Hantavirus: le navire Hondius quitte le Cap-Vert pour les Canaries
Trois morts et huit passagers infectés, le navire d'exploration est attendu à Tenerife où débutera l'évacuation des 150 personnes à bord.

FRANCE —
Les faits
- Le navire de croisière MV Hondius a quitté sa zone de mouillage au large du Cap-Vert le mercredi 6 mai.
- Trois passagers sont décédés et huit sont infectés par une souche Andes du hantavirus à bord du navire.
- Le navire est attendu à Granadilla, Tenerife, dans les trois jours, pour une accostage prévu samedi.
- L'évacuation des 150 passagers et membres d'équipage débutera le lundi suivant l'accostage.
- L'Argentine envoie des experts à Ushuaïa pour capturer et analyser des rongeurs à la recherche du virus.
- Le directeur général de l'OMS estime que le risque pour le reste du monde est faible.
Un foyer de hantavirus sème l'inquiétude
Un vent de panique s'est levé mercredi 6 mai, alors que les informations concernant le MV Hondius se multipliaient. Ce navire d'exploration, transportant environ 150 personnes, est le théâtre d'une épidémie de hantavirus de l'espèce Andes. Huit passagers ont été infectés à ce jour, dont trois ont succombé à la maladie. La complexité du parcours du navire et la provenance de ses occupants, issus de nombreux pays, compliquent la tâche des autorités sanitaires chargées du suivi de la situation. Cette fébrilité rappelle les débuts de la pandémie de Covid-19. La mondialisation des déplacements humains, qui sert de catalyseur à la dissémination des virus, a été mise en lumière. Le sentiment de cacophonie est exacerbé par les prises de parole des autorités sanitaires de tous les pays concernés, ainsi que par celles de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui centralise les informations. Le navire, immobilisé depuis dimanche au large du Cap-Vert, a finalement quitté sa zone de mouillage mercredi soir. Il se dirige vers le port de Granadilla, sur l'île de Tenerife, dans l'archipel espagnol des Canaries, où il doit accoster dans les trois jours.
Le navire attendu à Tenerife pour une évacuation
Le MV Hondius est attendu samedi à Tenerife. Une fois sur place, l'équipage et les passagers seront examinés, pris en charge et transférés vers leurs pays respectifs. Le ministère de l'Intérieur espagnol a annoncé que l'évacuation du navire de croisière aura lieu le lundi suivant l'accostage. Une réunion spécifique est prévue avec le ministère des Affaires étrangères pour coordonner les actions concernant les passagers en provenance de pays tiers. Tous les passagers resteront à bord du navire jusqu'à l'arrivée de leurs avions respectifs, a précisé le ministère de la Santé espagnole. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a estimé mercredi que de nombreuses incertitudes subsistaient quant à cette épidémie, appelant à la prudence.
L'Argentine enquête sur la présence du virus chez les rongeurs
L'Argentine a annoncé qu'elle allait envoyer des experts à Ushuaïa, point de départ de la croisière le 1er avril, pour capturer et analyser des rongeurs. L'objectif est de rechercher une possible présence du virus dans ces populations animales. Des équipes de l'Institut Malbran de Buenos Aires, une référence nationale en maladies infectieuses, se rendront dans les zones liées au parcours du couple néerlandais décédé, tous deux passagers du MV Hondius. Ces recherches visent à déterminer si le virus a pu être contracté avant l'embarquement. Il est à noter que la province de la Terre de Feu n'a signalé aucun cas d'hantavirus depuis la mise en place de la notification obligatoire en 1996, selon les informations disponibles.
L'OMS minimise le risque pour la population mondiale
Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a indiqué mercredi qu'il ne pensait pas que la situation sur le MV Hondius soit similaire au début de la pandémie de Covid-19. Il a ajouté que, pour l'instant, le risque pour le reste du monde était faible. De leur côté, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) américains ont déclaré mercredi que le risque pour les Américains de contracter l'hantavirus était « extrêmement faible ». Deux personnes rentrées au Royaume-Uni après avoir séjourné sur le bateau ont été priées de se confiner, une mesure de précaution face à la transmission potentielle du virus.
La souche Andes, transmissible entre humains
La souche spécifique du hantavirus identifiée chez les malades est celle des Andes. Cette souche présente la particularité d'être transmissible entre humains par des gouttelettes de salive, ce qui constitue un facteur de risque supplémentaire dans la propagation du virus. C'est par séquençage que cette identification a été réalisée chez les trois passagers infectés. Cette découverte souligne l'importance du suivi épidémiologique et de la caractérisation des agents pathogènes lors de foyers infectieux. La transmission interhumaine, bien que moins fréquente que la transmission par les rongeurs, rend la gestion de l'épidémie plus complexe et nécessite des mesures de contrôle renforcées.
À retenir
- Le navire MV Hondius, touché par une épidémie de hantavirus Andes, se dirige vers Tenerife pour l'évacuation de ses 150 occupants.
- Trois décès et huit infections ont été confirmés à bord, posant des défis sanitaires internationaux.
- L'Argentine lance une investigation sur les rongeurs à Ushuaïa pour comprendre l'origine du foyer.
- La souche Andes du hantavirus est notable pour sa transmission potentielle entre humains par voie aérienne.
- L'OMS et les CDC estiment le risque pour la population mondiale et américaine comme étant faible.
- L'évacuation des passagers est prévue pour le lundi suivant l'arrivée du navire aux Canaries.


Eugénie Bastié rejoint France 2 pour relancer « L’Heure de vérité » à l’approche de la présidentielle

Orages et rafales à Marseille : le mistral noir s'invite au lancement de la saison touristique

Manuel Neuer: entre prolongation au Bayern et scandale national
