Société Générale Cameroun devient General Bank of Cameroon
L'État camerounais finalise le rachat de la deuxième banque du pays, marquant un tournant stratégique dans le paysage financier national.

CAMEROON —
Les faits
- Société Générale Cameroun (SGC) est officiellement devenue General Bank of Cameroon (GBC) le 12 mai 2026.
- L'État du Cameroun a acquis 58,08 % des parts de SGC détenues par le groupe français pour 129 milliards de FCFA.
- La participation totale de l'État camerounais dans la banque s'élève désormais à 83,68 %.
- Le groupe SanlamAllianz conserve les 16,32 % restants du capital.
- La transaction a été finalisée après l'avis de non-objection de la Commission bancaire de l'Afrique centrale (Cobac) fin avril 2026.
- La banque comptait 250 000 clients et affichait 138 milliards de FCFA de fonds propres nets au premier trimestre 2026.
- Le ratio de solvabilité de la banque était de 20,5 %, bien supérieur au minimum réglementaire de 11,5 %.
Un changement d'identité et d'actionnariat majeur
Le paysage bancaire camerounais a connu une transformation capitale avec le changement officiel de nom de Société Générale Cameroun (SGC), jusqu'alors deuxième banque du pays, en General Bank of Cameroon (GBC). Cette métamorphose fait suite au rachat par l'État camerounais des parts détenues par le groupe bancaire français Société Générale. L'annonce de cette nouvelle ère a été faite le 12 mai 2026 par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, lors d'une cérémonie marquant la conclusion de l'opération. Cette étape cruciale découle de la convention de cession signée le 15 juillet 2025 à Douala entre le ministre camerounais des Finances et François Bloch, directeur général Afrique du groupe Société Générale. L'État du Cameroun a ainsi acquis 58,08 % des parts du groupe français pour un montant estimé à 129 milliards de FCFA, soit environ 230,5 millions de dollars, toutes taxes comprises. Avec cette acquisition, la participation de l'État camerounais dans l'établissement passe de 25,60 % à un total de 83,68 % du capital. Le groupe SanlamAllianz maintient sa participation minoritaire de 16,32 %. Ce changement d'actionnariat majoritaire, effectif après l'approbation réglementaire de la Cobac fin avril 2026, place la GBC parmi les banques à majorité étatique au Cameroun.
Les motivations derrière la reprise par l'État
Pour Yaoundé, cette acquisition s'inscrit dans une stratégie de stabilisation et de sécurisation du système bancaire national. Le gouvernement justifie cette démarche par la nécessité d'assurer une transition sécurisée, conforme aux exigences réglementaires, et de garantir la sécurité des dépôts ainsi que la continuité des services bancaires pour les 250 000 clients de la banque. L'opération intervient dans un contexte plus large de repositionnement des groupes bancaires européens en Afrique, marqué par des cessions d'actifs. L'objectif pour le Cameroun est double: renforcer le contrôle national sur des institutions financières jugées stratégiques et préserver la stabilité du système bancaire dans un environnement économique régional sous pression. Le ministre des Finances a souligné l'engagement du gouvernement envers le renforcement de la résilience du secteur financier, l'amélioration du climat des affaires et le développement d'un système bancaire moderne, compétitif et inclusif.
Garantir la continuité pour les clients et les opérations
Les autorités ont mis un point d'honneur à rassurer les clients sur la stabilité des opérations. Gilbert Didier Edoa, Secrétaire Général du ministère des Finances, a été catégorique: « Pour les clients, rien, absolument rien ne change. » Toutes les dispositions seraient prises pour que le fonctionnement de la banque reste identique, avec une transition gérée et maîtrisée par les deux parties, y compris pour les aspects informatiques. Le ministre Motaze a confirmé l'ouverture d'une période transitoire dédiée à la gestion des aspects techniques liés aux plateformes informatiques et à l'accompagnement des équipes. La banque, fondée en 1963, hérite d'une nouvelle gouvernance tout en devant maintenir la confiance de ses clients et la performance financière. La banque présente des indicateurs financiers solides, dépassant les normes réglementaires. Au premier trimestre 2026, elle affichait 138 milliards de FCFA de fonds propres nets, un ratio de couverture des risques de 20,5 % (contre un minimum réglementaire de 11,5 %) et un niveau de liquidité de 211 % (contre un minimum de 100 %).
Une transition vers un futur actionnariat
Bien que l'État camerounais soit désormais l'actionnaire ultra-majoritaire de la GBC, plusieurs sources du secteur bancaire évoquent déjà la possibilité d'une future cession à un opérateur privé. Le communiqué ministériel du 15 juillet 2025 laissait déjà entrevoir une transition destinée à encadrer le retrait du groupe Société Générale, plutôt qu'un choix durable de renforcement de la présence publique. Le ministre des Finances avait explicitement mentionné, « à terme », l'ouverture du capital à d'autres partenaires stratégiques nationaux et internationaux. Cette perspective suggère qu'une nouvelle évolution de l'actionnariat de la banque se profile après cette phase de reprise par l'État. Pour l'heure, les autorités restent prudentes quant à un éventuel calendrier de privatisation ou d'ouverture du capital. La GBC devra naviguer cette phase de transition sensible en préservant la confiance des clients, en maintenant ses performances financières et en redéfinissant son positionnement dans un secteur bancaire camerounais de plus en plus concurrentiel.
À retenir
- L'État camerounais a finalisé le rachat de la majorité des parts de Société Générale Cameroun, marquant un changement d'actionnariat majeur.
- La banque, désormais nommée General Bank of Cameroon (GBC), reste sous contrôle étatique avec une participation de 83,68 %.
- L'opération vise à stabiliser et sécuriser le système bancaire national et à garantir la continuité des services pour les clients.
- La GBC conserve des indicateurs financiers solides, dépassant les normes réglementaires de la Cemac.
- La reprise par l'État est présentée comme une transition, ouvrant la voie à une future cession à des partenaires privés.







Alexx Ekubo, icône de Nollywood, s'éteint à 40 ans après une bataille contre le cancer

Cavayé Yéguié Djibril, ancien président de l'Assemblée nationale, est décédé
