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1er-Mai : 150 000 manifestants attendus, syndicats et gouvernement s'affrontent sur le travail férié

Les cortèges défileront vendredi contre les projets de libéralisation du 1er mai, dans un climat tendu marqué par l'opposition syndicale et les divisions politiques.

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1er-Mai : 150 000 manifestants attendus, syndicats et gouvernement s'affrontent sur le travail férié
Les cortèges défileront vendredi contre les projets de libéralisation du 1er mai, dans un climat tendu marqué par l'oppoCrédit · BFM

Les faits

  • Entre 100 000 et 150 000 manifestants sont attendus dans toute la France.
  • Les syndicats CGT, CFDT, FSU, Solidaires, FO, CFE-CGC et CFTC appellent à défiler.
  • Le gouvernement prévoit un projet de loi pour autoriser le travail des boulangers et fleuristes le 1er mai à partir de 2027.
  • Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez annoncera le dispositif de maintien de l'ordre le 30 avril.
  • Un rassemblement du RN est organisé à Mâcon.
  • La cérémonie annuelle en mairie à Liévin a été supprimée par la municipalité RN.
  • Cinq jeunes de 17 à 20 ans sont morts dans un accident de la route en Ardèche.

Une mobilisation massive pour défendre le 1er mai férié

Entre 100 000 et 150 000 manifestants sont attendus vendredi dans les cortèges du 1er mai à travers la France, selon les estimations des sources policières. Les syndicats CGT, CFDT, FSU, Solidaires, FO, CFE-CGC et CFTC appellent à défiler pour défendre le caractère férié et chômé de cette journée, menacé par un projet de loi gouvernemental. Les principaux mots d'ordre portent sur la hausse des salaires, le pouvoir d'achat et la paix. À Paris, Toulouse, Strasbourg et dans de nombreuses autres villes, les cortèges s'élanceront sous la surveillance d'un dispositif de maintien de l'ordre qui sera annoncé jeudi soir par le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, lors d'une interview depuis les Muraux (Yvelines).

Le projet de loi gouvernemental cristallise les tensions

Le gouvernement prévoit d'examiner mercredi en Conseil des ministres un projet de loi autorisant les artisans boulangers et fleuristes à faire travailler leurs salariés le 1er mai à partir de 2027. Actuellement, seules certaines activités ne pouvant interrompre le travail peuvent déroger à l'interdiction. Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a indiqué que les contrevenants pourraient échapper à une amende cette année, aucun changement n'étant prévu pour 2025. Sadia Belkasemi, vendeuse salariée d'une boulangerie parisienne, travaillera vendredi pour être payée double, mais confie ne pas être favorable à cette mesure: « À choisir, j'aimerais autant ne pas travailler. »

Les syndicats unis contre l'atteinte au droit des travailleurs

Les cinq confédérations syndicales représentatives (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC) ont émis un avis négatif sur le projet de loi. Elles avaient précédemment obtenu que la proposition de loi de l'ancien Premier ministre Gabriel Attal, qui prévoyait des ouvertures beaucoup plus larges, ne soit pas votée à l'Assemblée nationale. « Pas de projet de loi sur le 1er mai, défendons le 1er mai », a tonné Frédéric Souillot, secrétaire général de FO, attendu dans le cortège parisien aux côtés de Marylise Léon (CFDT) et Sophie Binet (CGT). Le numéro deux de la CFDT, Yvan Ricordeau, souligne la « tonalité importante du 1er mai cette année » et la « volonté des militants d'apparaître présents ».

Un climat politique marqué par l'extrême droite

La cérémonie annuelle en mairie avec les syndicats a été supprimée par la municipalité RN fraîchement élue de Liévin, dans le Pas-de-Calais, où 42 mineurs ont péri en 1974 dans le plus grave accident minier depuis la Seconde Guerre mondiale. Julie Ferrua, co-déléguée générale de Solidaires, estime important de « rappeler cette attaque sur le 1er mai, les accidents du travail, et que l'extrême droite n'est pas pour les travailleurs ». Thomas Vacheron, secrétaire confédéral de la CGT, affirme que « l'extrême droite, c'est l'imposture sociale en permanence », alors que le RN soutenait avec la droite et le bloc central la proposition de loi de Gabriel Attal. Un rassemblement du RN est prévu à Mâcon, tandis que des rassemblements antifascistes locaux sont également organisés.

Des revendications salariales au cœur des cortèges

Au-delà de la défense du 1er mai, les syndicats mettent en avant l'urgence salariale. Caroline Chevé, secrétaire générale de la FSU, prédit un « climat particulier » dans les cortèges en raison de l'attaque sur le 1er mai, mais insiste sur les revendications du monde du travail: « La situation dans la fonction publique est intenable. » Thomas Vacheron résume les priorités de la CGT: « L'augmentation générale des salaires et le blocage du prix des carburants. Certainement pas de contraindre les salariés à travailler le 1er mai. » Les syndicats étudiants (Union étudiante, Unef) se joignent également aux appels pour le pouvoir d'achat, la paix et contre l'extrême droite.

Des voix discordantes parmi les professionnels concernés

Léïa Faraglia, 23 ans, apprentie fleuriste, exprime une position nuancée: « Je comprends l'importance du 1er mai, mais pour nous c'est aussi une tradition d'ouvrir et de vendre du muguet. » Elle déplore le manque de contrôles des vendeurs à la sauvette, ajoutant que si elle ne pouvait pas ouvrir, elle vendrait devant le magasin. L'Union locale de la CGT du Douaisis craint que la mise à l'écart du projet de loi ne soit que provisoire et appelle à défiler dans les rues de Douai pour maintenir la pression. Le gouvernement n'a pas encore précisé le calendrier législatif définitif.

Un 1er mai sous haute surveillance, sans menace majeure identifiée

Les sources policières indiquent qu'aucun risque majeur n'est identifié pour cette journée, bien que la présence de l'ultragauche et de l'ultradroite soit envisagée dans les cortèges, sans atteindre des niveaux inquiétants. Le dispositif de maintien de l'ordre sera adapté en fonction des rassemblements. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez détaillera les mesures jeudi soir. Par ailleurs, d'éventuels rassemblements de l'union de la gauche pourraient avoir lieu à Lyon, Nantes ou Rennes, dans le sillage de l'affaire Quentin Deranque. La journée s'annonce comme un test de la capacité du gouvernement à concilier réformes et dialogue social.

À retenir

  • Entre 100 000 et 150 000 manifestants sont attendus dans les cortèges du 1er mai en France.
  • Les syndicats s'opposent au projet de loi autorisant le travail des boulangers et fleuristes le 1er mai à partir de 2027.
  • Le gouvernement maintient son projet malgré l'opposition unanime des confédérations syndicales.
  • La suppression de la cérémonie à Liévin par la municipalité RN illustre les tensions politiques autour de cette journée.
  • Les revendications salariales restent au cœur des préoccupations des manifestants.
  • Le dispositif de maintien de l'ordre sera annoncé le 30 avril par le ministre de l'Intérieur.
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