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Le roi Mohammed VI nomme son fils Moulay El Hassan coordinateur de l’état-major général des FAR

À 22 ans, le prince héritier reprend une fonction clé que son père avait occupée à partir de 1985, préparant ainsi sa succession au trône alaouite.

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Le roi Mohammed VI nomme son fils Moulay El Hassan coordinateur de l’état-major général des FAR
À 22 ans, le prince héritier reprend une fonction clé que son père avait occupée à partir de 1985, préparant ainsi sa suCrédit · MAP Express

Les faits

  • Nomination annoncée le 2 mai 2026 par le cabinet royal.
  • Moulay El Hassan, 22 ans, devient coordinateur des bureaux et services de l’état-major général des Forces armées royales.
  • Mohammed VI, 62 ans, avait lui-même occupé ce poste à partir de 1985, nommé par son père Hassan II.
  • Le prince héritier a été promu colonel-major en 2025, grade créé en 1972 par Hassan II.
  • Moulay El Hassan est étudiant à l’université polytechnique de Rabat.
  • Le roi est chef suprême et chef d’état-major général des FAR.

Une nomination qui s’inscrit dans une tradition dynastique

Le roi Mohammed VI a nommé samedi 2 mai 2026 son fils, le prince héritier Moulay El Hassan, au poste de coordinateur des bureaux et services de l’état-major général des Forces armées royales (FAR). L’annonce, faite par le cabinet royal et relayée par l’agence de presse officielle MAP, reproduit exactement la décision prise par Hassan II en 1985, lorsqu’il avait confié la même fonction à son propre fils, alors âgé de 22 ans. Le communiqué officiel précise que le souverain « a bien voulu nommer » le prince de 22 ans à ce poste clé, qui se trouve « au cœur de l’organigramme des hauts gradés des FAR ». Cette décision est perçue comme une étape majeure dans la préparation du jeune prince à ses futures responsabilités de chef de l’État.

Le prince héritier, un jeune homme préparé depuis sa naissance

Moulay El Hassan, né de l’union de Mohammed VI avec la princesse Lalla Salma, est préparé depuis sa naissance à monter sur le trône. Encore étudiant à l’université polytechnique de Rabat, il accompagne son père dans la plupart des activités officielles et le représente de plus en plus souvent lors d’événements et de cérémonies militaires. L’année dernière, il a été promu colonel-major, un grade créé en 1972 par le roi Hassan II, qui est le premier grade d’officier général et le dernier avant d’obtenir celui de général. Selon le journal Aldar, cette promotion « n’est pas seulement un symbole de continuité, mais aussi l’incarnation d’une nouvelle génération de princes leaders, pleinement conscients de leurs responsabilités ».

Des précédents historiques et des interrogations sur la nature exacte du poste

Le parallèle avec la nomination de Mohammed VI en 1985 est frappant: le futur roi avait alors reçu cette fonction 15 ans avant le décès de son père Hassan II. Certains analystes y voient déjà une préparation à la succession, même si aucun calendrier n’est officiellement évoqué. Malgré la multitude d’articles consacrés à cette nomination, aucun journal marocain n’a expliqué en quoi consiste précisément le poste de coordinateur des bureaux et services de l’état-major général. Les médias se contentent de citer le communiqué du cabinet royal, sans détailler les missions ni la formation militaire du prince héritier. On sait simplement qu’il fréquente les Forces armées depuis son plus jeune âge et qu’il a obtenu son grade de colonel au sein de la Garde royale alors qu’il était encore adolescent.

Un contexte politique et social tendu

Cette nomination intervient dans un climat marqué par des défis sociaux et des critiques sur le fonctionnement du pouvoir. Un ouvrage récent du journaliste Omar Brouksy, qui examine les dynamiques de pouvoir au Maroc, décrit une monarchie où les conseillers du roi exercent une influence significative et où le cercle décisionnel est restreint. L’auteur évoque également une distance croissante entre Mohammed VI et une partie de la population, amplifiée par ses absences prolongées du territoire et une communication limitée en raison de sa maladie. Le livre souligne aussi les interconnexions entre pouvoir politique et intérêts économiques, certaines élites proches du roi étant influentes dans des secteurs clés, ce qui alimente un débat sur la transparence et la répartition des richesses. Les tensions sociales, marquées par des manifestations populaires croissantes, posent même des questions sur la pérennité de la monarchie, selon certaines analyses.

Des valeurs militaires réaffirmées

Le communiqué du cabinet royal insiste sur les valeurs qui animent les Forces armées royales: « compétence et discipline, droiture et engagement, patriotisme sincère, et sens élevé de responsabilité ». Le texte rappelle que les FAR se basent, dans l’accomplissement de leur devoir national et de leurs missions humanitaires et sociales, sur ces principes, en demeurant « constamment attachées et fidèles à leur devise éternelle: Dieu, la Patrie, le Roi ». Cette rhétorique vise à réaffirmer la cohésion et la loyauté de l’institution militaire, alors que le royaume fait face à des défis internes et externes. La nomination du prince héritier à un poste clé de l’état-major envoie un signal de continuité et de stabilité.

Quelles perspectives pour la succession?

Si la nomination de Moulay El Hassan suit le précédent de 1985, le délai entre cette fonction et l’accession au trône pourrait être long. Mohammed VI avait été nommé coordinateur 15 ans avant de devenir roi en 1999. Le jeune prince, qui porte désormais les insignes de colonel-major, continue de se former et d’accumuler de l’expérience aux côtés de son père. Les observateurs restent attentifs aux prochaines étapes de cette préparation à la succession, qui pourrait inclure d’autres responsabilités militaires ou civiles. En attendant, le prince héritier incarne déjà, pour une partie de la population et des élites, l’avenir de la monarchie alaouite.

À retenir

  • Le prince Moulay El Hassan est nommé coordinateur des bureaux et services de l’état-major général des FAR le 2 mai 2026.
  • Cette nomination reproduit celle de Mohammed VI en 1985 par Hassan II, marquant une préparation à la succession.
  • Le prince héritier, âgé de 22 ans, a été promu colonel-major en 2025 et représente régulièrement son père.
  • Le poste de coordinateur est clé mais ses attributions précises restent floues, aucun média n’ayant fourni de détails.
  • Le contexte politique est marqué par des tensions sociales et des critiques sur l’opacité du pouvoir, comme le montre l’ouvrage d’Omar Brouksy.
  • La nomination renforce la continuité dynastique et la stabilité de l’institution militaire au Maroc.
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