Au Met Gala 2026, le corps comme toile : prothèses, armures et jardins de la Renaissance
Pour son édition 2026, le gala du Costume Institute a transformé le Metropolitan Museum en jardin italien, où les célébrités ont exploré la notion de corps artificiel, entre sculptures anatomiques et prothèses extravagantes.

LEBANON —
Les faits
- Le thème du Met Gala 2026 est « Costume Art », explorant le corps habillé comme forme d'art.
- La décoratrice Raúl Àvila, assistée de Baz Luhrmann et Derek McLane, a conçu un décor de jardin Renaissance italien.
- Le tapis rouge a été remplacé par une allée peinte à la main imitant un chemin de pierre et de mousse.
- Beyoncé a fait sa première apparition au Met Gala en dix ans, portant une robe d'Olivier Rousteing à cape de plumes et squelette orné.
- Bad Bunny s'est présenté avec des prothèses faciales complètes, devenant méconnaissable.
- La galerie Condé M. Nast du Costume Institute a été inaugurée avec une exposition centrée sur le corps habillé.
- Blue Ivy Carter, 14 ans, était l'une des plus jeunes invitées, dérogeant à la règle des 18 ans.
- Le gala a levé des fonds pour le Costume Institute du Metropolitan Museum of Art.
Un jardin de la Renaissance pour accueillir l'art du costume
Le Met Gala 2026 a ouvert ses portes sous le signe du « Costume Art », un thème qui interroge la manière dont le vêtement transforme le corps en œuvre d'art. Pour incarner cette vision, les décorateurs Raúl Àvila, Baz Luhrmann et Derek McLane ont choisi de recréer un jardin de la Renaissance italienne au sein du Metropolitan Museum. Le tapis rouge, élément central de l'événement, a été remplacé par une allée peinte à la main évoquant un chemin de pierre ancien, parsemé de mousse, donnant l'impression d'exister depuis des siècles. Des branches de glycine encadrent la structure, créant une atmosphère romantique et printanière. « C'est doux, romantique, cela dit le printemps », explique Derek McLane. Cette mise en scène immersive vise à placer les invités – et leurs tenues – dans un cadre digne d'une toile de maître, en écho à l'ouverture des nouvelles galeries Condé M. Nast du Costume Institute.
Beyoncé, Rihanna et les autres: les stars au rendez-vous
La liste des invités était particulièrement étoilée cette année, avec des co-présidents de renom: Beyoncé, Nicole Kidman, Venus Williams et Anna Wintour. Beyoncé, absente depuis dix ans, a fait une entrée remarquée aux côtés de son mari Jay-Z et de sa fille Blue Ivy, âgée de 14 ans – une exception à la règle des 18 ans. Sa robe, signée Olivier Rousteing, mêlait un squelette orné de cristaux à une cape de plumes géante. « C'est formidable d'être ici avec ma fille et mon mari », a-t-elle déclaré. Rihanna est arrivée en retard, accompagnée de A$AP Rocky, tandis que d'autres stars comme Naomi Osaka, Angela Bassett, Madonna et Sabrina Carpenter ont défilé sur le tapis. Certaines, comme Bad Bunny, Heidi Klum et Katy Perry, étaient méconnaissables, ayant poussé le thème du costume jusqu'à la transformation complète.
Prothèses et corps artificiels: la mode dépasse la nudité
Contrairement aux attentes, les robes transparentes – omniprésentes en 2025 – ont cédé la place à une exploration du corps artificiel. Bad Bunny, affublé de prothèses faciales, est apparu en vieil homme, tandis que Heidi Klum s'est enduite d'albâtre. Kylie Jenner portait un corset sculpté à deux couches, l'une nue avec des tétons et un nombril modelés, l'autre en brocart blanc se décollant. Kendall Jenner arborait une robe Gap Studio par Zac Posen évoquant un T-shirt mouillé, avec un soutien-gorge à bout moulé. Kim Kardashian, fondatrice de Skims, a choisi une création d'Allen Jones et Patrick Whitaker: un bustier doré aux seins coniques et un ventre sculpté. Hailey Bieber (Saint Laurent) et Yseult (Harris Reed) ont également adopté des plastrons anatomiques, tandis que Donatella Versace portait une robe à corset aux hanches exagérées. Des mains supplémentaires ornaient les tenues de Lena Mahfouf (Burc Akyol) et Nichapat Suphap (Robert Wun), ajoutant une dimension surréaliste.
L'exposition « Costume Art »: déconstruire les idéaux de beauté
Le gala a marqué l'inauguration de l'exposition de printemps du Costume Institute, intitulée « Costume Art ». Celle-ci est organisée autour du corps habillé, décliné en neuf sections: enceint, nu, classique, mortel, abstrait, anatomique, handicapé, vieillissant et corpulent. L'objectif est de déconstruire les standards de beauté rigides qui prévalent aujourd'hui. À l'entrée, un dispositif compare les plastrons sculptés des guerriers gréco-romains aux créations contemporaines, comme les épaules et hanches rembourrées du New Look de Christian Dior ou le buste arrière de Daniel Roseberry pour Schiaparelli, orné d'un cœur en cristal. « La mode est fascinée par le corps humain, mais parfois, porter le corps d'un autre permet de faire une déclaration », analyse un observateur. Ces structures, qu'elles soient sur le tapis rouge ou sous verre, agissent comme une armure, créant une façade parfaite et impénétrable.
Un gala sous le signe de la performance et de la tradition
La soirée a débuté avec une performance de Joshua Henry, star de Broadway, qui a interprété « I Wanna Dance With Somebody » sur les marches du musée, transformées en briques moussues. Le gala, qui est une collecte de fonds pour le Costume Institute, a une nouvelle fois démontré sa capacité à mêler spectacle, mode et art. Les invités ont été invités à expérimenter avec le code vestimentaire « costume art », mêlant luxe et fantaisie. Parmi les absents notables, Taylor Swift et Timothée Chalamet ont décliné l'invitation, ce dernier ayant choisi d'assister à un match des Knicks de New York. La soirée s'est poursuivie avec des after-parties, où les looks les plus audacieux ont été célébrés.
Vers une redéfinition du corps dans la mode
Le Met Gala 2026 restera comme celui où le corps nu a cédé la place au corps artificiel. En choisissant de représenter des anatomies idéalisées ou fantastiques, les célébrités ont interrogé les normes esthétiques contemporaines. L'exposition du Costume Institute prolonge cette réflexion en confrontant les canons antiques aux créations modernes. « Sous toutes ces critiques, j'aurais envie de revêtir une armure, ou d'ajouter une main secourable à ma tenue », confie un chroniqueur. Alors que les réseaux sociaux et l'ère des GLP-1 ont popularisé la nudité, le gala de cette année a prouvé que le corps, même habillé, reste un territoire d'expérimentation infini. La mode, une fois de plus, se fait le miroir des obsessions de son temps.
À retenir
- Le thème « Costume Art » a poussé les célébrités à explorer le corps artificiel via prothèses, sculptures anatomiques et armures, délaissant les robes transparentes.
- Le décor de jardin Renaissance italienne, avec un tapis peint main, a créé une immersion artistique unique.
- Beyoncé, Rihanna, Bad Bunny et Kim Kardashian ont marqué la soirée par leurs looks audacieux et leurs transformations.
- L'exposition du Costume Institute déconstruit les idéaux de beauté en neuf sections thématiques, du corps enceint au corps vieillissant.
- Le gala a levé des fonds pour le Costume Institute tout en inaugurant les nouvelles galeries Condé M. Nast.
- L'événement confirme la mode comme un art à part entière, capable de questionner les normes sociales et esthétiques.







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