Tech

Au Maroc, les prix du gasoil et de l'essence reculent après des semaines de hausse

À partir du 1er mai, le litre de gasoil baisse d'un dirham et celui d'essence de 1,10 dirham, repassant sous la barre des 15 dirhams.

5 min
Au Maroc, les prix du gasoil et de l'essence reculent après des semaines de hausse
À partir du 1er mai, le litre de gasoil baisse d'un dirham et celui d'essence de 1,10 dirham, repassant sous la barre deCrédit · Le Matin.ma

Les faits

  • Baisse de 1 dirham par litre pour le gasoil et de 1,10 dirham pour l'essence à partir du 1er mai.
  • Les prix repassent sous la barre des 15 dirhams le litre.
  • Troisième hausse consécutive en avril, après celles du 16 mars et du 1er avril.
  • Le baril de Brent a atteint 125,36 dollars le 28 avril, en hausse de 6,2 %.
  • Le brut WTI américain s'établissait à 109,38 dollars le baril.
  • La fermeture du détroit d'Ormuz par l'Iran et les tensions géopolitiques au Moyen-Orient alimentent la volatilité.
  • Le Conseil de la concurrence n'a pas détecté de complot global mais évoque un alignement des horaires de hausse.
  • Plus de 90 % de probabilité que toutes les sociétés suivent la baisse, selon une source professionnelle.

Un répit après des mois de flambée

Après plusieurs semaines de hausse continue, les prix des carburants au Maroc amorcent un repli à compter du 1er mai. Le gasoil et l'essence repassent sous la barre des 15 dirhams le litre, avec des baisses respectives de 1 dirham et 1,10 dirham par litre. Cette baisse intervient après une série d'augmentations qui ont marqué les mois de mars et avril, où le gasoil avait grimpé de 1 dirham le 16 mars, puis de nouveau le 1er avril, et encore une troisième fois à la mi-avril. Les professionnels du secteur, interrogés par Hespress, confirment que la réduction de prix est effective dès les premières heures du vendredi 1er mai. Une source au sein de la Ligue nationale des propriétaires, vendeurs et directeurs des stations-service au Maroc indique que « le recul du prix des produits pétroliers touche, jusqu'au soir de ce jeudi, l'un des acteurs les plus célèbres parmi les sociétés commerciales actives sur le marché des hydrocarbures ». Cette même source ajoute que l'effort de baisse sera généralisé, avec un très léger décalage de prix selon la politique commerciale de chaque acteur.

Trois hausses en deux mois

La tendance haussière avait débuté le 16 mars, avec une première augmentation touchant à la fois le diesel et l'essence. Une deuxième hausse est intervenue le 1er avril, suivie d'une troisième à la mi-avril, portant le gasoil à plus de 15 dirhams le litre. Ces hausses successives s'expliquent en partie par la volatilité des marchés énergétiques internationaux, elle-même alimentée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. La fermeture du détroit d'Ormuz par l'Iran, en représailles au siège de ses ports par les États-Unis, a provoqué une flambée des cours du pétrole. Le baril de Brent, référence mondiale, a grimpé à plus de 125 dollars le 28 avril, contre près de 70 dollars à la veille de l'éclatement de la guerre fin février. Le brut WTI américain a également augmenté, atteignant 109,38 dollars le baril.

Un alignement des prix qui interroge

Si la baisse est une bonne nouvelle pour les consommateurs marocains, elle soulève des questions sur la synchronisation des décisions entre les différentes sociétés pétrolières. Ahmed Rahhou, président du Conseil de la concurrence, a déclaré à Hespress que « le Conseil n'a pas repéré de façon globale de complot clair entre les acteurs du secteur des hydrocarbures; mais il fait allusion à ce qui ressemble à un complot au sujet du choix d'un horaire unifié pour déclarer la hausse tous les 15 jours ». Rahhou a insisté sur la nécessité pour chaque acteur de choisir sa propre méthode et de modifier ses prix au moment qu'il juge opportun, selon ses propres données. La source professionnelle, elle, estime qu'il est « usuel et très habituel de voir le reste des sociétés suivre cette approche », et que « sur le plan historique, il ne s'est jamais produit de différence profonde entre les sociétés; les écarts sont le plus souvent très légers et minimes, et au bout du compte tout le monde suit la même démarche ».

Une probabilité de généralisation de la baisse

La même source a évalué à plus de 90 % la probabilité que la totalité des autres sociétés suivent cette modification vers la baisse du prix de vente aux pompes. « Il y a une très forte probabilité, qui dépasse les 90 pour cent, de voir la totalité des autres sociétés suivre cette modification vers la baisse du prix de vente aux pompes des stations », a-t-elle affirmé. Cette baisse intervient dans un contexte où le prix du Brent pour livraison en juin a augmenté de 6,2 % pour atteindre 125,36 dollars le baril, tandis que les contrats de livraison de juillet ont progressé de 3,1 % à 113,85 dollars. Le flou persiste quant à l'évolution de la guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran, qui en est à sa neuvième semaine, et à la levée du blocus du détroit d'Ormuz.

Conséquences pour les consommateurs marocains

Pour les automobilistes marocains, cette baisse représente un soulagement après des semaines de hausse qui avaient pesé sur le budget des ménages. Le gasoil, carburant le plus utilisé dans le royaume, repasse sous la barre des 15 dirhams le litre, un seuil psychologique important. La baisse de 1,10 dirham pour l'essence est également significative. Cependant, l'évolution des cours mondiaux du pétrole reste incertaine. Si les tensions géopolitiques persistent, une nouvelle hausse des prix à la pompe n'est pas à exclure. Les professionnels du secteur suivent de près l'évolution du marché international, tandis que le Conseil de la concurrence continue de surveiller les pratiques des acteurs pour garantir une concurrence loyale.

Perspectives incertaines

À court terme, la baisse annoncée devrait se généraliser à l'ensemble des stations-service du Maroc, comme le prédisent les sources professionnelles. Mais l'horizon reste assombri par les incertitudes géopolitiques. La guerre au Moyen-Orient, le siège des ports iraniens et la fermeture du détroit d'Ormuz continuent de peser sur les cours du brut. Le Conseil de la concurrence, de son côté, appelle à une plus grande transparence et à une individualisation des décisions de prix. La question de la formation des prix des carburants au Maroc, régulièrement source de controverses, reste au cœur des préoccupations des consommateurs et des autorités.

À retenir

  • Les prix du gasoil et de l'essence baissent respectivement de 1 dirham et 1,10 dirham par litre à partir du 1er mai, repassant sous les 15 dirhams.
  • Cette baisse fait suite à trois hausses consécutives en mars et avril, liées à la volatilité des marchés pétroliers internationaux.
  • Le baril de Brent a atteint 125,36 dollars le 28 avril, en hausse de 6,2 %, dans un contexte de tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
  • Le Conseil de la concurrence n'a pas détecté de complot global mais pointe un alignement suspect des horaires de hausse entre les sociétés.
  • La probabilité que toutes les sociétés suivent la baisse est estimée à plus de 90 % par les professionnels du secteur.
  • L'évolution future des prix dépendra de la résolution des conflits au Moyen-Orient et de la réouverture du détroit d'Ormuz.
Galerie
Au Maroc, les prix du gasoil et de l'essence reculent après des semaines de hausse — image 1Au Maroc, les prix du gasoil et de l'essence reculent après des semaines de hausse — image 2Au Maroc, les prix du gasoil et de l'essence reculent après des semaines de hausse — image 3Au Maroc, les prix du gasoil et de l'essence reculent après des semaines de hausse — image 4Au Maroc, les prix du gasoil et de l'essence reculent après des semaines de hausse — image 5
Pour aller plus loin