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Lansana Kouyaté reçu par Ouattara à Abidjan pour une médiation entre la CEDEAO et l’AES

L’ancien Premier ministre guinéen, nommé négociateur en chef le 25 mars, entame une tournée au Mali, au Niger et au Burkina Faso après des consultations à Lomé, Accra et Abidjan.

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Lansana Kouyaté reçu par Ouattara à Abidjan pour une médiation entre la CEDEAO et l’AES
L’ancien Premier ministre guinéen, nommé négociateur en chef le 25 mars, entame une tournée au Mali, au Niger et au BurkCrédit · koaci

Les faits

  • Lansana Kouyaté a été reçu le 30 avril 2026 au Palais présidentiel d’Abidjan par Alassane Ouattara.
  • Kouyaté a été nommé négociateur en chef entre la CEDEAO et l’AES le 25 mars 2026.
  • L’AES regroupe le Mali, le Niger et le Burkina Faso.
  • Kouyaté a qualifié les échanges de « sincères et constructifs ».
  • Il prévoit de se rendre dans les trois pays de l’AES dans les jours à venir.
  • Le week-end dernier, des attaques du JNIM au Mali ont fait des victimes, dont le ministre de la Défense.
  • La CEDEAO a condamné les attaques et présenté ses condoléances.
  • Fidèle Sarassoro, Adama Dosso et Masséré Touré-Koné ont participé à la réunion.

Une médiation sous haute tension régionale

Lansana Kouyaté, ancien Premier ministre guinéen, a rencontré le président ivoirien Alassane Ouattara ce jeudi 30 avril 2026 au Palais présidentiel d’Abidjan. Cette audience s’inscrit dans la mission de bons offices confiée par la CEDEAO à Kouyaté, nommé le 25 mars négociateur en chef entre l’organisation ouest-africaine et l’Alliance des États du Sahel (AES). Les échanges, qui ont duré près d’une heure, ont porté sur les enjeux sécuritaires, politiques et diplomatiques qui traversent la sous-région. Kouyaté a salué des discussions « sincères et constructives », ajoutant que le président Ouattara s’interrogeait sur les raisons de la création de l’AES et du départ de ses membres de la CEDEAO. « Pourquoi tout ça alors que ce n'est pas nécessaire? Pourquoi décider de créer l’AES et de quitter la Cédéao? Et tout comme moi, on ne comprend pas », a rapporté le médiateur, citant les questions du chef de l’État ivoirien.

Une tournée annoncée dans les capitales de l’AES

Kouyaté a informé Ouattara de son intention de se rendre prochainement au Mali, au Niger et au Burkina Faso, les trois pays membres de l’AES. Cette tournée vise à poursuivre les discussions et à mieux appréhender les réalités sur le terrain, a-t-il indiqué. Avant Abidjan, le négociateur avait déjà consulté et informé les présidents du Togo et du Ghana, à Lomé et Accra. La mission de Kouyaté consiste à recueillir les avis des chefs d’État et à créer les conditions d’un dialogue constructif entre la CEDEAO et l’AES. La rencontre à Abidjan a également réuni plusieurs hauts responsables ivoiriens: Fidèle Sarassoro, ministre et directeur de cabinet du président; Adama Dosso, ministre délégué chargé de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur; et Masséré Touré-Koné, secrétaire générale de la présidence.

Les attaques du JNIM au Mali accélèrent les consultations

Les événements du week-end dernier au Mali ont donné une urgence nouvelle à la médiation. Des attaques perpétrées par le JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) ont causé des pertes humaines, dont celle du ministre malien de la Défense, tué lors des combats. « Toute faiblesse du Mali occasionne une faiblesse de l’AES et aussi de la Cédéao », s’est inquiété un responsable ouest-africain, citant les risques sécuritaires et de déplacement de population qui pourraient affecter toute la sous-région. Dimanche, la CEDEAO a publié un communiqué condamnant les attaques et présentant ses condoléances. « C’est déjà un premier pas », a confié un responsable malien, suggérant que l’organisation régionale cherche à renouer le dialogue malgré la défection des trois pays sahéliens.

Un contexte de tensions croissantes entre la CEDEAO et l’AES

La mission de Kouyaté intervient dans un climat de divergences politiques et sécuritaires accrues entre certains États membres de la CEDEAO. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso, tous dirigés par des régimes militaires issus de coups d’État, ont annoncé leur retrait de la CEDEAO en janvier 2024 et formé l’AES, une alliance de défense mutuelle. Les relations se sont tendues autour de questions de souveraineté, de lutte antiterroriste et de calendrier de retour à l’ordre constitutionnel. La CEDEAO maintient des sanctions contre ces pays, tout en cherchant à préserver l’unité régionale. Kouyaté a souligné l’importance d’une approche fondée sur l’écoute et la concertation. « Dans les jours à venir, je me rendrai dans les pays concernés pour poursuivre les discussions et mieux appréhender les réalités sur le terrain », a-t-il déclaré.

Des questions ouvertes sur l’assistance de la CEDEAO

Quelle forme d’assistance la CEDEAO peut-elle apporter au Mali et aux autres pays de l’AES? Et comment? Ces questions restent pour l’instant sans réponse claire. La médiation de Kouyaté devra explorer les modalités d’une coopération renouvelée, notamment en matière de sécurité et de gestion des déplacements de population. Lors de son entretien avec Ouattara, les deux personnalités ont insisté sur la nécessité de renforcer les passerelles de dialogue et de soutenir toutes les initiatives susceptibles de rapprocher les positions entre la CEDEAO et l’AES. La mission vise à créer les conditions d’une désescalade des tensions et d’un rapprochement durable. Les prochaines étapes de cette médiation s’annoncent déterminantes pour l’intégration ouest-africaine.

Un espoir de dialogue malgré les fractures

La nomination de Lansana Kouyaté, figure respectée de la diplomatie régionale, témoigne de la volonté de la CEDEAO de renouer le dialogue avec les pays de l’AES. Ancien Premier ministre guinéen et ancien diplomate, il dispose d’une expérience des médiations complexes. Les consultations engagées avec les chefs d’État de la région pourraient jouer un rôle clé dans la relance de la coopération. Mais les défis restent immenses: les divergences politiques, les menaces sécuritaires et la méfiance mutuelle constituent des obstacles de taille. « Peut-être la compréhension viendra lorsque je m'y rendrai », a espéré Kouyaté, laissant entrevoir une lueur d’optimisme prudent. La tournée dans les capitales de l’AES sera le véritable test de cette médiation.

À retenir

  • Lansana Kouyaté a été reçu par Alassane Ouattara le 30 avril 2026 à Abidjan pour préparer sa médiation entre la CEDEAO et l’AES.
  • Nommé le 25 mars, Kouyaté prévoit une tournée au Mali, au Niger et au Burkina Faso dans les jours à venir.
  • Les attaques du JNIM au Mali, qui ont tué le ministre de la Défense, ont renforcé l’urgence de la mission.
  • La CEDEAO a condamné les attaques, un premier geste de dialogue selon un responsable malien.
  • La médiation cherche à résoudre les tensions nées du retrait des trois pays sahéliens de la CEDEAO en 2024.
  • Les modalités d’une assistance régionale restent à définir, notamment sur les plans sécuritaire et humanitaire.
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