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Christopher Landau relance le projet de soutien américain aux entreprises au Sahara

Le secrétaire d'État adjoint américain annonce à Rabat une aide financière via la DFC pour les investisseurs, relançant un projet gelé depuis 2021.

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Christopher Landau relance le projet de soutien américain aux entreprises au Sahara
Le secrétaire d'État adjoint américain annonce à Rabat une aide financière via la DFC pour les investisseurs, relançant Crédit · Le Desk

Les faits

  • Christopher Landau, secrétaire d'État adjoint américain, a clos une tournée de cinq jours au Maghreb le 1er mai 2026.
  • Landau a réitéré l'appui américain à l'intégrité territoriale du Maroc et relancé le soutien aux entreprises américaines au Sahara.
  • Le projet de consulat américain à Dakhla, annoncé en janvier 2021, n'a jamais été réalisé sous l'administration Biden.
  • La DFC (U.S. International Development Finance Corporation) doit activer une enveloppe financière pour aider les investisseurs américains au Sahara.
  • La résolution 2797 du Conseil de sécurité de l'ONU, adoptée le 31 octobre 2025, consacre l'autonomie du Sahara sous souveraineté marocaine.
  • Algérie n'a pas été conviée à la réunion ministérielle du 4 février 2026 organisée par l'administration Trump.
  • L'ambassadeur algérien à Washington, Sabri Boukadoum, a proposé les réserves de minerais critiques de l'Algérie aux États-Unis.

Une tournée régionale aux résultats contrastés

Christopher Landau, numéro deux de la diplomatie américaine, a achevé vendredi 1er mai 2026 une tournée de cinq jours au Maghreb. Après avoir visité Alger les 27 et 28 avril, il s'est rendu à Rabat le 29 avril pour la dernière étape de son périple. Les objectifs de cette tournée avaient été fixés par le département d'État le 24 avril: en Algérie, il s'agissait d'approfondir la relation bilatérale, notamment en matière de sécurité régionale et d'accords commerciaux avec des entreprises américaines. Au Maroc, l'accent était mis sur le renforcement de la coordination technologique et spatiale, ainsi que sur la coopération sécuritaire de longue date. Les résultats, selon la communication publique américaine, sont éminemment positifs pour Rabat.

Le Sahara, test concret du retour américain

Lors d'un point presse le 29 avril aux côtés du ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita, Landau a réitéré l'appui américain à l'intégrité territoriale du Maroc. Il a surtout relancé la question du soutien aux entreprises américaines souhaitant investir au Sahara, un projet en suspens depuis la reconnaissance par Washington de la souveraineté marocaine en décembre 2020. L'idée initiale était de faire du Sahara le principal point d'entrée économique des États-Unis en Afrique de l'Ouest. Pour cela, une antenne de la DFC (U.S. International Development Finance Corporation) devait être installée à Dakhla, au sein du futur consulat américain annoncé en janvier 2021. Mais le consulat n'a jamais vu le jour sous l'administration Biden, et les budgets de la DFC sont restés lettre morte. L'annonce de Landau vient donc concrétiser des informations d'Africa Intelligence sur l'activation d'une enveloppe financière de la DFC pour les investisseurs américains.

Des secteurs d'investissement ouverts à tous les projets bancables

Les domaines d'intervention de la DFC au Sahara avaient été énumérés lors de l'annonce initiale: agriculture, santé, industrie, eau et assainissement, énergies propres. Mais selon des sources proches du dossier, il n'y a pas de délimitation sectorielle stricte. Tout projet bancable pourra bénéficier du soutien de la DFC. Cette flexibilité vise à attirer un maximum d'investisseurs américains dans la région. Cette relance s'inscrit dans un momentum favorable depuis le retour de Donald Trump à la présidence en janvier 2025. Washington a notamment fait pression pour l'adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l'ONU le 31 octobre 2025, qui consacre pour la première fois l'autonomie du Sahara sous souveraineté marocaine comme base de négociation.

Alger, malgré les gages, reste à distance

L'Algérie, qui cherche depuis plus de cinquante ans à entraver l'intégrité territoriale du Maroc, voit la première puissance mondiale lui forcer la main. Pourtant, Alger a multiplié les gestes envers Washington, notamment en proposant ses riches réserves de minerais critiques par la voix de son ambassadeur Sabri Boukadoum. Mais ces offres n'ont pas suffi: l'Algérie n'a même pas été conviée à la réunion ministérielle organisée par l'administration Trump le 4 février 2026, à laquelle le Maroc a activement participé via Nasser Bourita. "Ce que nos amis algériens ne comprennent pas, c'est que la relation entre le Maroc et les États-Unis est autrement stratégique", confie une source diplomatique. "Les intérêts sont présents dans l'équation, mais ils ne conditionnent pas seuls la solidité de notre coopération bilatérale."

Un nouveau chapitre dans l'alliance américano-marocaine

Les annonces de Landau marquent un nouveau cap dans la relation entre Washington et Rabat, passant de la reconnaissance politique à l'ancrage économique. Le soutien américain à l'intégrité territoriale du Maroc se double désormais d'un engagement financier concret via la DFC. Cette évolution s'inscrit dans un contexte de consolidation tous azimuts de l'alliance bilatérale, au grand dam d'Alger qui tente en vain une contre-offensive diplomatique. "Cette situation ne peut attendre encore 50, 150 ou 200 ans pour être résolue", a souligné Landau à Rabat, faisant référence au différend régional du Sahara. Une déclaration qui laisse présager une accélération du processus diplomatique sous l'égide des États-Unis.

À retenir

  • Christopher Landau a relancé le soutien américain aux entreprises au Sahara via la DFC, après des années de gel sous l'administration Biden.
  • Le projet de consulat américain à Dakhla, annoncé en 2021, reste en suspens, mais l'activation de l'enveloppe DFC pourrait le relancer.
  • La résolution 2797 de l'ONU (octobre 2025) a consacré l'autonomie du Sahara sous souveraineté marocaine, renforçant la position de Rabat.
  • L'Algérie, malgré ses offres de minerais critiques, reste exclue des discussions clés entre Washington et Rabat.
  • La relation américano-marocaine se renforce sur les plans politique, économique et sécuritaire, marginalisant Alger.
  • L'administration Trump accélère le processus de résolution du conflit du Sahara, avec un soutien actif aux investissements américains dans la région.
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