Logement social: 109 millions d'euros en suspens pour les Outre-mer
Un député dénonce une "soustraktion" de fonds destinés à la construction de logements sociaux dans les territoires ultramarins, tandis que la ministre évoque des "mesures de gestion prudentielle".
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ALGERIA —
Les faits
- 109 millions d'euros de crédits pour les logements sociaux sont concernés.
- Olivier Serva, député guadeloupéen, a posé la question à l'Assemblée nationale.
- Ces fonds correspondent à l'équivalent de 5 000 logements sociaux non construits.
- 104 000 ménages attendent un logement social dans les Outre-mer.
- La ministre Naïma Moutchou évoque une baisse de 11% des autorisations d'engagement.
- Elle mentionne une hausse de 11,9% des crédits de paiement.
- Une première enveloppe de 83,5 millions d'euros (AE) a été répartie pour les DROM.
Un député dénonce une "soustraktion" de fonds
Lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le député guadeloupéen Olivier Serva a vivement interpellé la ministre des Outre-mer concernant une somme de 109 millions d'euros destinée à la construction de logements sociaux. L'élu a qualifié cette situation de "soustraits aux Outre-mer", soulignant l'impact direct sur la capacité à répondre à la demande croissante dans ces territoires. Olivier Serva, membre du groupe Liot, a posé plusieurs questions relatives à la réduction des budgets alloués aux logements sociaux dans les départements et régions d'outre-mer (DROM). Il a mis en lumière le fait que cette somme représente l'équivalent de 5 000 logements sociaux qui ne verront pas le jour, alors que 104 000 ménages ultramarins sont en attente d'une solution de logement. Le député a cité l'exemple de la Guadeloupe, où les crédits dédiés ont été réduits de 40%, passant de 25 à 15 millions d'euros entre 2025 et 2026. Il a contrasté cette situation avec l'annonce par le Premier ministre de 500 millions d'euros supplémentaires pour l'Hexagone, dénonçant une politique à deux vitesses qui "asphyxie le financement du parc social et de la rénovation de l'habitat sur nos territoires".
La réponse de la ministre et les "mesures de gestion prudentielle"
Face à ces accusations, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a reconnu une baisse de 11% des autorisations d'engagement (AE) dans le cadre de la loi de finances pour 2026. Cependant, elle a précisé qu'il y avait, en parallèle, une hausse de 11,9% des crédits de paiement (CP), indiquant ainsi une disponibilité accrue de fonds pour régler les dépenses déjà engagées. La ministre a expliqué que ces crédits font l'objet de "mesures de gestion prudentielle", une pratique consistant à mettre une partie des fonds en réserve pour faire face à d'éventuelles dépenses imprévues ou pour ajuster le budget en cours d'année. Elle a assuré que, comme chaque année, une première vague de crédits, représentant plus de la moitié des montants inscrits, a été notifiée aux préfets avec pour instruction de les consommer rapidement. Pour les DROM, cette première enveloppe s'élève à 83,5 millions d'euros en AE et 117 millions d'euros en CP. Sa répartition s'est basée sur deux critères principaux: la pression exercée par la demande de logements sociaux et la démographie des territoires. La ministre n'a toutefois pas fourni de date précise pour le déblocage des 109 millions d'euros contestés.
Des blocages administratifs à lever
Naïma Moutchou a préféré mettre l'accent sur le travail des services de l'État visant à "lever un certain nombre de blocages" qui entravent ou retardent la construction de logements. Elle a illustré ses propos par l'exemple de la Guadeloupe, où 90 millions d'euros ont déjà été engagés pour des opérations financées. La ministre a également souligné l'importance de ces territoires, souvent perçus comme lointains depuis l'Hexagone, où le manque de travail, la difficulté à se loger et le coût de la vie plus élevé constituent des défis quotidiens. Elle a rappelé la mission du gouvernement de veiller à l'équilibre et de donner aux communautés locales les moyens de leur autonomie. Malgré les assurances de la ministre, la question du déblocage des 109 millions d'euros reste en suspens, alimentant les craintes d'un "décrochage social" pour les territoires d'Outre-mer si des moyens concrets ne sont pas alloués pour soutenir leurs missions essentielles.
Le contexte d'une demande de logement criante
La situation met en lumière la tension persistante sur le marché du logement dans les territoires ultramarins. Avec 104 000 ménages en attente, la construction de nouveaux logements sociaux est une priorité absolue pour répondre à une crise du logement qui s'aggrave. La réduction des budgets, même justifiée par des "mesures de gestion prudentielle", intervient dans un contexte où l'accès à la propriété et à la location est déjà particulièrement difficile pour une grande partie de la population. Les élus locaux expriment régulièrement leur préoccupation face à l'insuffisance des moyens alloués par l'État. La ministre a rappelé que les autorisations d'engagement (AE) représentent la limite supérieure des dépenses futures, engagées dès la signature d'un acte juridique. Les crédits de paiement (CP), quant à eux, correspondent aux fonds disponibles pour régler les dépenses déjà engagées. Cette distinction est cruciale pour comprendre les mécanismes budgétaires en jeu.
Vers une clarification des fonds promis?
La question soulevée par Olivier Serva met en exergue un manque de transparence sur le sort de ces 109 millions d'euros. L'élu souhaite savoir précisément pourquoi ces fonds sont retenus et sous quelles modalités ils seront débloqués. La ministre a esquissé une réponse en parlant de "gestion prudentielle" et de "mise en réserve", mais sans apporter de calendrier précis. Cette absence de visibilité alimente les inquiétudes quant à la concrétisation des engagements pris en faveur du logement social outre-mer. L'espoir réside désormais dans la capacité du ministère à clarifier rapidement la situation et à rassurer les élus et les populations sur les moyens qui seront effectivement mis à disposition pour soutenir la construction de logements et pallier la crise qui frappe ces territoires.
À retenir
- 109 millions d'euros destinés à la construction de logements sociaux dans les Outre-mer sont au centre d'une polémique.
- Le député Olivier Serva dénonce une "soustraktion" de ces fonds, estimant qu'ils correspondent à 5 000 logements non construits.
- La ministre Naïma Moutchou évoque des "mesures de gestion prudentielle" et une baisse des autorisations d'engagement, mais une hausse des crédits de paiement.
- 104 000 ménages attendent un logement social dans les territoires ultramarins.
- La Guadeloupe voit ses crédits passer de 25 à 15 millions d'euros entre 2025 et 2026.
- Aucune date précise n'a été avancée pour le déblocage des fonds contestés.

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