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Sébastien Chenu déclenche une polémique en traitant les professeures de sociologie de Nanterre de « moches, aigries et mal coiffées »

Le vice-président du Rassemblement national est accusé de sexisme et de mépris de classe après avoir défendu la relation de Jordan Bardella avec une princesse.

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Sébastien Chenu déclenche une polémique en traitant les professeures de sociologie de Nanterre de « moches, aigries et mal coiffées »
Le vice-président du Rassemblement national est accusé de sexisme et de mépris de classe après avoir défendu la relationCrédit · Le Monde.fr

Les faits

  • Sébastien Chenu, vice-président du RN, a tenu ces propos sur France Info le 16 avril 2026 et sur X le 17 avril 2026.
  • Il a déclaré: « Tout le monde n'a pas vocation à finir comme une prof de sociologie à Nanterre, moche, mal coiffée et aigrie! ».
  • L'Association française de sociologie (AFS) et l'Association des sociologues du supérieur (ASES) ont condamné ces propos.
  • Les propos visaient à défendre la relation de Jordan Bardella avec Maria Carolina, une aristocrate.
  • Le philosophe Michel Le Du a publié une tribune dans Le Monde dénonçant le mépris de classe sous-jacent.
  • Nanterre est une université emblématique de la contestation sociale et de la réflexion critique.

Des propos qui enflamment le monde académique

Le 16 avril 2026, sur France Info, Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement national, a lancé une formule qui a provoqué une onde de choc dans l'université française: « Tout le monde n'a pas vocation à finir comme une prof de sociologie à Nanterre, moche, mal coiffée et aigrie! ». Il a réitéré le lendemain sur son compte X. Les associations de sociologues ont immédiatement réagi, dénonçant des propos « infamants et misogynes ». Le Comité exécutif de l'Association française de sociologie (AFS) et le Conseil d'Administration de l'Association des sociologues du supérieur (ASES) ont publié une déclaration conjointe, condamnant « avec la plus grande fermeté » ces attaques. Ils y voient un sexisme manifeste et un mépris profond pour le service public de l'enseignement supérieur et de la recherche.

La défense d'une relation aristocratique

Ces propos s'inscrivent dans un contexte précis: la révélation de la relation amoureuse entre Jordan Bardella, président du RN, et Maria Carolina, une princesse. Pour Michel Le Du, professeur de philosophie, la sortie de Chenu est une tentative maladroite de justifier ce choix. « Il ne pouvait tout de même pas épouser une femme appartenant à la catégorie susmentionnée », écrit-il dans une tribune au Monde. Le Du souligne que le RN, qui courtise les classes populaires, aurait eu du mal à expliquer qu'épouser une aristocrate est préférable à une caissière de Drancy. En attaquant les enseignantes de Nanterre, Chenu active le souvenir d'un lieu de contestation et cible la sociologie elle-même, selon le philosophe.

Un anti-intellectualisme revendiqué

Les associations de sociologues ne se contentent pas de dénoncer le sexisme. Elles pointent un « anti-intellectualisme caractéristique des attaques récurrentes de l'extrême droite à l'encontre des sciences, a fortiori lorsqu'elles sont sociales ». La sociologie, en mettant en lumière les rapports de domination et les inégalités structurelles, est une cible privilégiée. En stigmatisant les femmes qui enseignent à Nanterre, Chenu s'en prend à une université symbole de la réflexion critique sur l'ordre social. Les propos reflètent un mépris de classe qui, est précisément ce que le RN reproche à ses adversaires.

Une polémique qui dépasse le simple dérapage

La réaction des sociologues ne s'est pas fait attendre. L'AFS et l'ASES ont dénoncé « avec force ces attaques récurrentes contre la sociologie, et celles et ceux qui la font vivre ». Leur communiqué, relayé sur les réseaux sociaux, a été largement partagé. Plusieurs personnalités politiques et intellectuelles ont également condamné les propos de Chenu. Cette affaire intervient alors que le RN tente de normaliser son image. La défense de Bardella par Chenu, avec des accents de mépris social, pourrait nuire à cette stratégie. Le parti d'extrême droite, qui se présente comme le défenseur des classes populaires, se voit rappeler ses contradictions.

Les conséquences politiques pour le RN

La polémique pose la question de la ligne du RN. En attaquant des enseignantes-chercheuses, Chenu s'en prend à un corps professionnel souvent perçu comme progressiste, mais aussi à des fonctionnaires. Cela pourrait éroder le soutien dont le parti bénéficie parmi certains électeurs. Pour l'instant, ni Jordan Bardella ni la direction du RN n'ont officiellement réagi. Mais l'affaire pourrait avoir des répercussions internes, d'autant que Chenu est une figure influente du parti. La suite dépendra de la capacité du RN à gérer cette crise, alors que la présidentielle de 2027 se profile.

Un débat sur le sexisme et le mépris de classe

Au-delà du RN, cette affaire relance le débat sur le sexisme dans le discours politique. Les propos de Chenu ne sont pas isolés: ils s'inscrivent dans une tradition de dénigrement des femmes intellectuelles. Le choix de Nanterre, haut lieu de Mai 68, n'est pas anodin. Michel Le Du conclut sa tribune en soulignant que « ce n'est pas parce qu'un propos est déplacé que les termes en sont choisis au hasard ». La sociologie, en tant que discipline critique, reste une cible pour ceux qui veulent préserver l'ordre établi. L'affaire Chenu en est une illustration éclatante.

À retenir

  • Sébastien Chenu a qualifié les professeures de sociologie de Nanterre de « moches, aigries et mal coiffées » sur France Info et X.
  • Ces propos visaient à défendre la relation de Jordan Bardella avec une princesse, révélant un mépris de classe.
  • L'AFS et l'ASES ont condamné fermement ces attaques sexistes et anti-intellectualistes.
  • La polémique met en lumière les contradictions du RN, qui se veut défenseur des classes populaires.
  • L'affaire relance le débat sur le sexisme et le mépris des intellectuels dans le discours politique français.
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