Première européenne au CHU de Grenoble : 224 bâtonnets radioactifs implantés dans une tumeur du pancréas
Une équipe franco-canadienne a testé une radiothérapie interne ciblée sur un patient inopérable, ouvrant une piste prometteuse contre un cancer en forte progression.

FRANCE —
Les faits
- 224 bâtonnets en titane recouverts de radium 224 ont été implantés dans la tumeur pancréatique d’un patient au CHU Grenoble Alpes le 22 avril.
- Le traitement, baptisé Alpha DaRT, délivre une dose élevée sur un rayon de 2 mm pour détruire la tumeur de l’intérieur.
- L’essai ACAPELLA doit inclure 40 patients français atteints d’un adénocarcinome pancréatique localement avancé et inopérable.
- Une étude canadienne menée entre 2023 et 2024 sur 32 patients a montré un profil de tolérance rassurant, avec seulement deux effets graves résolus.
- Le cancer du pancréas a touché environ 16 000 personnes en France l’an dernier; seules 10 à 20 % des tumeurs sont opérables au diagnostic.
- Ce cancer devrait devenir la deuxième cause de mortalité par cancer d’ici 2030-2040.
Une intervention inédite en Europe
Le 22 avril, dans le bloc opératoire du CHU Grenoble Alpes, une équipe médicale a réalisé une première européenne: implanter 224 bâtonnets radioactifs en titane directement dans la tumeur pancréatique d’un patient inopérable. Le geste, guidé par écho-endoscopie, a été mené par le professeur Gaël Roth, oncologue digestif, et le docteur Pierre-Yves Eyraud, hépato-gastroentérologue. Les bâtonnets, recouverts de radium 224, diffusent des particules alpha sur un rayon de seulement 2 millimètres, permettant de cibler la tumeur tout en épargnant les organes vitaux adjacents.
Une technique de radiothérapie interne ultra-ciblée
Le traitement, appelé Alpha DaRT (Diffusing Alpha-emitters Radiation Therapy), est développé par la société Alpha Tau. Il consiste à insérer des sources radioactives via une aiguille introduite par la bouche du patient, en passant par le tube digestif jusqu’au pancréas. « L’avantage de l’endoscopie, c’est qu’on est très près de la tumeur. Dans le tube digestif, on est contre le pancréas », a expliqué Pierre-Yves Eyraud. Les bâtonnets sont placés tous les 3 à 4 millimètres pour couvrir l’ensemble de la masse tumorale. Pour ce premier cas, 224 sources ont été nécessaires, bien plus que les 80 envisagés dans les protocoles initiaux.
Un espoir pour les patients inopérables
Le cancer du pancréas est l’un des plus agressifs, avec une forte résistance à la chimiothérapie. Au moment du diagnostic, seules 10 à 20 % des tumeurs sont opérables, et même après chirurgie, plus de 80 % des patients rechutent, selon le professeur Roth. L’objectif de cette radiothérapie interne est de réduire la tumeur pour permettre une intervention chirurgicale ou, à défaut, d’obtenir une longue pause thérapeutique. « L’intérêt, c’est qu’en une seule procédure, on délivre une très forte dose dans la tumeur, en espérant pouvoir la faire diminuer », a déclaré Gaël Roth. Les patients reçoivent ensuite une chimiothérapie allégée pendant deux mois.
Des premiers résultats canadiens encourageants
Une étude similaire menée au Canada entre 2023 et 2024 sur 32 patients a démontré la faisabilité et la sécurité de la technique. Corey Miller, endoscopiste à l’université McGill et responsable de cet essai, a indiqué: « Nous avons observé des effets indésirables, le plus souvent bénins à modérés, et très peu d’effets graves. Deux cas seulement ont été recensés, tous deux résolus grâce à une prise en charge adaptée. Globalement, le profil de tolérance est apparu rassurant. » Ces résultats ont ouvert la voie à l’essai clinique français.
Un essai clinique élargi pour confirmer l’efficacité
En France, l’essai ACAPELLA, coordonné par le professeur Roth au CHU Grenoble Alpes, doit inclure 40 patients atteints d’un adénocarcinome pancréatique localement avancé, sans métastases, après plusieurs mois de chimiothérapie. Les participants seront suivis pendant un an pour évaluer la sécurité de la procédure et la réduction tumorale. près de 30 % des 140 000 cas annuels européens de cancer du pancréas sont à ce stade, ce qui souligne l’importance de ces travaux.
Un contexte de recherche contrasté
Cette avancée intervient alors qu’une autre étude, publiée fin mars dans Nature Medicine, n’a pas donné les résultats escomptés. Elle évaluait l’association d’une thérapie ciblée, l’olaparib, avec une immunothérapie pour certains cancers du pancréas, sans parvenir à ralentir significativement la progression de la maladie. Le cancer du pancréas, en forte progression, devrait devenir la deuxième cause de mortalité par cancer d’ici 2030-2040, derrière celui du poumon. Chaque avancée thérapeutique est donc scrutée avec attention.
À retenir
- Une première européenne de radiothérapie interne par bâtonnets radioactifs a eu lieu au CHU de Grenoble sur un patient atteint d’un cancer du pancréas inopérable.
- 224 sources de radium 224 ont été implantées directement dans la tumeur, délivrant une dose élevée sur un rayon de 2 mm.
- L’essai ACAPELLA va inclure 40 patients français pour évaluer sécurité et efficacité.
- Une étude canadienne antérieure sur 32 patients a montré un bon profil de tolérance.
- Le cancer du pancréas touche 16 000 personnes par an en France et devrait devenir la 2e cause de mortalité par cancer.
- Cette technique ouvre une option thérapeutique pour les tumeurs inopérables, en visant une réduction tumorale avant chirurgie ou une pause thérapeutique prolongée.






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