contrairement aux êtres humains.







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