Société Générale Cameroun passe sous contrôle étatique à 83,68 %
L'État camerounais rachète 58,08 % du capital pour 129 milliards de FCFA, tandis que la maison mère affiche des résultats records.

CAMEROON —
Les faits
- Depuis début avril 2026, l'État camerounais détient 83,68 % du capital de Société Générale Cameroun.
- Le rachat de 58,08 % des parts détenues par la maison mère s'élève à 129 milliards de FCFA (230,5 millions USD).
- L'opération est financée par un prêt contracté auprès de BGFIBank.
- Au niveau mondial, Société Générale a enregistré un résultat net en hausse de 5,5 % au premier trimestre 2026.
- La rentabilité (ROTE) du groupe atteint 11 %, dépassant l'objectif de 10 %.
- Société Générale est le 7e groupe bancaire européen selon S&P Global.
- La filiale camerounaise perd du terrain face à des concurrents régionaux comme Coris Bank International et Commercial Bank of Cameroon.
Un retrait progressif de la filiale camerounaise
L'État camerounais a officialisé, début avril 2026, la prise de contrôle de Société Générale Cameroun. Il détient désormais 83,68 % du capital, après avoir acquis les 58,08 % que la maison mère détenait encore. L'opération, d'un montant de 129 milliards de FCFA (environ 230,5 millions USD) toutes taxes comprises, marque un tournant dans la présence de la banque française en Afrique centrale. Le financement de cette acquisition repose sur un prêt accordé par BGFIBank, une banque régionale. Le nom d'Henri-Claude Oyima, figure clé de BGFIBank, est cité dans les documents officiels. La Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS) et d'autres institutions camerounaises sont également impliquées dans la restructuration du capital.
Des résultats mondiaux contrastés avec le déclin africain
Au siège parisien de La Défense, le directeur général Slawomir Krupa s'est félicité des performances du groupe au premier trimestre 2026. Le résultat net part du groupe a progressé de 5,5 %, tandis que la rentabilité (ROTE) a atteint 11 %, au-dessus de l'objectif de 10 %. Société Générale se classe au 7e rang des groupes bancaires européens selon S&P Global. Pourtant, ses filiales africaines perdent du terrain. Au Cameroun, la banque est distancée par des acteurs régionaux comme Coris Bank International et Commercial Bank of Cameroon. Ce désengagement s'inscrit dans une tendance plus large de retrait des banques européennes du continent africain.
Les acteurs clés de la reprise
Plusieurs personnalités et institutions ont joué un rôle central dans cette transaction. Le ministre camerounais des Finances, Louis-Paul Motaze, a supervisé l'opération. Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence, a également été impliqué dans les négociations. Du côté bancaire, Henri-Claude Oyima, président de BGFIBank, a fourni le financement nécessaire. La Commission bancaire de l'Afrique centrale (COBAC) a validé l'opération, tandis que le Fonds monétaire international (FMI) suit de près l'évolution du secteur bancaire camerounais. La CNPS, en tant qu'actionnaire de référence, participe à la nouvelle gouvernance.
Un montage financier de 129 milliards de FCFA
Le prix d'acquisition de 129 milliards de FCFA (230,5 millions USD) inclut l'ensemble des taxes. Ce montant correspond à la valeur des 58,08 % du capital cédés par Société Générale SA. Le financement par BGFIBank permet à l'État camerounais de ne pas mobiliser immédiatement ses réserves de change. Les modalités de remboursement du prêt n'ont pas été divulguées, mais des sources officielles indiquent que la banque régionale bénéficie de garanties souveraines. L'opération valorise l'ensemble de Société Générale Cameroun à environ 155 milliards de FCFA (276 millions USD).
Un contexte de concurrence régionale accrue
Société Générale Cameroun, autrefois leader sur le marché, voit sa part de marché grignotée par des banques panafricaines comme Coris Bank International et des établissements locaux comme Commercial Bank of Cameroon. Ces concurrents proposent des produits adaptés aux PME et une digitalisation plus poussée. La banque française souffre également d'une image de lenteur administrative et de coûts élevés. Le désengagement de la maison mère, qui conserve une participation résiduelle de 16,32 %, confirme la priorité donnée aux marchés européens et américains.
Quelles perspectives pour la banque nationalisée?
Avec 83,68 % du capital, l'État camerounais devient l'actionnaire quasi unique. Il devra désormais recapitaliser la banque pour soutenir son développement et répondre aux exigences réglementaires de la COBAC. Des rumeurs de fusion avec d'autres banques publiques circulent dans les milieux financiers de Yaoundé. La question de la gouvernance reste ouverte: le ministère des Finances devra nommer un nouveau conseil d'administration et un directeur général. Les observateurs s'interrogent sur la capacité de l'État à gérer efficacement une banque commerciale, alors que le secteur privé camerounais réclame plus de crédits. L'opération pourrait servir de modèle à d'autres nationalisations dans la région.
Un signal pour les investisseurs internationaux
Cette nationalisation intervient dans un climat d'incertitude pour les banques étrangères en Afrique. Société Générale, BNP Paribas et d'autres groupes européens réduisent leur exposition au continent, jugée trop risquée et peu rentable. Le Cameroun, lui, affirme sa souveraineté financière. Mais le pari est risqué: l'État devra prouver qu'il peut gérer une banque sans ingérence politique. Si la CNPS et BGFIBank apportent une caution technique, la tentation de financer le déficit public par des prêts bancaires est réelle. Les prochains mois montreront si cette reprise est un succès ou un fardeau.
À retenir
- L'État camerounais détient désormais 83,68 % de Société Générale Cameroun après un rachat de 129 milliards de FCFA.
- Le financement est assuré par BGFIBank, impliquant Henri-Claude Oyima et la CNPS.
- Société Générale affiche des résultats mondiaux records (ROTE à 11 %) mais se retire d'Afrique.
- La filiale camerounaise perd des parts de marché face à Coris Bank et Commercial Bank of Cameroon.
- La COBAC et le FMI surveillent l'opération, qui pourrait inspirer d'autres nationalisations bancaires en Afrique centrale.
- La gouvernance future de la banque et son indépendance vis-à-vis du politique restent des questions ouvertes.



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