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Soixante jours de conflit avec l'Iran : Trump face à l'ultimatum du Congrès et à trois options militaires

Alors que la date butoir pour obtenir l'aval des élus américains expire, la Maison-Blanche étudie des frappes ciblées, une opération à Ormuz ou une saisie de l'uranium iranien.

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Soixante jours de conflit avec l'Iran : Trump face à l'ultimatum du Congrès et à trois options militaires
Alors que la date butoir pour obtenir l'aval des élus américains expire, la Maison-Blanche étudie des frappes ciblées, uCrédit · Sud Ouest

Les faits

  • Le conflit entre les États-Unis et l'Iran entre ce vendredi 1er mai dans son 60e jour.
  • Donald Trump arrive à la date limite de soixante jours pour obtenir l'autorisation du Congrès.
  • Le gouvernement américain laisse entendre qu'il ignorera cette obligation.
  • Au Liban, des frappes israéliennes ont fait au moins dix-sept morts jeudi, malgré le cessez-le-feu du 17 avril.
  • L'ambassade américaine à Beyrouth a appelé à une rencontre entre Joseph Aoun et Benyamin Nétanyahou.
  • Des systèmes de défense antiaérienne ont été activés jeudi soir dans le ciel de Téhéran.
  • Donald Trump a été briefé jeudi par le Centcom sur trois options militaires.
  • Le président américain privilégie pour l'instant le blocus naval, qu'il juge « un peu plus efficace que les bombardements ».

L'ultimatum du Congrès ignoré par la Maison-Blanche

Ce vendredi 1er mai marque le soixantième jour du conflit entre les États-Unis et l'Iran, une échéance qui, selon la loi américaine, oblige le président à obtenir l'autorisation du Congrès pour poursuivre l'intervention militaire. Pourtant, l'administration Trump laisse entendre qu'elle passera outre cette obligation, laissant les démocrates impuissants à la faire respecter. Le conflit a déjà connu des développements régionaux significatifs. Au Liban, de nouvelles frappes israéliennes menées jeudi dans le sud du pays ont fait au moins dix-sept morts, en dépit du cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril. Dans la foulée, l'ambassade américaine à Beyrouth a appelé à une rencontre entre le président libanais Joseph Aoun et le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou. Parallèlement, des systèmes de défense antiaérienne sont entrés en action jeudi soir contre des petits avions et des drones dans le ciel de Téhéran, signe de la tension persistante.

Trois scénarios d'intervention présentés à Trump

Selon des informations rapportées par le média Axios, Donald Trump a reçu ce jeudi un briefing du Commandement central des États-Unis (Centcom) présentant plusieurs options militaires. La réunion était menée par Dan Caine, chef d'état-major interarmées, et l'amiral Brad Cooper, commandant du Centcom. La première option consiste en une vague de frappes décrites comme « courtes et puissantes », visant des infrastructures stratégiques iraniennes. L'objectif serait de contraindre Téhéran à faire davantage de concessions, notamment sur le dossier nucléaire. Une deuxième option prévoit un raid sur le détroit d'Ormuz afin de rouvrir entièrement la navigation commerciale, une opération qui pourrait impliquer des forces terrestres. Enfin, un troisième scénario repose sur une opération des forces spéciales pour sécuriser les stocks d'uranium hautement enrichi détenus par l'Iran. Ces plans ont été élaborés en réponse à l'impasse des négociations, les Gardiens de la Révolution refusant tout compromis sur le programme nucléaire. Le briefing rappelle un précédent récent: fin février, une présentation similaire avait été faite au président, et deux jours plus tard, les États-Unis entraient en guerre aux côtés d'Israël.

Trump mise sur le blocus naval, mais n'exclut pas l'action militaire

Pour l'heure, Donald Trump semble privilégier la pression sans confrontation directe. Il a déclaré à Axios croire en l'efficacité du blocus naval imposé à l'Iran, le décrivant comme « un peu plus efficace que les bombardements ». Cette stratégie reste néanmoins fragile, les planificateurs américains anticipant une possible riposte iranienne contre les forces américaines dans la région. Le président américain n'a jamais exclu de recourir à la force si les négociations n'aboutissent pas. Dans un message énigmatique publié sur sa plateforme Truth Social, il a évoqué l'idée que « la tempête arrive » et que « rien ne peut arrêter ce qui arrive », accompagné d'une image générée par intelligence artificielle le représentant devant un drapeau américain, signée « spiritual streetfighter ». Sans référence explicite à l'Iran, cette publication s'ajoute à une série de signaux interprétés comme un durcissement du ton de la Maison-Blanche. Par ailleurs, la défense américaine a également présenté des mesures au cas où Téhéran reprendrait l'offensive en premier, en représailles notamment du blocus naval.

Les répercussions régionales: Liban et défense aérienne de Téhéran

Au-delà des options militaires, le conflit a des conséquences tangibles dans la région. Les frappes israéliennes au sud du Liban ont fait au moins dix-sept morts jeudi, malgré le cessez-le-feu du 17 avril. L'ambassade américaine à Beyrouth a appelé à une rencontre entre le président libanais Joseph Aoun et le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, sans que l'on sache si cette médiation aboutira. À Téhéran, des systèmes de défense antiaérienne ont été activés jeudi soir contre des petits avions et des drones, illustrant la vulnérabilité perçue de la capitale iranienne. Ces incidents surviennent alors que les États-Unis et l'Iran sont engagés dans un conflit ouvert depuis soixante jours. La situation humanitaire et sécuritaire au Liban reste précaire, tandis que les frappes israéliennes ajoutent une dimension supplémentaire à une crise déjà complexe.

L'impasse nucléaire et le rôle des Gardiens de la Révolution

Au cœur des négociations se trouve le programme nucléaire iranien. Donald Trump a fait de l'uranium iranien sa priorité, mais les Gardiens de la Révolution refusent tout compromis sur le sujet. Cette intransigeance a conduit le Centcom à élaborer des options militaires visant à sécuriser les stocks d'uranium hautement enrichi. Le blocus naval, bien que privilégié par Trump, n'a pas encore forcé l'Iran à céder. Les options militaires présentées jeudi visent à créer un choc suffisant pour contraindre Téhéran à revenir à la table des négociations avec davantage de concessions. Cependant, le risque d'une escalade reste élevé, d'autant que les planificateurs américains anticipent une riposte iranienne. Le précédent de fin février, où un briefing similaire avait précédé l'entrée en guerre des États-Unis aux côtés d'Israël, alimente les inquiétudes sur une nouvelle phase du conflit.

Quel avenir pour la stratégie américaine?

Alors que l'administration Trump semble déterminée à poursuivre sa pression sur l'Iran, la question de l'autorisation du Congrès reste en suspens. En ignorant l'obligation légale, la Maison-Blanche pourrait provoquer une crise constitutionnelle, mais les démocrates semblent impuissants à faire respecter la loi. Les trois options militaires présentées offrent une palette de réponses, allant de frappes ciblées à une opération terrestre. Cependant, Trump semble pour l'instant miser sur le blocus naval, qu'il juge plus efficace. La publication énigmatique sur Truth Social pourrait être un avertissement ou un bluff, mais elle ajoute à l'incertitude. Dans les jours à venir, la communauté internationale observera attentivement les signaux en provenance de Washington et de Téhéran. Le conflit, qui entre dans son soixantième jour, pourrait connaître un tournant décisif, que ce soit par une escalade militaire ou une reprise des négociations sous pression.

À retenir

  • Le conflit États-Unis-Iran atteint 60 jours, avec une date butoir pour l'autorisation du Congrès que Trump ignore.
  • Trois options militaires ont été présentées à Trump: frappes courtes et puissantes, raid sur Ormuz, opération des forces spéciales sur l'uranium.
  • Trump privilégie le blocus naval, mais n'exclut pas une action militaire si les négociations échouent.
  • Des frappes israéliennes au Liban ont fait 17 morts jeudi, malgré le cessez-le-feu.
  • Les Gardiens de la Révolution refusent tout compromis sur le nucléaire, bloquant les négociations.
  • Un message énigmatique de Trump sur Truth Social évoque une « tempête » imminente, accentuant les tensions.
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