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Trois morts sur un navire de croisière : le hantavirus Andes suspecté dans une épidémie en plein Atlantique

Le MV Hondius, avec 147 personnes à bord, est en quarantaine au large du Cap-Vert après la confirmation de deux cas de hantavirus et cinq cas suspects, dont trois décès.

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Trois morts sur un navire de croisière : le hantavirus Andes suspecté dans une épidémie en plein Atlantique
Le MV Hondius, avec 147 personnes à bord, est en quarantaine au large du Cap-Vert après la confirmation de deux cas de hCrédit · The New York Times

Les faits

  • Le 2 mai 2026, l'OMS a signalé une épidémie de maladie respiratoire grave à bord du MV Hondius.
  • Sept cas de hantavirus ont été identifiés au 4 mai: deux confirmés, cinq suspects, dont trois décès.
  • Le navire transportait 147 passagers et membres d'équipage après avoir quitté Ushuaia, en Argentine.
  • Le virus suspecté est le hantavirus Andes, capable de transmission interhumaine limitée.
  • Le MV Hondius est en quarantaine au large du Cap-Vert, l'accostage ayant été refusé.
  • Le hantavirus affecte plus de 200 000 personnes chaque année dans le monde.
  • Le virus Andes provoque le syndrome cardiopulmonaire à hantavirus (SCPH), avec une mortalité élevée.

Une épidémie mortelle en pleine mer

Le 2 mai 2026, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé une alerte sanitaire après la détection de plusieurs cas de détresse respiratoire sévère à bord du MV Hondius, un navire de croisière néerlandais. Deux jours plus tard, le bilan s'alourdit: sept personnes infectées par le hantavirus, dont deux cas confirmés en laboratoire et cinq suspects, trois décès, un patient en soins intensifs et trois autres présentant des symptômes bénins. Le navire, qui transportait 147 passagers et membres d'équipage, naviguait de l'hémisphère sud vers l'Arctique après avoir achevé sa saison en Antarctique. Parti d'Ushuaia, en Argentine, il avait fait escale à l'île de Sainte-Hélène avant de mettre le cap vers le nord de l'Europe. Mais l'épidémie a contraint le commandant à demander l'accostage d'urgence au Cap-Vert, où les autorités ont refusé le débarquement par mesure de sécurité.

Le virus Andes, un tueur pulmonaire

Le principal suspect est le hantavirus Andes, une souche particulièrement dangereuse qui attaque les poumons et provoque le syndrome cardiopulmonaire à hantavirus (SCPH), également appelé syndrome pulmonaire à hantavirus (HPS). Ce virus, endémique en Amérique du Sud, se transmet principalement par inhalation d'aérosols contaminés par l'urine, les excréments ou la salive de rongeurs infectés. Contrairement à d'autres hantavirus, le virus Andes a démontré une capacité limitée de transmission interhumaine, lors de contacts très étroits avec une personne symptomatique. Cette particularité a été observée lors d'épidémies antérieures, ce qui pourrait expliquer la propagation à bord du navire, où les passagers et l'équipage vivent dans des espaces confinés.

L'équipage et les passagers dans l'attente

la compagnie propriétaire du MV Hondius, environ 149 personnes – passagers et membres d'équipage – restent bloquées à bord sous « mesures de précaution strictes », en attendant de trouver un lieu de débarquement. L'ambiance à bord est décrite comme bonne, mais l'incertitude grandit. Le vlogueur de voyage Jake Rosmarin, présent sur le navire, a témoigné sur les réseaux sociaux: « Il y a beaucoup d'incertitude, et c'est la partie la plus difficile. » Les autorités du Cap-Vert ont interdit tout débarquement, et le navire reste en quarantaine au large de l'archipel.

Un virus mondial, des foyers régionaux

Les hantavirus, appartenant au genre Orthohantavirus, touchent plus de 200 000 personnes chaque année dans le monde. Ils provoquent deux types de maladies graves: la fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR) en Europe et en Asie, et le syndrome cardiopulmonaire à hantavirus (SCPH) en Amérique. Les rongeurs sont les principaux réservoirs, mais des études ont montré que les chauves-souris, les taupes, les musaraignes, les reptiles et même les poissons peuvent être porteurs. En Europe, le virus Puumala (PUUV) et le virus Dobrava-Belgarde (DOBV) causent une forme plus bénigne de FHSR, appelée néphropathie épidémique, avec une mortalité d'environ 1 %. Plus de 90 % des cas européens se concentrent en Finlande, Allemagne, Suède, France et Croatie. En Asie, le virus Hantaan et le virus de Séoul (SEOV) infectent principalement les reins, avec un foyer majeur dans la province chinoise du Shaanxi.

Pas de traitement spécifique, une prévention essentielle

Il n'existe aucun traitement curatif contre les infections à hantavirus. Les premiers symptômes – fatigue, fièvre, douleurs musculaires – apparaissent entre une et huit semaines après l'exposition. Les formes graves peuvent évoluer rapidement vers une détresse respiratoire ou rénale. La prévention repose sur l'évitement du contact avec les rongeurs et leurs excréments. Les particules virales peuvent rester infectieuses jusqu'à quinze jours dans la litière des campagnols roussâtres (Myodes glareolus), réservoir du virus Puumala, et jusqu'à cinq jours dans un environnement humide à température ambiante. Les autorités sanitaires recommandent une vigilance accrue dans les zones infestées, notamment lors du nettoyage de locaux fermés.

Des questions en suspens sur la transmission à bord

L'épidémie du MV Hondius soulève des interrogations sur la dynamique de transmission du virus Andes dans un espace confiné. Si la contamination initiale a probablement eu lieu par contact avec des rongeurs lors des escales, la propagation entre humains reste une hypothèse sérieuse, compte tenu des cas groupés. L'OMS suit la situation de près, tandis que les autorités maritimes et sanitaires cherchent une solution pour les passagers bloqués. Le navire devait initialement rejoindre le nord de l'Europe pour la saison arctique; son avenir immédiat est désormais incertain. La communauté scientifique attend les résultats des analyses génétiques pour confirmer la souche en cause et évaluer le risque de transmission interhumaine.

À retenir

  • Le MV Hondius, avec 147 personnes à bord, est en quarantaine au large du Cap-Vert après une épidémie de hantavirus ayant causé trois morts.
  • Le virus Andes, suspecté, est capable de transmission interhumaine limitée, ce qui pourrait expliquer la propagation à bord.
  • Les hantavirus touchent plus de 200 000 personnes par an dans le monde, avec des formes cliniques variant selon les régions.
  • Il n'existe pas de traitement spécifique; la prévention repose sur l'évitement des rongeurs et de leurs excréments.
  • Les autorités sanitaires et maritimes cherchent une solution pour débarquer les passagers, tandis que l'OMS surveille la situation.
  • L'épidémie soulève des questions sur la transmission du virus Andes en milieu confiné, nécessitant des analyses génétiques approfondies.
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