Têtes de cochon devant des mosquées: le recteur de Paris dénonce l'« abjection »
Chems Eddine Hafiz condamne fermement les dépôts de têtes de cochons devant plusieurs lieux de culte musulmans, y voyant une attaque contre le « vivre ensemble ».

FRANCE —
Les faits
- Des têtes de cochons ont été déposées devant au moins neuf mosquées d'Île-de-France le 9 septembre.
- Des inscriptions haineuses ont souillé certains lieux de culte.
- Le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems Eddine Hafiz, a qualifié ces actes d'« abjects ».
- Le ministre de l'Intérieur a réagi aux événements de Quimper, les jugeant « absolument ignobles ».
- Le maire de Caen a dénoncé des « comportements totalement inacceptables » lors du Banquet du Canon français.
- Chems Eddine Hafiz accuse le Canon français d'« exclure » une partie de la population.
Une rentrée marquée par des actes de profanation
Le 9 septembre, la rentrée en Île-de-France a été brutalement interrompue par la découverte de têtes de cochons déposées devant les portes d'au moins neuf mosquées. Ces actes de profanation, accompagnés d'inscriptions haineuses sur certains lieux de culte, ont suscité une vive émotion au sein de la communauté musulmane et au-delà. Ces événements surviennent dans un climat déjà tendu, marqué par plusieurs mois d'actes anti-musulmans. La réaction de la grande majorité des musulmans de France, empreinte de dignité face à ces provocations, a été saluée par le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems Eddine Hafiz. Il a souligné la nécessité d'une réponse à la hauteur de l'émoi suscité, du sens du sacré et du désir de fraternité des fidèles. « Nous sommes arrivés au stade de l’abject », a déclaré Chems Eddine Hafiz, marquant la gravité de ces agissements. Selon lui, lorsqu'ils s'attaquent à des lieux de culte, ces actes ne visent pas seulement les croyants, mais remettent en cause la possibilité même de vivre ensemble sur une terre partagée. Ces gestes s'expriment dans les larmes, la colère et le silence blessé, mais appellent à une réflexion profonde sur les fissures de la « maison commune ».
L'ombre du Banquet du Canon français
Ces profanations surviennent peu après le Banquet du Canon français, un événement qui a suscité de vives critiques. Le recteur de la Grande Mosquée de Paris accuse explicitement cette organisation d'« exclure » une partie de la population, faisant référence à un banquet où près de 4000 convives se seraient réunis autour d'un cochon à la broche. Les réactions officielles ne se sont pas fait attendre. Le ministre de l'Intérieur a qualifié d'« absolument ignobles » les événements qui se sont déroulés à Quimper, en lien avec cette organisation. De son côté, le maire de Caen a dénoncé des « comportements totalement inacceptables » observés lors du banquet dans sa ville. Ces déclarations ministérielles et municipales soulignent la dimension problématique de tels rassemblements qui, par leur nature même, peuvent être perçus comme une provocation ou une insulte par d'autres communautés. La question de la responsabilité de tels événements dans la montée des tensions intercommunautaires se pose avec acuité.
Une invitation à la réflexion et à l'apaisement
Face à cette escalade, Chems Eddine Hafiz appelle à la réflexion. Il invite à chercher dans la profondeur des blessures la source d'un possible apaisement, plutôt qu'à se laisser enfermer dans le tumulte. « Qu’avons-nous laissé se fissurer dans notre maison commune pour que de tels gestes deviennent possibles? » s'interroge-t-il, soulignant la nécessité de comprendre les causes profondes de cette violence symbolique. La rentrée, souvent synonyme d'espérances fragiles, est empreinte d'une gravité particulière cette année. Derrière les conversations ordinaires sur l'école et le travail, une tension plus sourde se devine, une inquiétude partagée mais rarement nommée. Les événements des derniers jours viennent confirmer cette atmosphère lourde. Depuis la cour de la Grande Mosquée, le recteur observe cette agitation avec une interrogation profonde. L'actualité nous atteint tous, dans nos foyers et nos prières. Mais au lieu de subir le bruit ambiant, Chems Eddine Hafiz propose de transformer ce tumulte en une invitation collective à la réflexion, afin de reconstruire les ponts et de préserver le « vivre ensemble ».
À retenir
- Des actes de profanation, consistant en le dépôt de têtes de cochons devant plusieurs mosquées d'Île-de-France le 9 septembre, ont été fermement condamnés.
- Le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems Eddine Hafiz, a qualifié ces actes d'« abjects » et d'attaques contre le « vivre ensemble ».
- Ces événements font suite à des critiques visant le Banquet du Canon français, accusé par le recteur d'« exclure » une partie de la population.
- Le ministre de l'Intérieur et le maire de Caen ont également réagi en dénonçant des « comportements inacceptables » liés à cette organisation.
- Chems Eddine Hafiz appelle à une réflexion collective sur les causes de ces tensions et sur la manière de préserver la cohésion sociale.

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