Mali ouvre une enquête pour trahison après les attaques coordonnées du 25 avril
Trois soldats en activité, un retraité et un ancien militaire tué sont soupçonnés de complicité avec les rebelles djihadistes et touaregs.

SENEGAL —
Les faits
- Trois soldats en activité, un retraité et un ancien militaire tué sont visés par l'enquête.
- Les attaques du 25 avril ont visé des bases militaires à travers le Mali.
- Le ministre de la Défense, Camara, a été tué lors d'un assaut sur un complexe résidentiel.
- Les forces russes ont été chassées de Kidal.
- Le groupe djihadiste JNIM, lié à Al-Qaïda, a revendiqué les attaques.
- JNIM a appelé les Maliens à se soulever contre le gouvernement et à instaurer la charia.
- Le chef militaire Assimi Goïta a promis de 'neutraliser' les groupes insurgés.
Les premières arrestations dans les rangs de l'armée
Le parquet du tribunal militaire de Bamako a annoncé vendredi soir l'ouverture d'une enquête pour trahison après les attaques coordonnées du 25 avril. Cinq soldats sont soupçonnés de complicité avec les rebelles djihadistes et séparatistes touaregs. Selon le communiqué lu à la télévision d'État, trois d'entre eux sont en activité, un est retraité et un autre, déjà 'révoqué', a été tué lors des combats près de la principale base militaire de Kati, à 15 km de la capitale. 'Les premières arrestations ont été effectuées avec succès, et tous les autres auteurs, coauteurs et complices sont activement recherchés', a déclaré le procureur, sans préciser le nombre de suspects arrêtés ni leur identité. L'enquête vise à déterminer l'étendue de la collusion interne avec les groupes armés.
Des attaques simultanées d'une ampleur inédite
Le 25 avril, des combattants de Jama'at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), affilié à Al-Qaïda, et des rebelles touaregs ont lancé des assauts simultanés contre plusieurs bases militaires maliennes. Ces attaques ont montré la capacité de groupes aux objectifs divergents à frapper au cœur du régime militaire issu des coups d'État de 2020 et 2021. Le ministre de la Défense, le général Camara, a trouvé la mort dans l'assaut d'un complexe résidentiel. Les forces russes qui soutenaient le gouvernement ont été contraintes de quitter la ville septentrionale de Kidal. Les combats se sont étendus dans le vaste désert du nord du Mali, faisant craindre aux analystes une avancée significative des groupes armés.
JNIM menace Bamako et appelle à l'insurrection
JNIM a promis d'assiéger Bamako, et des sources sécuritaires ont indiqué vendredi que le groupe avait établi des points de contrôle autour de la ville de quatre millions d'habitants. Dans un communiqué en français – une rareté pour ce groupe qui utilise habituellement l'arabe – JNIM a appelé les Maliens à se soulever contre le gouvernement militaire et à instaurer la charia. 'Nous appelons tous les patriotes sincères, sans exception, à se lever et à s'unir', a déclaré le groupe dans un texte confirmé par le SITE Intelligence Group basé aux États-Unis. Cette rhétorique vise à élargir la base de soutien du groupe au-delà des cercles djihadistes traditionnels.
La réponse du régime: promesses de fermeté
Le chef militaire, le colonel Assimi Goïta, a pris la parole mardi à la télévision pour affirmer que la situation était 'sous contrôle' et a promis de 'neutraliser' les groupes insurgés. Cette déclaration intervient alors que le gouvernement fait face à une crise de légitimité et de sécurité sans précédent depuis les coups d'État. Les autorités tentent de rassurer une population inquiète, mais les analystes estiment que la menace djihadiste pourrait s'étendre aux pays voisins, voire au-delà. La défense du territoire malien semble affaiblie par les pertes humaines et la défection présumée de certains soldats.
Une enquête pour trahison aux implications politiques
L'enquête ouverte par le procureur militaire cible des soldats soupçonnés d'avoir facilité les attaques. La mention d'un ancien militaire tué à Kati suggère que des combats ont eu lieu près de la principale garnison du pays, à quelques kilomètres de Bamako. Cette proximité avec la capitale accentue la pression sur le régime. Les accusations de trahison pourraient servir à justifier une répression accrue au sein de l'armée et à détourner l'attention des failles sécuritaires. Cependant, elles révèlent aussi les divisions internes au sein des forces armées maliennes, fragilisées par les coups d'État successifs.
Le spectre d'une guerre régionale
Les attaques du 25 avril et la réaction de JNIM laissent entrevoir une escalade régionale. Les groupes djihadistes ont déjà montré leur capacité à frapper dans les pays voisins, et les analystes redoutent qu'ils ne cherchent à étendre leur influence au-delà du Sahel. La présence russe, bien que mise en difficulté à Kidal, reste un facteur de complexité supplémentaire. Le Mali, pays enclavé d'Afrique de l'Ouest, est devenu un épicentre de l'instabilité régionale. La communauté internationale observe avec inquiétude la montée en puissance des groupes armés et l'incapacité du gouvernement à contrôler son territoire.
Un avenir incertain pour la transition politique
Alors que le régime militaire promettait une transition vers un gouvernement civil, les récentes attaques compromettent ce calendrier. La priorité est désormais sécuritaire, et l'état d'urgence pourrait être renforcé. Les appels de JNIM à l'insurrection populaire visent à déstabiliser davantage le pouvoir. L'enquête pour trahison et les arrestations dans l'armée sont un signe que le régime cherche à verrouiller ses propres rangs. Mais les fissures sont apparentes, et la capacité du Mali à résister à la fois aux djihadistes et aux séparatistes reste en question.
À retenir
- L'enquête pour trahison cible cinq soldats, dont trois en activité, pour complicité avec les assaillants du 25 avril.
- Les attaques coordonnées de JNIM et des rebelles touaregs ont tué le ministre de la Défense et chassé les forces russes de Kidal.
- JNIM a appelé en français à l'insurrection et à l'instauration de la charia, élargissant sa propagande.
- Le colonel Goïta promet de neutraliser les groupes armés, mais la situation sécuritaire reste précaire.
- Les divisions internes au sein de l'armée malienne sont mises en lumière par les soupçons de trahison.
- L'instabilité malienne risque de s'étendre aux pays voisins, menaçant l'ensemble de la région sahélo-saharienne.


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