AVC : les signes avant-coureurs qui peuvent sauver des vies
Des épisodes transitoires, souvent ignorés faute de douleur, précèdent parfois l'accident vasculaire cérébral et offrent une fenêtre de prévention cruciale.

FRANCE —
Les faits
- Les accidents ischémiques transitoires (AIT) sont des signaux d'alerte pouvant survenir plusieurs jours ou semaines avant un AVC.
- Les symptômes d'un AIT sont identiques à ceux d'un AVC mais disparaissent spontanément en quelques minutes.
- Le Pr Charlotte Cordonnier, neurologue, souligne que l'absence de douleur conduit à sous-estimer ces épisodes.
- Un AIT se manifeste par une lourdeur soudaine d'un bras ou d'une jambe, des difficultés d'élocution ou une perte de vision d'un œil.
- En mars dernier, le rugbyman fidjien Tui Kamikamica a été victime d'un AVC, révélant un foramen ovale (trou dans le cœur).
- Kamikamica a subi une double opération cardiaque et cérébrale pour corriger la malformation et retirer un caillot.
- Le joueur du Melbourne Storm vise un retour pour la Coupe du monde 2027 avec les Fidji.
Des signaux d'alerte souvent ignorés
Un accident vasculaire cérébral n'est pas toujours soudain. Dans certains cas, le corps envoie des avertissements sous forme d'accidents ischémiques transitoires (AIT), de véritables mini-AVC dont les symptômes disparaissent en quelques minutes. Le Pr Charlotte Cordonnier, neurologue, explique à Doctissimo que ces épisodes peuvent survenir plusieurs jours ou semaines avant un AVC plus grave. Le piège réside dans leur caractère transitoire et indolore. « Comme il n'y a pas de douleur, les gens ne réagissent pas. Comme ça ne dure que quelques minutes, ils se disent: ce n'est rien, j'en parlerai plus tard », regrette la spécialiste. Pourtant, ces signes annoncent parfois un AVC irréversible.
Les mêmes symptômes que l'AVC, mais temporaires
Les manifestations d'un AIT sont identiques à celles d'un AVC classique, à une différence essentielle: elles disparaissent spontanément. Le Pr Cordonnier les décrit: « Brutalement, un bras lourd, une jambe lourde, une difficulté pour parler, brutalement, la perte de vue d'un œil. » L'absence de douleur et le retour rapide à la normale conduisent à ignorer ces épisodes. Pourtant, ils représentent une opportunité rare d'agir avant qu'il ne soit trop tard. La reconnaissance de ces signes peut permettre une prise en charge préventive.
Le cas du rugbyman Tui Kamikamica
En mars dernier, le joueur fidjien de Melbourne Storm, Tui Kamikamica, a été victime d'un AVC soudain. « Je me suis réveillé vers 3 h 30 du matin pour me rendre aux toilettes; mon bras droit était totalement inerte et j'éprouvais des difficultés à m'exprimer. J'ai immédiatement compris qu'il s'agissait d'une urgence médicale », a-t-il raconté dans un entretien relayé par des médias australiens. Son épouse, Asi, a alerté les secours, permettant un transfert rapide vers un centre hospitalier. Kamikamica a subi une double opération: une intervention cardiaque pour corriger un foramen ovale (un trou dans le cœur présent chez un individu sur quatre) et une opération cérébrale pour retirer un caillot sanguin.
Une malformation cardiaque à l'origine du caillot
Le diagnostic a révélé que le foramen ovale exposait Kamikamica à des risques accrus d'AVC récurrents. « Si je n'avais pas subi l'opération cardiaque, je pouvais avoir un autre AVC dans un avenir proche, donc c'est assez effrayant », a-t-il confié. Le caillot sanguin, formé à cause de cette malformation, avait migré vers le cerveau. L'opération a permis d'éviter une issue bien plus dramatique. Le joueur, aujourd'hui en convalescence, se fixe un objectif clair: retrouver les terrains.
Un retour ambitieux pour la Coupe du monde 2027
Dès son réveil, Kamikamica a demandé au médecin s'il pourrait rejouer. « Le chirurgien m'a dit: 'Ne t'inquiète pas, tu joueras à nouveau', et c'est tout ce que j'avais besoin de savoir », a-t-il raconté. Son objectif est de représenter les Fidji à la prochaine Coupe du monde de rugby en 2027. « Mon objectif à la fin de l'année est de représenter mon pays, les Fidji, à la Coupe du monde », a-t-il déclaré, tout en assurant qu'il ne prendra aucun risque: « Je n'ai pas besoin de me précipiter. »
La prévention, une fenêtre d'opportunité
Les AIT constituent une chance d'agir avant qu'un AVC ne survienne. Le Pr Cordonnier insiste sur la nécessité de partager ces épisodes avec un médecin. « Ces épisodes, appelés accidents ischémiques transitoires (AIT), sont en réalité de véritables signaux d'alerte », rappelle-t-elle. La reconnaissance des symptômes – lourdeur d'un membre, troubles de la parole, perte de vision – et une réaction rapide peuvent faire la différence. L'histoire de Kamikamica illustre l'importance de ne pas ignorer ces signes, même s'ils disparaissent.
À retenir
- Les AIT sont des signaux d'alerte précoces d'un AVC, avec des symptômes identiques mais temporaires.
- L'absence de douleur conduit souvent à sous-estimer ces épisodes, pourtant cruciaux.
- La reconnaissance rapide des symptômes (lourdeur, troubles de la parole, perte de vision) peut permettre une prévention efficace.
- Le cas de Tui Kamikamica montre qu'une malformation cardiaque (foramen ovale) peut être à l'origine d'un AVC.
- Une double opération cardiaque et cérébrale a sauvé le rugbyman, qui vise un retour en compétition pour la Coupe du monde 2027.
- La prévention repose sur la vigilance face aux signes transitoires et une consultation médicale immédiate.




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