Sciences

Hantavirus: un navire de croisière sous haute surveillance après des décès

Une épidémie suspectée à bord du MV Hondius, parti d'Argentine, a conduit à une prise en charge médicale des passagers et à l'attente d'une décision d'accostage.

4 min
Hantavirus: un navire de croisière sous haute surveillance après des décès
Une épidémie suspectée à bord du MV Hondius, parti d'Argentine, a conduit à une prise en charge médicale des passagers eCrédit · Le Monde.fr

Les faits

  • Le 3 mai 2026, l'OMS a alerté sur un possible foyer d'hantavirus à bord du MV Hondius.
  • Le navire transportait 147 passagers et membres d'équipage de 23 nationalités.
  • Trois décès sont confirmés parmi les personnes infectées, dont un couple de Néerlandais et une Allemande.
  • Une personne est en soins intensifs en Afrique du Sud.
  • Le navire est attendu dimanche à Tenerife pour une évacuation prévue début de semaine prochaine.
  • Le risque de propagation hors du navire est jugé faible par l'OMS.

Un navire de croisière sous le feu des projecteurs sanitaires

Le navire de croisière MV Hondius se trouve au centre d'une alerte sanitaire internationale. Le 3 mai 2026, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a signalé une suspicion de foyer d'infection à hantavirus à bord de l'embarcation. Parti d'Argentine avec pour destination le Cap-Vert, le navire transportait 147 personnes, passagers et membres d'équipage, représentant 23 nationalités différentes. La situation a rapidement conduit à une prise en charge médicale des personnes à bord, tandis que les autorités délibèrent sur la question de l'accostage.

Trois morts et une personne en soins intensifs

La situation à bord du MV Hondius s'est rapidement dégradée, entraînant plusieurs cas d'infection et des issues fatales. Selon les informations de l'OMS, trois personnes sont décédées depuis le début de la croisière. Il s'agit d'un couple de Néerlandais et d'une passagère allemande. Par ailleurs, une autre personne se trouve actuellement en soins intensifs en Afrique du Sud. Le premier décès recensé concernait un homme de 70 ans, le premier à manifester des symptômes grippaux. Son épouse, âgée de 69 ans, a également contracté la maladie et est décédée après son évacuation vers un hôpital de Johannesburg.

Le hantavirus, un virus aux multiples facettes

Les hantavirus constituent une vaste famille de virus présents sur tous les continents. Ils sont principalement véhiculés par les rongeurs sauvages, tels que les campagnols, mais peuvent aussi, plus rarement, infecter d'autres animaux. L'infection chez ces hôtes naturels est le plus souvent asymptomatique, mais ils peuvent transmettre le virus à l'homme. Les premiers cas humains identifiés remontent aux années 1950, lors d'une épidémie touchant des soldats américains pendant la guerre de Corée, d'où le nom du virus, dérivé de la rivière Hantaan. La transmission à l'homme se fait le plus souvent par inhalation de poussières contaminées par les excréments ou l'urine de rongeurs infectés, plus rarement par contact direct ou morsure.

Une souche argentine potentiellement transmissible interhumaine

Les analyses génétiques du virus, ou séquençage, ont pu être réalisées en parallèle des enquêtes épidémiologiques. Ces analyses ont révélé la présence de la souche dite des Andes, un type de hantavirus connu pour sa capacité, rare, à se transmettre d'une personne à l'autre. Cette transmission interhumaine a été observée pour la première fois en 1996 dans le sud de l'Argentine, sans toutefois provoquer d'épidémie majeure. La présence de cette souche spécifique à bord du MV Hondius soulève des questions sur la dynamique de propagation au sein du navire.

Un accostage en suspens et une évacuation programmée

Face à la situation sanitaire, le navire n'a pas été autorisé à accoster dans plusieurs ports. Il mouille actuellement au large de Praia, la capitale cap-verdienne, depuis dimanche. Le navire est attendu dimanche prochain à Tenerife, dans l'archipel espagnol des Canaries. Une évacuation des quelque 150 passagers et membres d'équipage est prévue pour le début de la semaine prochaine. Les trois cas suspects identifiés ont été débarqués à Praia dans la nuit de mardi à mercredi et conduits à l'aéroport pour y être pris en charge. Le ministère espagnol de la Santé a indiqué qu'aucune décision n'avait encore été prise concernant l'accostage du navire dans les Canaries.

Un risque de propagation jugé faible par l'OMS

Malgré la gravité de la situation et la présence d'une souche potentiellement transmissible entre humains, l'Organisation mondiale de la santé évalue le risque de propagation du hantavirus hors du navire comme faible. Cette évaluation repose sur les mesures de confinement mises en place et la prise en charge médicale des personnes affectées. La recherche continue pour mieux comprendre et prévenir ce virus, ainsi que pour développer des traitements plus efficaces. L'identification de la souche des Andes et sa capacité de transmission interhumaine restent des points d'attention majeurs pour les autorités sanitaires.

À retenir

  • Trois décès ont été confirmés à bord du navire de croisière MV Hondius suite à une infection par hantavirus.
  • Une souche du virus des Andes, potentiellement transmissible d'homme à homme, a été identifiée sur le navire.
  • Les passagers et l'équipage sont sous surveillance médicale et une évacuation est prévue à Tenerife.
  • L'OMS considère le risque de propagation du virus en dehors du navire comme faible.
  • Le navire était en route entre l'Argentine et le Cap-Vert avant que l'alerte sanitaire ne soit déclenchée le 3 mai 2026.
Galerie
Hantavirus: un navire de croisière sous haute surveillance après des décès — image 1
Pour aller plus loin