125 000 euros de statuettes de Napoléon : Robert Bourgi accuse Dominique de Villepin
L’avocat proche de Nicolas Sarkozy affirme que l’ancien Premier ministre a reçu deux bustes payés par Blaise Compaoré et un industriel italien, ce que Villepin conteste.
ALGERIA —
Les faits
- Robert Bourgi affirme avoir offert deux statuettes de Napoléon à Dominique de Villepin pour 125 000 euros.
- Un buste de Bonaparte signé Charles-Louis Corbet a été payé 75 000 euros par Blaise Compaoré, alors président du Burkina Faso.
- Une seconde statuette représentant Napoléon à Sainte-Hélène a été acquise pour 50 000 euros par l’industriel italien Gian Angelo Perrucci.
- Dominique de Villepin assure ignorer la provenance et le prix des cadeaux, qu’il dit avoir reçus de Robert Bourgi pour son anniversaire.
- Robert Bourgi déclare vouloir « empêcher [Villepin] d’aller à l’Élysée » en raison de propos tenus lors de l’incarcération de Nicolas Sarkozy.
- L’affaire rappelle celle des costumes de François Fillon en 2017, pour laquelle Robert Bourgi avait offert 13 000 euros de vêtements.
- L’émission « Complément d’enquête » diffusée ce jeudi 30 avril 2026 sur France 2 révèle ces informations.
Deux statuettes de Napoléon offertes via Robert Bourgi
L’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, candidat déclaré à la présidentielle de 2027, est au cœur d’une nouvelle polémique révélée par l’émission « Complément d’enquête » diffusée ce jeudi 30 avril 2026 sur France 2. Selon l’avocat Robert Bourgi, figure des réseaux de la Françafrique, Villepin aurait reçu deux statuettes de Napoléon d’une valeur totale de 125 000 euros lorsqu’il était ministre des Affaires étrangères. La première, un buste de Bonaparte signé Charles-Louis Corbet, aurait été payée 75 000 euros par Blaise Compaoré, alors président du Burkina Faso. La seconde, représentant l’empereur à Sainte-Hélène, aurait été acquise pour 50 000 euros par l’industriel italien Gian Angelo Perrucci. Robert Bourgi affirme avoir personnellement organisé ces cadeaux, allant jusqu’à suggérer à Blaise Compaoré de faire un geste envers le ministre français.
Villepin conteste la provenance et le montant
Interrogé dans l’émission, Dominique de Villepin confirme avoir reçu les statuettes, mais assure qu’elles lui ont été offertes par Robert Bourgi pour son anniversaire, sans qu’il en connaisse le prix ni l’origine. « À aucun moment, il ne m’a été offert par le président du Burkina Faso », insiste-t-il, affirmant que c’est Bourgi qui a réglé les factures. Concernant le buste à 75 000 euros, Villepin déclare: « Je suis surpris qu’elle puisse être facturée à un montant comme ça. » Il estime la valeur de la seconde statuette à « autour de 10 000 euros », bien en deçà des 50 000 euros avancés par Bourgi. L’ancien Premier ministre affirme ne pas reconnaître Gian Angelo Perrucci sur la photo présentée par le journaliste.
Les preuves matérielles: factures et témoignages
Robert Bourgi a produit deux factures censées prouver les achats. Celle du buste de Bonaparte, réglée par « Monsieur le président de la République du Burkina Faso », s’élève à 75 000 euros. La seconde, pour la statuette de Napoléon à Sainte-Hélène, est de 50 000 euros, acquittée par Gian Angelo Perrucci. Contacté par France 2, Gian Angelo Perrucci confirme avoir offert la statuette à Dominique de Villepin, qu’il dit avoir rencontré par deux fois. Il précise que Villepin était « très content » du cadeau. La galerie de Souzy, où les œuvres ont été achetées, atteste de l’authenticité des factures et du paiement par les deux hommes, au prix du marché de l’époque. Des photos du bureau de Villepin au Quai d’Orsay montrent le buste de Bonaparte dès le printemps 2002.
Un contexte politique tendu: la rivalité Sarkozy-Villepin
L’entourage de Dominique de Villepin dénonce une manœuvre politique orchestrée par les partisans de Nicolas Sarkozy, rival historique de l’ancien Premier ministre. « Personne n’est dupe des manœuvres d’un clan au bord de l’effondrement judiciaire et politique », a déclaré une source proche de Villepin, en référence au procès en appel sur le financement libyen de la campagne présidentielle de Sarkozy en 2007. Robert Bourgi, avocat et fidèle de Nicolas Sarkozy depuis vingt ans, nie toute intervention de l’ancien président. Il affirme agir seul, motivé par des propos de Villepin lors de l’incarcération de Sarkozy l’an dernier: « Quand il a dit que Nicolas Sarkozy était un justiciable comme un autre, je ne l’ai pas apprécié. » Il conclut: « Je ferai tout pour l’empêcher d’aller à l’Élysée. »
L’ombre de l’affaire Fillon et des valises de billets
Robert Bourgi n’en est pas à son premier coup d’éclat. En 2017, il avait offert pour 13 000 euros de costumes à François Fillon, contribuant à faire échouer sa campagne présidentielle. Cette affaire avait été classée sans suite. Bourgi est également connu pour avoir affirmé en 2011 avoir apporté des valises de billets en provenance de pays africains à Jacques Chirac et Dominique de Villepin entre 1997 et 2005. Une enquête avait été ouverte puis classée sans suite en novembre 2011. Dominique de Villepin qualifie ce récit de « parfaitement farfelu » et décrit Bourgi comme un « merveilleux conteur ». Il se dit prêt à rendre les statuettes, ajoutant: « Je vous les donne, vous en ferez ce que vous voudrez. »
Les questions juridiques et éthiques en suspens
À l’époque des faits, accepter ces cadeaux n’était pas illégal, mais leur montant – 75 000 euros et 50 000 euros – interroge sur d’éventuelles contreparties. Robert Bourgi suggère que Gian Angelo Perrucci espérait obtenir la Légion d’honneur en échange de ses services, ce qu’il n’a jamais reçue. « Il a beaucoup aidé les compagnies françaises en Afrique à obtenir des puits de pétrole, des concessions », explique Bourgi. Dominique de Villepin maintient n’avoir « à aucun moment été sensible » à ces cadeaux et affirme ne pas se souvenir de l’industriel italien. La direction de la galerie de Souzy garantit l’authenticité des factures, mais Villepin conteste que la facture de 75 000 euros corresponde au buste de Napoléon. L’affaire pourrait relancer les débats sur les pratiques de la Françafrique et l’influence des réseaux politiques dans les anciennes colonies.
Une affaire qui fragilise les ambitions présidentielles de Villepin
Alors que Dominique de Villepin affiche clairement ses ambitions pour 2027, cette révélation tombe au pire moment. L’ancien Premier ministre, qui se présente comme un homme intègre, doit désormais répondre de cadeaux somptueux offerts par des figures controversées. Robert Bourgi, de son côté, assume vouloir faire barrage à son élection. L’affaire rappelle que les scandales politico-financiers français ont souvent pour épicentre les réseaux africains et les rivalités personnelles. Villepin tente de minimiser l’impact, mais les preuves matérielles et les témoignages concordants pourraient peser lourd dans l’opinion. Reste à savoir si cette polémique suffira à entraver sa marche vers l’Élysée.
À retenir
- Robert Bourgi affirme que Dominique de Villepin a reçu pour 125 000 euros de statuettes de Napoléon, payées par Blaise Compaoré et Gian Angelo Perrucci.
- Villepin conteste la provenance et le montant, affirmant que les cadeaux venaient de Bourgi et qu’il ignorait leur valeur.
- Des factures et des photos attestent de la présence du buste de Bonaparte dans le bureau de Villepin dès 2002.
- Bourgi, proche de Nicolas Sarkozy, dit vouloir empêcher Villepin d’accéder à l’Élysée en raison de propos tenus lors de l’incarcération de Sarkozy.
- L’affaire s’inscrit dans un contexte de rivalité politique entre Sarkozy et Villepin, et rappelle le scandale des costumes de Fillon en 2017.
- Les questions sur d’éventuelles contreparties restent ouvertes, même si les faits étaient légaux à l’époque.



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