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Guerre en Iran: Trump juge "totalement inacceptable" la réponse de Téhéran

Le président américain fustige la stratégie iranienne de "retardement" et menace d'une "réponse immédiate" en cas de déploiement français ou britannique à Ormuz.

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Guerre en Iran: Trump juge "totalement inacceptable" la réponse de Téhéran
Le président américain fustige la stratégie iranienne de "retardement" et menace d'une "réponse immédiate" en cas de dépCrédit · Le Monde.fr

Les faits

  • Donald Trump qualifie la réponse iranienne à une proposition américaine de fin de guerre de "totalement inacceptable".
  • Le coût estimé pour restaurer le Palais du Golestan de Téhéran, endommagé par des frappes, s'élève à 1,7 million de dollars.
  • La militante Narges Mohammadi est hospitalisée à Téhéran, sa vie étant jugée "tenue par un fil".
  • Le président américain accuse l'Iran de "retarder" les négociations depuis 47 ans.
  • Un navire de compagnie française a été touché par des tirs iraniens près du détroit d'Ormuz.
  • Emmanuel Macron affirme qu'un déploiement français dans le détroit d'Ormuz n'est "jamais" été une option.
  • L'Iran menace d'une "réponse décisive et immédiate" en cas de déploiement franco-britannique à Ormuz.

Téhéran rejette la proposition américaine pour mettre fin au conflit

Dimanche soir, Donald Trump a exprimé sa profonde insatisfaction face à la réponse de l'Iran concernant une proposition américaine visant à mettre un terme à la guerre en cours. Sur son réseau social Truth Social, le président américain a qualifié cette réponse de "totalement inacceptable". Il a accusé la République islamique de "mener en bateau", de faire "attendre" les États-Unis et de "se moquer" du pays, affirmant que cette ère de dédain était révolue. Cette déclaration intervient alors que le conflit au Moyen-Orient continue de susciter des tensions internationales et des inquiétudes quant à la stabilité régionale. La stratégie iranienne, selon le président américain, se résume à un long processus de "retardement", une tactique qu'il estime appliquée depuis quarante-sept ans. Donald Trump a également fait allusion à des actions passées, mentionnant des "bombes artisanales" et la répression de manifestations, y compris la mort de "42 000 manifestants innocents et non armés". Il a critiqué l'approche jugée indulgente de l'ancien président Barack Obama envers l'Iran. Malgré ces critiques acerbes, Donald Trump a également mentionné des "grands progrès" dans les négociations, qualifiant un accord de "très possible" lors d'échanges avec des journalistes. Cette apparente contradiction souligne la complexité des pourparlers et la nature souvent imprévisible de la diplomatie américaine dans ce dossier sensible.

Fragilité des détroits et incidents maritimes

Le conflit en Iran a mis en exergue la vulnérabilité des voies maritimes stratégiques, essentielles tant pour le commerce que pour les opérations militaires. Des points névralgiques comme Malacca, Bab Al-Mandab et le Bosphore sont devenus des enjeux majeurs, susceptibles de déclencher une "guerre des détroits" à l'échelle mondiale. La liberté de navigation, principe cher à la France, est au cœur des préoccupations diplomatiques. Un incident notable a impliqué un navire de la compagnie française, touché par des tirs iraniens alors qu'il s'apprêtait à franchir le détroit d'Ormuz. Emmanuel Macron a rapidement précisé que la France n'avait pas été visée, qualifiant l'événement de "broutille". Cependant, cet incident survient dans un contexte de menaces iraniennes explicites: Téhéran a averti d'une "réponse décisive et immédiate" de son armée en cas de déploiement de navires français et britanniques dans le détroit pour en sécuriser le passage. La France, par la voix de son président, a fermement démenti toute intention de déploiement dans la zone. "Il n’a jamais été question d’un déploiement français ou franco-britannique", a déclaré Emmanuel Macron, tout en affirmant que la France se tenait "prête" à agir pour la "liberté de navigation". Ces déclarations visent à désamorcer les tensions tout en réaffirmant la position française face aux menaces.

Le sort de Narges Mohammadi et les coûts de la guerre

Parallèlement aux développements diplomatiques et militaires, la situation humanitaire en Iran suscite une vive préoccupation. La militante des droits de l'homme et prix Nobel de la paix, Narges Mohammadi, a été transférée en ambulance vers un hôpital de Téhéran. Sa fondation a indiqué qu'elle serait soignée par sa propre équipe médicale. Son époux, Taghi Rahmani, résidant à Paris, a déclaré que sa vie "ne tenait qu'à un fil", soulignant la gravité de son état de santé. Les conséquences matérielles du conflit sont également considérables. Les experts iraniens estiment que la restauration du Palais du Golestan de Téhéran, endommagé par des frappes américano-israéliennes, coûterait près de 1,7 million de dollars. Ces chiffres illustrent l'impact dévastateur des hostilités sur le patrimoine culturel et les infrastructures du pays. Le président français Emmanuel Macron a également souligné le coût humain et économique de la guerre pour les nations non directement impliquées. "Nos compatriotes en France paient chaque jour le prix de cette guerre que nous n’avons pas voulu", a-t-il déclaré, appelant à un "retour au calme" et à la reprise des discussions.

L'opération "Project Freedom" suspendue

Face à l'évolution des négociations, Donald Trump a annoncé la "suspension" de l'opération "Project Freedom", lancée pour escorter les navires traversant le stratégique détroit d'Ormuz. Le président américain a justifié cette décision par les "grands progrès" réalisés dans les discussions avec l'Iran. Cette initiative, conçue pour garantir la sécurité maritime, semblait indiquer une escalade potentielle, mais sa suspension suggère une volonté de désescalade de la part des États-Unis. L'administration américaine, par la voix du Secrétaire d'État Marco Rubio, avait précédemment affirmé que la phase offensive du conflit était terminée. Cette évaluation, couplée aux déclarations de Trump sur les avancées diplomatiques, laisse entrevoir une possible résolution pacifique du conflit, bien que les menaces et les critiques persistent. L'objectif de "Project Freedom" était de réaffirmer la liberté de navigation dans une zone de plus en plus tendue. La décision de le suspendre, si elle est pérenne, pourrait marquer un tournant dans la gestion de la crise par l'administration Trump, dont la crédibilité diplomatique a été mise à l'épreuve. Un responsable américain a indiqué que le président entendait "faire pression" sur son homologue chinois, Xi Jinping, lors de son déplacement en Chine, afin d'obtenir un accord définitif.

Le programme nucléaire iranien, un dossier sensible

Le programme nucléaire de Téhéran demeure un point de friction majeur dans les relations internationales. Les diplomates français, ayant participé aux négociations de l'accord de Vienne en 2015, observent avec amertume les développements actuels, imputant en partie la situation aux choix de l'administration Trump. L'accord visait à empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire, un objectif qui reste au centre des préoccupations mondiales. Donald Trump a affirmé "surveiller de près" l'uranium enrichi iranien, déclarant même que la nouvelle Force spatiale américaine serait chargée de le "faire sauter" si quiconque s'approchait des sites concernés. Cette déclaration, bien que potentiellement rhétorique, souligne la détermination américaine à empêcher l'Iran d'acquérir la capacité nucléaire militaire. Pour les États-Unis, il est impératif de mettre fin à un conflit jugé dévastateur pour l'administration Trump, dont la parole a été "rarement autant dévaluée". La réouverture de négociations de fond sur le programme nucléaire iranien nécessitera que les deux parties renoncent à leurs "exigences maximalistes". Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a rappelé que la guerre n'était "pas finie" tant que les stocks d'uranium enrichi n'auraient pas été "retirés d'Iran".

Vers une coalition internationale pour Ormuz?

En cas d'accord de paix entre les États-Unis et l'Iran, le Royaume-Uni et la France pourraient jouer un rôle de premier plan dans la mise sur pied d'une coalition internationale. L'objectif serait de sécuriser le détroit d'Ormuz, une voie maritime d'une importance capitale. Cette perspective de coopération internationale souligne la volonté de certains acteurs de stabiliser la région et de garantir la libre circulation des navires. Cependant, les menaces iraniennes pèsent lourdement sur ces projets. Téhéran a clairement indiqué qu'une réponse "décisive et immédiate" serait déclenchée en cas de déploiement de forces françaises et britanniques dans le détroit. Cette posture défensive de l'Iran rend la mise en place d'une telle coalition particulièrement complexe et risquée. La France, tout en réaffirmant son engagement pour la "liberté de navigation", a insisté sur le fait qu'un déploiement militaire n'était "jamais" été une option envisagée. La position française semble privilégier la diplomatie et la désescalade, tout en restant vigilante face aux provocations potentielles. La gestion de la crise dans le détroit d'Ormuz demeure ainsi un exercice d'équilibriste délicat pour les puissances mondiales.

À retenir

  • Donald Trump a qualifié la réponse iranienne à une proposition américaine de fin de guerre de "totalement inacceptable", tout en évoquant des "grands progrès" dans les négociations.
  • L'Iran a menacé d'une "réponse décisive et immédiate" si des navires français et britanniques étaient déployés pour sécuriser le détroit d'Ormuz.
  • Emmanuel Macron a affirmé qu'un déploiement français dans le détroit d'Ormuz n'a "jamais" été une option, tout en défendant la liberté de navigation.
  • Le coût de restauration du Palais du Golestan de Téhéran est estimé à 1,7 million de dollars, suite à des frappes américano-israéliennes.
  • La militante Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix, est hospitalisée à Téhéran dans un état jugé critique.
  • L'opération américaine "Project Freedom" visant à escorter des navires dans le détroit d'Ormuz a été suspendue par Donald Trump.
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