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Le marché noir des devises en Algérie au point mort : l'euro stable à 280 DZD, le dollar à 238,5

Entre l'effet week-end et un équilibre offre-demande inédit, les cours n'ont pas bougé ce vendredi 24 avril, tandis que les tensions sous-jacentes restent vives.

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Le marché noir des devises en Algérie au point mort : l'euro stable à 280 DZD, le dollar à 238,5
Entre l'effet week-end et un équilibre offre-demande inédit, les cours n'ont pas bougé ce vendredi 24 avril, tandis que Crédit · Maghreb Émergent

Les faits

  • Le 24 avril 2026, l'euro s'échangeait entre 27 950 et 28 000 DZD pour 100 euros à la vente sur le marché noir.
  • Le dollar a terminé le mois d'avril à 238,5 DZD au Square Port-Saïd d'Alger, après avoir atteint 240 DZD le 21 avril.
  • Sur le marché officiel, l'euro cotait 154,76 DZD et le dollar 132,54 DZD le 30 avril.
  • Les autorités algériennes ont renforcé la lutte contre le blanchiment d'argent, bannissant les espèces dans l'immobilier et durcissant les importations de véhicules.
  • La première vague de pèlerins pour le Hadj 2026 a quitté Alger mercredi, augmentant la demande de devises.
  • Les vacances d'été et les départs d'étudiants à l'étranger devraient accentuer la pression sur le marché noir.
  • Un économiste consulté par la rédaction attribue la stabilité actuelle à un équilibre temporaire entre offre et demande.

Un vendredi sans mouvement sur le marché parallèle

Le marché noir des devises en Algérie n'a enregistré aucune variation ce vendredi 24 avril 2026. L'euro s'échangeait entre 27 950 et 28 000 dinars algériens pour 100 euros à la vente, tandis que le cours moyen à l'achat s'établissait à 27 700 dinars. Ces niveaux sont strictement identiques à ceux de la veille. Cette stabilité s'explique d'abord par l'effet week-end. Le vendredi, premier jour du week-end en Algérie, l'activité des cambistes ralentit fortement. La majorité d'entre eux choisit de ne pas travailler, et les quelques opérateurs encore actifs se contentent de reproduire la cotation de jeudi, sans prendre de risque. Ce phénomène, bien connu des habitués, se répète chaque semaine avec une grande régularité. Il est extrêmement rare que le cours de l'euro évolue un vendredi.

Un équilibre offre-demande fragile

Au-delà de l'effet calendaire, le marché noir connaît depuis plusieurs jours un équilibre entre l'offre et la demande en euros. Les vendeurs et les acheteurs se compensent mutuellement, sans qu'aucune pression ne s'exerce dans un sens ou dans l'autre. Quand l'offre dépasse la demande, le cours baisse; quand la demande est supérieure, le cours monte. Aujourd'hui, aucun de ces scénarios ne se produit. Le marché reste figé sur les mêmes niveaux depuis plusieurs séances consécutives. Cet équilibre reste toutefois fragile. Tout choc extérieur – une décision de politique monétaire, une variation brutale du prix du pétrole ou une tension géopolitique – peut le rompre rapidement.

Le mois d'avril se termine sous le seuil des 280 dinars

L'euro a terminé le mois d'avril sous la barre des 280 dinars sur le marché noir. Jeudi 30 avril, il s'échangeait à 279,5 dinars au Square Port-Saïd d'Alger, soit le même niveau que le 21 avril. Après avoir franchi les 280 dinars le 19 avril (280,5), la monnaie unique a reculé pour finir sous ce seuil. Le dollar a suivi une trajectoire similaire. Après avoir atteint 240 dinars le 21 avril, il a perdu des points pour terminer à 238,5 dinars jeudi 30 avril, incapable de poursuivre sa hausse. Sur le marché officiel, l'euro cotait 154,76 dinars jeudi, contre 155,3 dinars le lundi 27 avril. Le dollar s'établissait à 132,54 dinars en fin de mois.

Des mesures gouvernementales qui assèchent l'offre

Le déséquilibre entre l'offre et la demande sur le marché noir s'inscrit dans un contexte marqué par des mesures drastiques des autorités algériennes contre le blanchiment d'argent et le transfert illégal de devises. Parmi elles, le bannissement des espèces dans les transactions immobilières et le durcissement des conditions d'importation et de vente des voitures importées, avec l'interdiction des concessionnaires informels. Le recyclage de l'argent issu du trafic de devises devient de plus en plus difficile en Algérie. Ces mesures réduisent l'offre de devises sur le marché parallèle, alors que la demande, elle, reste soutenue. Un économiste interrogé par la rédaction souligne que tous les ingrédients sont réunis pour une nouvelle flambée des cours: l'approche des vacances d'été, le départ des pèlerins pour le Hadj 2026 – dont la première vague a quitté mercredi l'aéroport d'Alger –, les préparatifs des familles dont les enfants s'apprêtent à étudier à l'étranger, et les importations de véhicules par les particuliers.

Des tensions sous-jacentes prêtes à resurgir

Malgré la stabilité apparente, les fondamentaux du marché noir restent tendus. La demande de devises devrait s'accentuer dans les semaines à venir, portée par les facteurs saisonniers. L'offre, elle, demeure contrainte par les mesures de contrôle. L'équilibre actuel pourrait donc n'être que temporaire. Les cambistes n'anticipent pas de mouvement brusque à court terme, mais la situation peut basculer rapidement. La semaine prochaine dira si cette stabilité se confirme ou si le marché noir reprend sa volatilité habituelle. En attendant, le marché officiel continue d'afficher des cours très inférieurs – 154,76 dinars pour l'euro –, creusant l'écart avec le parallèle.

À retenir

  • Le 24 avril 2026, l'euro est resté stable sur le marché noir, entre 27 950 et 28 000 DZD pour 100 euros, en raison de l'effet week-end et d'un équilibre offre-demande.
  • Le dollar a terminé avril à 238,5 DZD, après un pic à 240 DZD le 21 avril, tandis que l'euro officiel cotait 154,76 DZD.
  • Les mesures antimoney laundering des autorités – interdiction des espèces dans l'immobilier, durcissement des importations de véhicules – réduisent l'offre de devises sur le marché parallèle.
  • La demande de devises reste forte, portée par le Hadj, les vacances d'été, les études à l'étranger et les importations de véhicules.
  • L'équilibre actuel est fragile: tout choc extérieur (pétrole, politique monétaire, géopolitique) peut provoquer une nouvelle flambée des cours.
  • L'écart entre le marché officiel et le marché noir reste important, avec un euro officiel à 154,76 DZD contre 279,5 DZD au Square Port-Saïd.
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