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Sophie Binet interpelle le Premier ministre sur l'urgence sociale face à la guerre au Moyen-Orient

La secrétaire générale de la CGT réclame des mesures d'ampleur pour les salariés et retraités, alors que l'inflation atteint 2,2% et que le gouvernement annonce une revalorisation du Smic.

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Sophie Binet interpelle le Premier ministre sur l'urgence sociale face à la guerre au Moyen-Orient
La secrétaire générale de la CGT réclame des mesures d'ampleur pour les salariés et retraités, alors que l'inflation attCrédit · BFM

Les faits

  • Sophie Binet a adressé une lettre au Premier ministre Sébastien Lecornu le 1er mai.
  • L'inflation en France est de 2,2% sur un an en avril, tirée par une hausse de 14% des prix de l'énergie.
  • Le ministre de l'Économie Roland Lescure a annoncé une augmentation du Smic d'au moins 2% au 1er juin.
  • La CGT demande une revalorisation des fonctionnaires, dont le salaire a décroché de 12% en six ans.
  • Les inégalités salariales entre hommes et femmes en France s'élèvent à 22%.
  • La CGT propose un mécanisme de revalorisation des prestations calqué sur le Smic quand l'inflation dépasse 2%.
  • Environ 300 manifestants ont défilé à Chalon-sur-Saône pour le 1er mai.
  • Stéphane Uny, secrétaire général de l'union locale CGT, a dénoncé la porosité entre capitalisme et opinions racistes.

Une lettre pour briser le silence

Sophie Binet a sonné l'alerte ce 1er mai, journée internationale des travailleurs, en adressant une lettre au Premier ministre Sébastien Lecornu. La secrétaire générale de la CGT y dénonce la détérioration de la situation des salariés et des retraités en France, exacerbée par les conséquences économiques du conflit au Moyen-Orient. « Arrêter de faire l'autruche et prendre des mesures d’ampleur car cette crise va s’inscrire dans la durée », a-t-elle plaidé sur France Inter. La lettre intervient dans un contexte de tensions sociales et de débats autour du caractère chômé du 1er mai. La CGT et la CFDT ont fait de cette journée un moment fort pour remettre les salaires au cœur des préoccupations.

L'inflation et la revalorisation du Smic

L'Insee a évalué l'inflation à 2,2% sur un an en avril, largement tirée par les prix de l'énergie qui ont bondi de 14%. Jeudi soir, le ministre de l'Économie Roland Lescure a annoncé sur RTL « une augmentation du Smic le 1er juin d'au moins 2% » si les chiffres de l'inflation se confirment au 13 mai. Cette revalorisation, en plus de celle annuelle du 1er janvier, est rendue possible par le mécanisme d'indexation du Smic sur l'indice national des prix à la consommation. « C'est le modèle social qui fonctionne. Il n'y a pas un pays dans le monde dans lequel ça arrive. Les faibles rémunérations sont protégées contre l'inflation, il faut le saluer », a souligné Roland Lescure. Mais pour Sophie Binet, cette hausse risque de ne pas suffire.

Fonctionnaires et inégalités salariales

Sophie Binet appelle également à revaloriser les fonctionnaires français, « qui sont parmi les moins bien payés des pays de l'OCDE » et dont le salaire « a décroché de 12% » depuis six ans. Elle déplore que le gouvernement ait refusé d'agir sur les profits et les salaires en 2022, entraînant un « déclassement généralisé du monde du travail ». Dans sa lettre, elle regrette que la transparence salariale ne soit « toujours pas à l'agenda parlementaire », alors qu'une directive européenne doit être transposée en juin 2026. Cette directive pourrait, selon elle, « faire reculer les inégalités salariales en France qui s'élèvent toujours à 22% ».

Pensions et minima sociaux

Outre les salaires, la secrétaire générale de la CGT presse le Premier ministre de revaloriser les pensions et les minima sociaux. S'appuyant sur les travaux du Haut conseil de la famille, de l'enfance et de l'âge (HCFEA), elle suggère « un mécanisme de revalorisation des prestations calqué sur le Smic, dès lors que l'inflation dépasse les 2% ». Concernant les retraites complémentaires et les allocations chômage, la CGT se dit prête à ouvrir des négociations avec les autres organisations représentatives, mais se heurte au refus des organisations patronales, selon la lettre.

Mobilisation dans les rues

Le traditionnel défilé du 1er mai a rassemblé environ 300 personnes à Chalon-sur-Saône, avec un départ place de Beaune. Le parcours, réduit en raison de la mobilisation des forces de l'ordre à Mâcon, a traversé la grande rue, la rue du Chatelet et la rue Leclerc, avec une prise de parole devant la sous-préfecture. Stéphane Uny, secrétaire général de l'union locale CGT, a dénoncé « la frontière de plus en plus poreuse entre le capitalisme et les opinions politiques racistes ». Il a critiqué les votes favorables du RN aux « exigences du grand patronnat », affirmant qu'« un salarié qui vote RN creuse sa tombe et celle des travailleurs ».

Revendications pour la paix et contre l'extrême droite

En plus des revendications salariales, la CGT et Solidaires ont fait de la manifestation un appel à dire « non » à la guerre et au RN. Stéphane Uny a demandé l'indexation des salaires et pensions sur l'inflation réelle, et exigé que « pas 1 euro n'aille aux entreprises d'armement ». Le défilé s'est terminé place de Beaune, tandis que FO organisait un barbecue à la maison des syndicats de Chalon. La journée du 1er mai a ainsi été marquée par une convergence des luttes sociales et pacifistes.

L'urgence d'une réponse gouvernementale

Sophie Binet appelle le gouvernement à ne pas ignorer la gravité de la situation. Alors que l'inflation persiste et que les prix de l'énergie flambent, les mesures annoncées pour le Smic pourraient être insuffisantes face à la détérioration du pouvoir d'achat. La CGT met en garde contre un « tassement salarial très important » qui a un impact négatif sur l'économie, avec moins de consommation et des difficultés pour les entreprises. La balle est désormais dans le camp de Sébastien Lecornu, qui devra répondre aux demandes de la centrale syndicale dans les semaines à venir.

À retenir

  • Sophie Binet a interpellé le Premier ministre par lettre le 1er mai, réclamant des mesures urgentes pour les salariés et retraités.
  • L'inflation atteint 2,2% en avril, avec une hausse de 14% des prix de l'énergie.
  • Le Smic sera revalorisé d'au moins 2% au 1er juin, mais la CGT juge cela insuffisant.
  • Les fonctionnaires ont perdu 12% de pouvoir d'achat en six ans, et les inégalités salariales femmes-hommes restent à 22%.
  • La CGT propose d'indexer les prestations sociales sur le Smic lorsque l'inflation dépasse 2%.
  • Les manifestations du 1er mai ont mêlé revendications sociales et appels à la paix, avec des critiques contre le RN.
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