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Rachat de SFR: les négociations s'intensifient à l'approche d'une échéance clé

Alors que le délai pour finaliser l'accord exclusif expire le 15 mai, Bouygues Telecom assure que les discussions se poursuivent activement malgré les complexités.

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Rachat de SFR: les négociations s'intensifient à l'approche d'une échéance clé
Alors que le délai pour finaliser l'accord exclusif expire le 15 mai, Bouygues Telecom assure que les discussions se pouCrédit · BFM

Les faits

  • Le 15 mai est la date limite pour finaliser les négociations exclusives sur le rachat de SFR.
  • Le prix d'acquisition de SFR est fixé à 20,35 milliards d'euros.
  • Bouygues Telecom, Orange et Iliad sont en pourparlers pour acquérir SFR.
  • 715 salariés de SFR présentent un risque élevé d'épuisement professionnel, selon une enquête.
  • 81% des salariés de SFR redoutent de perdre leur emploi dans le cadre de cette opération.
  • Bouygues Telecom a vu sa perte nette s'aggraver à 13 millions d'euros au premier trimestre.

Négociations actives pour un rachat d'envergure

Les discussions concernant le rachat de l'opérateur SFR par ses trois principaux concurrents – Bouygues Telecom, Orange et Iliad – demeurent en cours, a affirmé le groupe Bouygues. Cette déclaration intervient alors que le délai accordé pour conclure les négociations exclusives approche de son terme, fixé au 15 mai. Stéphane Stoll, directeur général adjoint et directeur financier de la maison mère de Bouygues Telecom, a souligné que "les négociations se poursuivent activement". Ces propos ont été tenus au lendemain de la publication par le quotidien Les Echos d'informations suggérant que le calendrier initialement prévu pour finaliser cette période de négociations exclusives pourrait ne pas être respecté. La filiale du groupe Bouygues, aux côtés d'Iliad (Free) et Orange, est engagée dans ces discussions exclusives avec Altice France, la maison mère de SFR, depuis la mi-avril. L'accord préliminaire, officialisé en avril, établit un prix d'acquisition de SFR à 20,35 milliards d'euros, avec une répartition des actifs entre les trois acquéreurs potentiels. Cependant, il ne s'agit pas encore d'un accord définitif. "Comme c'est usuel dans ce type de transaction, le diable est dans les détails", a précisé Stéphane Stoll, indiquant la nécessité de discuter minutieusement de nombreux points, notamment les garanties offertes par le vendeur. Une fois un accord trouvé, l'opération devra encore être soumise à l'approbation des autorités de la concurrence.

Un calendrier serré et des détails cruciaux

Le processus de rachat de SFR par le consortium formé par Bouygues Telecom, Iliad et Orange accuse un retard. L'accord de principe, qui devait être juridiquement formalisé avant le 15 mai, risque de ne pas être finalisé dans les temps impartis. Ce délai, jugé très serré dès le départ par plusieurs parties prenantes, a été imposé par Patrick Drahi, le dirigeant d'Altice. Il y a un mois, les trois opérateurs avaient trouvé un terrain d'entente avec Altice France sur une valorisation de l'entreprise à 20,35 milliards d'euros. Cette proposition représentait une augmentation significative par rapport à une offre initiale formulée le 14 octobre 2025, qui s'élevait à 17 milliards d'euros, et a permis d'obtenir une rallonge de 3,35 milliards d'euros. La complexité inhérente à une opération de cette envergure, impliquant la division des actifs de l'opérateur entre trois entités, rend la concrétisation dans le délai initial particulièrement ardue. Les discussions portent sur une multitude de points techniques et juridiques, nécessitant une attention méticuleuse pour satisfaire toutes les parties et anticiper les exigences réglementaires.

Des salariés sous tension face à l'incertitude

Parallèlement aux tractations financières et stratégiques, la perspective du rachat de SFR jette une ombre sur le moral de ses employés. Une enquête sur les risques psychosociaux, menée entre le 8 et le 30 janvier par le cabinet Sextant à la demande du comité social et économique central, révèle une situation préoccupante. Sur près de 6 600 salariés interrogés, 44 % ont répondu au questionnaire. Les résultats indiquent que 715 d'entre eux, soit près d'un quart des répondants, "présentent un risque très élevé ou élevé d’épuisement professionnel (burn-out)". De plus, 567 salariés (20 %) ont déclaré s'être vu proposer un ou plusieurs arrêts de travail liés à leur activité professionnelle au cours des douze derniers mois. L'enquête met également en lumière que 19 % des salariés manifestent des signes de symptômes dépressifs. Les conditions de travail font l'objet de vives critiques, avec des employés déplorant le manque de temps, de moyens, ou encore la dégradation des relations sociales. L'inquiétude la plus prégnante concerne la sécurité de l'emploi: 81 % des répondants redoutent de perdre leur poste, dans un contexte où le projet des acquéreurs consiste à démanteler SFR pour se répartir ses activités.

Bouygues Telecom: résultats trimestriels contrastés

Sur le plan financier, Bouygues Telecom a enregistré une aggravation de sa perte nette au premier trimestre, atteignant 13 millions d'euros, contre 5 millions d'euros un an plus tôt. Cette détérioration intervient malgré une progression de 2 % de son chiffre d'affaires, qui s'élève désormais à 2 milliards d'euros. L'indicateur de rentabilité clé, l'excédent brut d'exploitation après loyer (Ebitdaal), est resté stable à 415 millions d'euros. La contribution de Bouygues Telecom à ce résultat pour l'ensemble du groupe Bouygues est donc restée inchangée par rapport à la période précédente. Malgré ces chiffres, Bouygues Telecom a confirmé ses objectifs pour l'ensemble de l'année 2026, visant un Ebitdaal proche de celui enregistré en 2025. Cette projection souligne la confiance du groupe dans sa capacité à maintenir sa performance opérationnelle malgré les défis actuels du marché et les incertitudes liées au rachat de SFR.

À retenir

  • Les négociations exclusives pour le rachat de SFR par Bouygues Telecom, Orange et Iliad se poursuivent activement, malgré un calendrier initialement serré.
  • Le prix d'acquisition convenu s'élève à 20,35 milliards d'euros, mais des détails cruciaux restent à régler.
  • Une enquête révèle un risque élevé d'épuisement professionnel chez près d'un quart des salariés de SFR, qui redoutent massivement de perdre leur emploi.
  • Le démantèlement prévu de SFR par les trois acquéreurs suscite des craintes sociales importantes au sein de l'entreprise.
  • Bouygues Telecom a vu sa perte nette s'accroître au premier trimestre, bien que ses objectifs annuels restent confirmés.
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