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Kad Merad et Julia Vignali déboutés : leur ancienne architecte relaxée dans le litige de la ferme bourguignonne

Le couple réclamait 1,7 million d'euros pour escroquerie, mais le tribunal correctionnel de Marseille a relaxé l'architecte et l'artisan, tout en rejetant leur demande de procédure abusive.

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Kad Merad et Julia Vignali déboutés : leur ancienne architecte relaxée dans le litige de la ferme bourguignonne
Le couple réclamait 1,7 million d'euros pour escroquerie, mais le tribunal correctionnel de Marseille a relaxé l'architeCrédit · La Provence

Les faits

  • Le tribunal correctionnel de Marseille a relaxé l'architecte Elisa Q. et l'artisan Robert G.L. le 28 avril.
  • Kad Merad et Julia Vignali avaient acheté une ferme à Mary (Bourgogne) en 2021 pour 770 000 € (acquisition et travaux).
  • Le coût final des travaux a atteint 1,9 million d'euros, soit une hausse de 200 %.
  • Le couple a dû vendre sa résidence principale en raison du surcoût.
  • L'architecte a invoqué des devis estimatifs et des demandes 'extravagantes' du couple.
  • Le parquet n'a pas requis de peine, laissant l'appréciation aux juges.
  • Le couple avait choisi la juridiction marseillaise car l'architecte y avait emménagé.

Un procès pour escroquerie qui tourne court

Le comédien Kad Merad et l'animatrice Julia Vignali ont perdu leur procès contre leur ancienne architecte et un artisan, ce mardi 28 avril, devant le tribunal correctionnel de Marseille. Le couple réclamait plus de 1,7 million d'euros, accusant les deux professionnels d'escroquerie lors de la rénovation de leur résidence secondaire en Bourgogne. Les deux prévenus ont été relaxés. Mais la demande de procédure abusive qu'ils avaient déposée contre le couple a également été rejetée. L'audience, qui s'était tenue le 10 mars, avait vu Kad Merad et Julia Vignali comparaître en personne.

Une ferme achetée pour se marier, un budget qui explose

En 2021, le couple avait acquis une ferme à Mary, en Bourgogne, avec l'intention d'en faire leur résidence secondaire et de s'y marier. Ils avaient confié le projet à l'architecte Elisa Q., qui leur avait recommandé de détruire l'habitation principale et de rénover la grange. Celle-ci leur avait également présenté Robert G.L., patron de la société Dr House, comme artisan. Le budget initial, incluant l'achat et les travaux, était de 770 000 euros, financé par un prêt. Mais le coût final a atteint 1,9 million d'euros, soit une hausse de 200 %, selon l'avocat du couple, Me Silvio Rossi-Arnaud, cité lors de l'audience.

La défense de l'architecte: devis estimatifs et demandes extravagantes

Seule à la barre – l'artisan ne s'était pas présenté –, l'architecte a contesté les accusations. Elle a affirmé que le budget initial n'était qu'estimatif et non contractuel, et que l'explosion des coûts était due aux demandes 'extravagantes' du couple, qu'elle n'avait pas suivies, n'étant pas en charge de la réalisation du chantier. Le parquet, de son côté, n'a pas pris position, laissant aux juges le soin d'apprécier le dossier. Ceux-ci ont finalement relaxé les deux prévenus, estimant que les éléments constitutifs de l'escroquerie n'étaient pas réunis.

Des conséquences financières lourdes pour le couple

Le surcoût des travaux a contraint Kad Merad et Julia Vignali à se séparer de leur résidence principale, sans pouvoir récupérer les montants investis par la vente de la ferme. Le préjudice total, estimé à plus de 1,7 million d'euros, correspond à la différence entre le budget initial et le coût final, ainsi qu'aux pertes annexes. Le couple avait opté pour une citation directe, évitant le filtre du parquet, et avait choisi Marseille comme juridiction car l'architecte y avait emménagé après les faits.

Un litige qui met en lumière les risques des rénovations sans contrat ferme

Cette affaire illustre les dangers des devis estimatifs dans les projets de rénovation, surtout lorsque les budgets sont serrés et les attentes élevées. L'architecte a souligné que son rôle se limitait à la conception, et non à la maîtrise d'œuvre, ce qui a pu créer un flou sur les responsabilités. Pour le couple médiatique, cette défaite judiciaire s'ajoute à un préjudice financier déjà lourd. Aucun appel n'a été annoncé à ce stade.

Une décision qui laisse des questions ouvertes

Si la relaxe est définitive pour l'architecte et l'artisan, le rejet de leur demande de procédure abusive signifie que Kad Merad et Julia Vignali n'auront pas à les indemniser. Reste à savoir si le couple engagera d'autres actions, notamment au civil, pour tenter de récupérer une partie des sommes perdues. L'affaire, très médiatisée en France, rappelle que même les personnalités publiques ne sont pas à l'abri de déconvenues immobilières.

À retenir

  • Le tribunal de Marseille a relaxé l'architecte et l'artisan, faute de preuves d'escroquerie.
  • Le budget de rénovation de la ferme a triplé, passant de 770 000 € à 1,9 million €.
  • Le couple a dû vendre sa résidence principale pour couvrir les coûts.
  • L'architecte a rejeté la responsabilité sur les demandes 'extravagantes' du couple.
  • Le parquet n'a pas requis de peine, laissant les juges trancher.
  • Aucune procédure abusive n'a été retenue contre le couple.
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