Pénurie de beurre en Tunisie : une filière laitière à bout de souffle
Le prix officiel reste stable, mais le produit disparaît des rayons, révélant une crise structurelle de la production laitière.

TUNISIA —
Les faits
- Le prix du beurre est officiellement de 3 900 millimes pour 100 g et 7 700 millimes pour 200 g, selon Hédi Bakkour.
- Des consommateurs rapportent des prix atteignant 8 dinars pour 200 g dans certaines régions.
- La production nationale de lait connaît un ralentissement dû à la diminution du cheptel bovin.
- Le coût de l'alimentation animale a augmenté, fragilisant les éleveurs.
- Les transformateurs privilégient des produits plus rentables comme les yaourts, soutenus par des subventions.
- Les prix du beurre ne sont pas réglementés, laissant une marge aux fournisseurs.
- Des ruptures de stock récurrentes sont signalées dans plusieurs plateformes de distribution.
- Les autorités ont injecté des quantités supplémentaires ponctuellement, sans traiter les causes profondes.
Un produit de base devenu introuvable
En Tunisie, le beurre se fait de plus en plus rare sur les étals, malgré l'absence de hausse officielle des prix. Les consommateurs, confrontés à des rayons vides et à des ruptures de stock récurrentes, expriment leur inquiétude. Selon Hédi Bakkour, président de la Chambre des grandes surfaces commerciales, le prix du beurre reste autour de 3 900 millimes pour 100 grammes et 7 700 millimes pour 200 grammes, démentant les rumeurs de hausse à 8 200 millimes. Pourtant, dans plusieurs régions, un paquet de 200 grammes peut atteindre environ 8 dinars lorsqu'il est disponible, alimentant un sentiment d'injustice.
Une filière laitière en crise
La pénurie de beurre n'est pas un phénomène isolé, mais la conséquence directe d'un recul structurel de la production de lait. Moins de lait signifie moins de crème, et donc moins de beurre. Cette baisse est aggravée par une diminution du taux de matières grasses dans le lait, indispensable à la fabrication du beurre. Par ailleurs, les transformateurs privilégient des produits plus rentables comme les yaourts, souvent soutenus par des subventions, reléguant le beurre en marge des chaînes de production.
Des éleveurs sous pression
La production nationale de lait connaît un ralentissement notable, lié à la fragilisation des exploitations agricoles et à la diminution du cheptel bovin. Le coût de l'alimentation du bétail a augmenté, tandis que le prix de vente du lait n'a pas suivi la même progression. Plusieurs producteurs peinent à maintenir leur activité, certains réduisant leur production ou quittant le secteur, ce qui réduit encore l'offre disponible.
Un marché non réglementé propice aux spéculations
Contrairement à d'autres denrées, les prix du beurre sont libres et non réglementés. Cette liberté laisse une marge de manœuvre aux fournisseurs et distributeurs, ouvrant la porte à des pratiques spéculatives ou à des variations importantes selon les circuits. Dans un marché sous tension, cette absence de régulation accentue le sentiment d'injustice chez les consommateurs, qui voient les prix fluctuer fortement d'un point de vente à un autre.
Des mesures temporaires insuffisantes
Face à cette situation, les autorités ont tenté d'intervenir ponctuellement en injectant des quantités supplémentaires sur le marché, notamment lors des périodes de forte consommation. Mais ces mesures restent temporaires et ne traitent pas les causes profondes du problème. Sans réforme structurelle de la filière laitière, la pénurie de beurre pourrait s'installer durablement, transformant une difficulté passagère en crise chronique.
Un déséquilibre profond entre production, transformation et distribution
Au-delà du simple constat de hausse des prix, cette situation révèle une fragilité structurelle de la filière laitière tunisienne. Tant que les coûts de production resteront élevés et que la production de lait ne sera pas stabilisée, les tensions sur les produits dérivés comme le beurre risquent de persister, voire de s'aggraver. Dans les foyers, le beurre, produit du quotidien, devient progressivement une denrée que l'on cherche, que l'on attend, parfois même que l'on guette.
À retenir
- Le beurre devient rare en Tunisie malgré des prix officiels stables, en raison d'une crise de la filière laitière.
- La production de lait diminue à cause de la hausse des coûts d'alimentation animale et de la réduction du cheptel.
- Les transformateurs délaissent le beurre au profit de produits plus rentables comme les yaourts subventionnés.
- L'absence de régulation des prix du beurre favorise les spéculations et les variations importantes.
- Les interventions ponctuelles des autorités sont insuffisantes pour résoudre les causes structurelles.
- Sans réforme, la pénurie de beurre risque de devenir chronique, affectant durablement les consommateurs.


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