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Olivier Faure enfariné à Amiens lors du défilé du 1er-Mai

Le premier secrétaire du Parti socialiste a été pris à partie par des militants antifascistes, recevant un jet de farine et des insultes, avant de poursuivre sa marche.

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Olivier Faure enfariné à Amiens lors du défilé du 1er-Mai
Le premier secrétaire du Parti socialiste a été pris à partie par des militants antifascistes, recevant un jet de farineCrédit · Courrier picard

Les faits

  • Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a été enfariné le 1er mai à Amiens.
  • L'incident s'est produit en fin de cortège, vers midi, près de la Briqueterie.
  • Des militants masqués ont crié « Social traître » et « tout le monde déteste le PS ».
  • Un membre de l'Union communiste libertaire a revendiqué l'action au nom de « camarades ».
  • Boris Vallaud, Emmanuel Grégoire et Michaël Delafosse ont condamné l'incident sur X.
  • Olivier Faure a retiré sa veste et continué le défilé jusqu'à 13 heures.
  • En 2024, Raphaël Glucksmann avait été exfiltré du cortège à Saint-Étienne.
  • En 2023, le député Jérôme Guedj avait subi un accueil hostile à Paris.

Un incident sans gravité mais symbolique

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a été victime d'un jet de farine et d'insultes lors du défilé du 1er-Mai à Amiens, vendredi. L'incident, survenu en fin de cortège vers la mi-journée, n'a pas entravé la progression du leader socialiste, qui a poursuivi sa déambulation et ses discussions avec les militants. Selon les témoignages, des militants antifascistes masqués ont pris à partie Olivier Faure alors qu'il se trouvait près du lieu culturel la Briqueterie. Les slogans hostiles – « Social traître », « tout le monde déteste le PS » – ont accompagné le jet de farine, qui a copieusement saupoudré le veston de l'élu. Olivier Faure a simplement retiré sa veste et continué sa marche, quittant le rassemblement vers 13 heures. Un orage violent a ensuite balayé le sud d'Amiens, avec grêle et fortes rafales.

Un défilé aux côtés des élus locaux

Olivier Faure défilait notamment en queue de cortège aux côtés du nouveau maire socialiste d'Amiens, Frédéric Fauvet, et du sénateur socialiste Rémi Cardon, ainsi que des nouveaux élus municipaux. Le cortège rassemblait environ un millier de personnes. Parmi les agresseurs, deux hommes masqués ont été identifiés, l'un portant un foulard avec une faucille et un marteau, symboles communistes. Un membre de l'Union communiste libertaire a salué l'action au micro d'Ici Picardie, affirmant que « des camarades y ont participé » et que « le PS trahit la rue ». L'incident a suscité une vague de soutien de la part de responsables socialistes. Le chef des députés PS, Boris Vallaud, a écrit sur X que « ces méthodes sont inacceptables et nuisent au combat de toute la gauche et des travailleurs ». Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a condamné l'incident dans des termes similaires, tandis que le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, a estimé que « pareils actes sont des carburants pour l'extrême droite ».

La réaction d'Olivier Faure et de son entourage

L'entourage d'Olivier Faure a rapporté à l'AFP la réaction du leader socialiste: « Nous en avons vu d'autres. Ce n'est pas une poignée de farine lancée par un illuminé qui allait nous empêcher de fêter les travailleurs et les travailleuses. » Selon la même source, Olivier Faure aurait plaisanté: « Voilà un anarchiste qui a raté sa vocation de boulanger! » Le premier secrétaire a ensuite retiré sa veste et est reparti dans la manifestation, poursuivant ses discussions avec les participants. Aucune interruption notable n'a été signalée après l'incident. Cette réaction contraste avec la gravité des insultes proférées, mais reflète la volonté du PS de ne pas laisser l'incident perturber la journée de mobilisation.

Un précédent dans l'histoire récente du PS

Cet incident s'inscrit dans une série d'hostilités envers des figures socialistes lors des défilés du 1er-Mai. L'année précédente, en 2023, le député socialiste Jérôme Guedj avait subi un accueil hostile de certains manifestants à Paris. En 2024, le fondateur de Place publique, Raphaël Glucksmann, avait dû être exfiltré du cortège à Saint-Étienne. Ces épisodes témoignent d'une défiance persistante d'une partie de la gauche radicale envers le Parti socialiste, accusé de trahir les valeurs ouvrières. Les slogans « Social traître » et « Le PS dehors » illustrent cette fracture. Le 1er-Mai, journée internationale des travailleurs, est traditionnellement un moment de rassemblement de toutes les sensibilités de gauche, mais ces incidents montrent que les tensions internes restent vives.

Les conséquences politiques et les réactions

Au-delà des soutiens exprimés sur les réseaux sociaux, l'incident pourrait avoir des répercussions sur l'unité de la gauche à l'approche des échéances électorales. Les condamnations unanimes des élus PS visent à isoler les auteurs et à réaffirmer la légitimité du parti dans le camp progressiste. Cependant, l'action de l'Union communiste libertaire, qui revendique l'incident, montre que certaines franges de l'extrême gauche refusent toute coexistence avec le PS. Le porte-parole du groupe a estimé que les socialistes « n'ont pas leur place le 1er mai ». Pour l'instant, Olivier Faure a choisi de minimiser l'incident, mais la répétition de ces épisodes pourrait contraindre le parti à repenser sa stratégie d'alliance ou de présence dans les cortèges unitaires.

Un test pour la stratégie d'unité de la gauche

L'incident d'Amiens intervient dans un contexte où le Parti socialiste cherche à reconstruire une image de force de gouvernement crédible, après des années de déclin électoral. La capacité d'Olivier Faure à encaisser sans broncher cette agression symbolique pourrait renforcer sa stature de leader. Mais la persistance de ces actions hostiles, année après année, pose la question de la place du PS dans les manifestations du 1er-Mai. Si les dirigeants socialistes continuent d'être pris pour cible, ils pourraient être tentés de défiler séparément ou de renforcer la sécurité de leurs déplacements. Pour l'heure, le parti mise sur la condamnation unanime et la poursuite du dialogue. Reste à savoir si ces incidents isolés finiront par fragiliser la cohésion de la gauche ou, au contraire, par resserrer les rangs autour de ses figures modérées.

À retenir

  • Olivier Faure a été enfariné et insulté lors du défilé du 1er-Mai à Amiens, mais a poursuivi sa marche sans incident majeur.
  • L'action a été revendiquée par l'Union communiste libertaire, qui estime que le PS n'a pas sa place le 1er mai.
  • Plusieurs élus socialistes, dont Boris Vallaud, Emmanuel Grégoire et Michaël Delafosse, ont condamné l'incident sur X.
  • Cet incident s'ajoute à une série d'hostilités envers des figures socialistes lors des défilés du 1er-Mai ces dernières années.
  • La réaction d'Olivier Faure, qui a plaisanté sur l'incident, vise à minimiser l'impact politique tout en affirmant sa détermination.
  • L'événement souligne les tensions persistantes entre le PS et l'extrême gauche, et interroge la place des socialistes dans les cortèges unitaires.
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