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Au Maroc, le prix du charbon flambe à 20 dirhams le kilo à l'approche de l'Aïd al-Adha

L'Observatoire marocain de protection des consommateurs dénonce une hausse de 185 % et réclame une intervention urgente des autorités.

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Au Maroc, le prix du charbon flambe à 20 dirhams le kilo à l'approche de l'Aïd al-Adha
L'Observatoire marocain de protection des consommateurs dénonce une hausse de 185 % et réclame une intervention urgente Crédit · Le360

Les faits

  • Le prix du charbon est passé de 7 à 20 dirhams le kg en quelques semaines.
  • La hausse atteint 185 %, selon l'Observatoire marocain de protection des consommateurs (OMPC).
  • La demande saisonnière a augmenté de plus de 60 % avant l'Aïd.
  • Des écarts de prix allant jusqu'à 8 dirhams sont constatés entre différentes villes.
  • La marge bénéficiaire entre le gros et le détail atteint 70 % dans certains cas.
  • L'OMPC appelle à l'application de la loi 104.12 sur les pratiques commerciales.

Une flambée vertigineuse à l'approche de la fête

À quelques semaines de l'Aïd al-Adha, le prix du charbon s'envole au Maroc, passant de 7 à 20 dirhams le kilogramme. Cette augmentation de plus de 185 % suscite l'indignation de l'Observatoire marocain de protection des consommateurs (OMPC), qui y voit le résultat d'une « spéculation effrénée » et de ventes informelles sur un « marché noir ». Le charbon, produit indispensable pour les grillades de la fête, devient ainsi une charge supplémentaire pour les ménages. L'OMPC dénonce une situation qui « pèse lourdement sur le pouvoir d'achat des Marocains » et révèle des « dysfonctionnements profonds dans la chaîne d'approvisionnement ».

Des causes qui ne tiennent ni à la qualité ni à la pénurie

Selon l'OMPC, cette hausse ne s'explique ni par une amélioration de la qualité du charbon ni par une pénurie réelle. Les données de terrain indiquent au contraire une « abondance relative dans certaines régions », tandis que d'autres connaissent des perturbations logistiques mineures. « Le déséquilibre du marché est flagrant: la spéculation y joue un rôle bien plus important que l'offre et la demande réelle », analyse l'observatoire. Les intempéries et inondations ont certes affecté certaines routes et zones de stockage, mais leur impact reste limité et ne justifie pas une telle flambée.

Des pratiques spéculatives pointées du doigt

L'OMPC identifie plusieurs pratiques abusives: une restriction artificielle des quantités sur les marchés de gros, une multiplication des intermédiaires qui gonflent excessivement leurs marges, et une absence quasi-totale d'affichage des prix dans certains points de vente. « Dans certains cas, la marge bénéficiaire atteint 70 % entre le prix de gros et celui au détail, sans aucune justification », s'indigne l'ONG. Ces pratiques privent les consommateurs de toute visibilité et les exposent à des abus.

Trois phénomènes conjugués expliquent la flambée

Pour l'OMPC, cette hausse des prix résulte de trois phénomènes principaux: une spéculation saisonnière, une rareté artificiellement maintenue, et des dysfonctionnements de la chaîne de distribution. L'organisation dénonce une exploitation systématique des fêtes religieuses pour placer les consommateurs sous pression financière. « Si aucune mesure forte n'est prise rapidement, nous risquons de nous installer dans un cycle de flambées saisonnières récurrentes, érodant la confiance dans le marché et appauvrissant davantage les ménages », met en garde l'OMPC.

L'appel à une intervention urgente des autorités

L'OMPC réclame une « intervention urgente et multidimensionnelle des autorités », incluant une surveillance stricte, des sanctions légales, et une transparence totale sur les stocks et les circuits de distribution. Parmi les mesures préconisées figurent le démantèlement des réseaux de stockage illégal, l'identification des « points noirs » où sévit la spéculation, et un contrôle accru des marges bénéficiaires. « Il est impératif d'activer de manière rigoureuse la loi 104.12, qui encadre les pratiques commerciales, et de traquer les intermédiaires injustifiés qui alourdissent inutilement les coûts », insiste l'ONG. L'organisation interpelle particulièrement le ministère de l'Intérieur pour briser les pratiques monopolistiques dans certaines régions, et le ministère de l'Agriculture pour publier des données fiables sur l'offre.

Un cycle de flambées saisonnières à craindre

L'OMPC avertit que sans action déterminée, les Marocains pourraient subir des hausses de prix récurrentes à chaque fête religieuse. L'organisation appelle à une « action coordonnée et déterminée » pour rétablir l'équilibre du marché et protéger les consommateurs. « Seule une intervention rapide pourra rétablir l'équilibre du marché et protéger les consommateurs », conclut l'OMPC. La balle est désormais dans le camp des autorités, alors que les ménages marocains se préparent à célébrer l'Aïd al-Adha dans un contexte de tension sur le pouvoir d'achat.

À retenir

  • Le prix du charbon a bondi de 185 % en quelques semaines, passant de 7 à 20 dirhams le kg.
  • L'OMPC attribue cette hausse à une spéculation saisonnière et à des dysfonctionnements de la distribution, non à une pénurie réelle.
  • Des écarts de prix de 8 dirhams entre villes et des marges bénéficiaires de 70 % sont constatés.
  • L'ONG réclame l'application de la loi 104.12 et le démantèlement des réseaux de stockage illégal.
  • Sans intervention, le Maroc risque un cycle de flambées saisonnières récurrentes lors des fêtes religieuses.
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