Assimi Goïta prend la tête du ministère de la Défense après la mort de Sadio Camara
Neuf jours après l'assassinat du général Camara dans une attaque conjointe de jihadistes et de rebelles touareg, le chef de la junte malienne cumule désormais la présidence et la Défense.

SENEGAL —
Les faits
- Assimi Goïta cumule les fonctions de président et de ministre de la Défense.
- Sadio Camara est mort le 25 avril 2026 dans un attentat suicide.
- Les attaques ont été menées par le Jnim (affilié à Al-Qaïda) et le Front de libération de l'Azawad (FLA).
- Les villes visées incluent Bamako, Kati, Kidal, Sévaré et Gao.
- Le général Oumar Diarra est nommé ministre délégué auprès du ministre de la Défense.
- Le décret a été lu le 4 mai 2026 sur la télévision publique ORTM.
- Le Mali est en proie à une crise sécuritaire depuis 2012.
Un cumul inédit pour le chef de la junte
Le président de la transition malienne, Assimi Goïta, a annoncé lundi 4 mai qu'il assumerait désormais également les fonctions de ministre de la Défense et des Anciens combattants. Cette décision, officialisée par un décret lu sur la télévision publique ORTM, intervient neuf jours après la mort du général Sadio Camara, jusqu'alors titulaire du portefeuille. Le général Camara a été tué le 25 avril lors d'une série d'attaques sans précédent menées conjointement par les jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim, affilié à Al-Qaïda) et les rebelles du Front de libération de l'Azawad (FLA), un mouvement indépendantiste à dominante touareg. Ces assauts ont ciblé plusieurs positions de la junte, y compris dans la capitale Bamako et sa voisine Kati, fief du pouvoir militaire. En prenant directement la tête de l'armée, Goïta, au pouvoir depuis le coup d'État d'août 2020, entend verrouiller le contrôle des forces armées dans un contexte de crise sécuritaire aiguë. Le Mali est confronté depuis 2012 à des violences jihadistes, auxquelles s'ajoutent désormais des alliances ponctuelles entre groupes armés.
Une attaque coordonnée d'une ampleur inédite
Les attaques du 25 avril ont marqué un tournant dans le conflit malien. Pour la première fois, les jihadistes du Jnim et les rebelles touareg du FLA ont agi de concert contre le régime militaire. Les combats ont eu lieu dans au moins cinq villes: Bamako, Kati, Kidal (bastion des rebelles touareg), Sévaré (centre) et Gao (nord). Le général Sadio Camara, figure clé de la junte et pilier du régime, a péri dans un attentat suicide. Sa mort a plongé le Mali dans l'incertitude et la fébrilité, selon des sources officielles. Le pays fait face à une situation sécuritaire critique, avec des attaques qui ont démontré la capacité des groupes armés à frapper au cœur du pouvoir. L'alliance de circonstance entre jihadistes et séparatistes, bien que motivée par un ennemi commun, soulève des questions sur la fragmentation du conflit et la capacité de la junte à maintenir l'ordre.
Le général Oumar Diarra nommé numéro deux de la Défense
Pour seconder Assimi Goïta dans ses nouvelles fonctions, le général Oumar Diarra a été nommé ministre délégué auprès du ministre de la Défense et des Anciens combattants, selon un décret distinct également lu sur ORTM. Diarra est un ancien chef d'état-major général des armées, nommé à ce poste en septembre 2020 par les militaires après le coup d'État. Auparavant, il avait été chef de l'armée de terre sous le régime du président Ibrahim Boubacar Keïta (2013-2020). Il avait été arrêté en même temps que plusieurs hauts gradés lors du putsch d'août 2020, avant d'être rapidement réintégré et promu. Sa nomination à un poste clé de la Défense montre la volonté de Goïta de s'appuyer sur des figures militaires expérimentées, tout en centralisant le pouvoir décisionnel.
Un contexte de crise sécuritaire chronique
Le Mali est en proie à une profonde crise sécuritaire depuis 2012, nourrie par les violences de groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l'organisation État islamique (EI), ainsi que par des groupes criminels communautaires et des mouvements indépendantistes. La junte, arrivée au pouvoir en 2020, avait promis de rétablir la sécurité, mais les attaques du 25 avril montrent les limites de son action. Les alliances entre groupes armés, comme celle entre le Jnim et le FLA, compliquent encore la donne. Le FLA, qui lutte pour l'indépendance de l'Azawad (nord du Mali), a souvent été en conflit avec les jihadistes, mais l'opposition commune au régime militaire a créé une convergence ponctuelle. Cette situation fragilise davantage la transition politique, alors que le Mali est sous sanctions de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et isolé sur la scène internationale.
Quelles perspectives pour le Mali?
La prise en main directe de la Défense par Assimi Goïta pourrait renforcer son emprise sur l'appareil sécuritaire, mais elle expose aussi le président aux critiques en cas de nouveaux revers militaires. Le cumul des fonctions suscite des interrogations sur la concentration des pouvoirs et l'absence de contre-pouvoirs dans un pays dirigé par une junte. Les attaques du 25 avril ont également relancé les appels à un dialogue politique inclusif, notamment avec les groupes armés du nord. Cependant, la junte a jusqu'ici privilégié une approche sécuritaire, rejetant les négociations avec les « terroristes ». L'avenir immédiat du Mali dépendra de la capacité de Goïta à stabiliser le pays et à répondre aux défis sécuritaires, alors que les alliances entre jihadistes et rebelles pourraient se multiplier.
Un tournant dans la gestion de la crise
La décision d'Assimi Goïta de cumuler la présidence et le ministère de la Défense marque un tournant dans la gestion de la crise malienne. En prenant les rênes de l'armée, le chef de la junte envoie un signal de fermeté, mais aussi de vulnérabilité, après la perte d'un de ses plus proches collaborateurs. La mort de Sadio Camara a révélé les failles du dispositif sécuritaire malien, malgré les discours rassurants du régime. L'alliance entre jihadistes et séparatistes, si elle se confirme, pourrait redessiner la carte des conflits dans la région sahélo-saharienne. Le Mali se trouve à un carrefour: soit la junte parvient à restaurer un semblant d'ordre, soit le pays s'enfonce dans une guerre multidimensionnelle. Les prochains mois seront décisifs.
À retenir
- Assimi Goïta cumule désormais les fonctions de président et de ministre de la Défense après la mort de Sadio Camara.
- Les attaques du 25 avril ont été menées par une alliance inédite entre jihadistes (Jnim) et rebelles touareg (FLA).
- Le général Oumar Diarra, ancien chef d'état-major, est nommé ministre délégué à la Défense.
- Le Mali est en proie à une crise sécuritaire depuis 2012, aggravée par des alliances entre groupes armés.
- La junte fait face à des défis majeurs pour maintenir l'ordre et assurer la transition politique.


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