Bassirou Diomaye Faye prévient les Sénégalais de « temps difficiles » à venir
Dans une interview de plus de deux heures, le président assume ses divergences avec Ousmane Sonko et écarte un soutien à la candidature de Macky Sall à l'ONU.

CÔTE D'IVOIRE —
Les faits
- Le président Bassirou Diomaye Faye a accordé une interview de plus de deux heures le 2 mai 2026.
- Il était interrogé par trois journalistes de la RTS, Walf TV et TFM.
- Le prix du baril de pétrole, base de la croissance sénégalaise, est passé de 64,5 dollars à 119 dollars.
- Le président a émis des réserves sur la réforme du code électoral portée par le Pastef.
- Il a critiqué la « personnification » du projet politique sans citer Ousmane Sonko.
- L'État sénégalais ne soutient pas la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l'ONU.
- La Fédération sénégalaise de football est secouée par une affaire de primes liées à la CAN.
Une mise en garde économique
Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a prévenu, samedi 2 mai au soir, que des « temps difficiles » attendent le pays. Dans une interview de plus de deux heures accordée à trois journalistes de la RTS, Walf TV et TFM, il a pointé l'envolée des cours du pétrole liée à la guerre au Moyen-Orient. « Nous avions basé notre croissance sur un prix du baril fixé à 64,5 dollars. Aujourd'hui il est à 119 dollars, donc nous devons décupler les efforts pour approvisionner correctement le pays », a-t-il déclaré. Le chef de l'État a averti que si la tendance se poursuit, le Sénégal pourrait être contraint d'appliquer « la vérité des prix ». Cette annonce fait écho aux propos du Premier ministre et du ministre de l'Intérieur, qui avaient déjà évoqué des mesures d'austérité. La dette du pays, déjà lourde, et les chocs à venir imposent des efforts supplémentaires, a-t-il insisté.
Divergences assumées avec Ousmane Sonko
Interrogé sur ses relations avec le Premier ministre Ousmane Sonko, Bassirou Diomaye Faye a affirmé que la confiance demeure, tout en assumant des points de divergence. Il a notamment émis des réserves sur la réforme du code électoral, adoptée en urgence mardi à l'Assemblée nationale par des députés du Pastef. L'opposition estime que ce texte vise à sécuriser l'éligibilité d'Ousmane Sonko pour l'élection présidentielle de 2029. Sans citer directement le chef du Pastef, le président a dénoncé une « personnification » du projet politique. « Des gens ont perdu leur travail, d'autres ont perdu leurs biens pour ce projet. Cela n'a pas été fait pour les beaux yeux d'un homme, mais pour la quintessence du projet. Le Sénégal n'a pas besoin de messie, mais d'une masse critique de citoyens », a-t-il asséné. Il a ajouté avoir toujours veillé à dissocier le projet du leader qui l'a incarné à un moment donné.
Pas de soutien à Macky Sall pour l'ONU
Le président Faye a également clarifié la position de l'État sénégalais sur la candidature de l'ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général de l'ONU. Il a expliqué que le Sénégal ne soutient pas cette initiative, car il n'a été ni prévenu, ni associé à cette démarche. Cette déclaration met fin aux spéculations sur un éventuel appui officiel de Dakar à la candidature de Macky Sall.
Un exercice de transparence médiatique
L'interview, diffusée en direct sur plusieurs chaînes, a été modérée par Pape Alé Niang, directeur général de la RTS. La présence de médias privés comme Walf TV et TFM a été saluée comme un signe de pluralisme médiatique. Le président a voulu montrer une volonté de dialogue direct avec les citoyens, revenant en détail sur ses priorités et les actions engagées depuis son accession au pouvoir.
Contexte politique tendu
Cette prise de parole intervient dans un climat politique marqué par des tensions entre le président et son Premier ministre, issues du même parti Pastef. La réforme du code électoral a ravivé les débats sur l'inéligibilité d'Ousmane Sonko, tandis que l'opposition dénonce une loi « taillée sur mesure ». Par ailleurs, la Fédération sénégalaise de football est secouée par une affaire de primes liées à la Coupe d'Afrique des nations, des membres du comité exécutif se plaignant d'avoir été exclus de la liste des bénéficiaires.
Perspectives économiques incertaines
Le président a insisté sur la nécessité de décupler les efforts pour faire face à la hausse du prix du pétrole. La croissance du Sénégal, basée sur un baril à 64,5 dollars, est désormais menacée par un cours mondial qui a presque doublé. Si la tendance se maintient, le gouvernement pourrait être contraint d'augmenter les prix des carburants, une mesure impopulaire dans un contexte de cherté de la vie. Les prochains mois seront décisifs pour évaluer la capacité du pays à absorber ces chocs sans compromettre la stabilité sociale.
À retenir
- Bassirou Diomaye Faye a prévenu que le Sénégal pourrait appliquer la vérité des prix si le pétrole reste à 119 dollars.
- Le président assume des divergences avec Ousmane Sonko, notamment sur la réforme du code électoral.
- Il a critiqué la personnification du projet politique du Pastef, sans nommer Sonko.
- Le Sénégal ne soutient pas la candidature de Macky Sall à l'ONU, faute d'avoir été consulté.
- L'interview a réuni des médias publics et privés, illustrant une volonté de transparence.
- La FSF est en crise après l'exclusion de membres du comité exécutif de la liste des primes de la CAN.







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