SNCB confirme le contrat de 3,4 milliards avec CAF, ravivant la colère politique et syndicale
Malgré une suspension judiciaire en février, l'opérateur ferroviaire belge maintient son choix du constructeur espagnol, suscitant des craintes pour l'emploi chez Alstom à Bruges.

BELGIUM —
Les faits
- La SNCB a reconfirmé CAF comme soumissionnaire préféré pour le contrat AM30 de 3,4 milliards d'euros.
- Le Conseil d'État belge avait suspendu l'attribution initiale en février 2025 après un recours d'Alstom.
- Alstom avait proposé une offre inférieure de 107 millions d'euros à celle de CAF.
- Le contrat prévoit le renouvellement de la moitié de la flotte nationale d'ici 2032.
- La commande initiale comprend des trains d'une capacité totale de 54 000 places.
- Alstom emploie des centaines de personnes dans son usine de Bruges.
- Le ministre de la Mobilité Jean-Luc Crucke a défendu l'indépendance de la SNCB.
- Le député Franky Demon a dénoncé les conséquences socio-économiques pour 600 familles brugeoises.
Un contrat ferroviaire géant sous haute tension
La SNCB a officiellement reconfirmé le constructeur espagnol Construcciones y Auxiliar de Ferrocarriles (CAF) comme son partenaire privilégié pour le plus grand contrat de matériel roulant de son histoire, d'une valeur de 3,4 milliards d'euros. Cette décision, annoncée mercredi, intervient après que le Conseil d'État belge a suspendu l'attribution initiale en février, suite à une contestation du concurrent français Alstom. Le conseil d'administration de la SNCB a justifié son maintien en affirmant que la nouvelle évaluation respectait l'arrêt de la haute juridiction.
Le feuilleton judiciaire de l'attribution
En février 2025, la SNCB avait initialement sélectionné CAF pour le contrat AM30, un accord-cadre de 12 ans portant sur des centaines de rames électriques et à batterie. Alstom, dont l'offre était inférieure de 107 millions d'euros, a saisi le Conseil d'État, qui a suspendu la décision sur la base d'un avis mettant en doute l'évaluation du marché. La Cour a estimé que le choix d'une offre plus chère nécessitait un examen plus approfondi. La SNCB a depuis revu sa justification, mais maintient sa préférence pour CAF.
Une colère politique et syndicale grandissante
La reconfirmation de CAF a ravivé les protestations, notamment en Flandre, où Alstom possède une importante usine à Bruges employant des centaines de personnes. Le député brugeois Franky Demon a exprimé sa déception, estimant que les conséquences socio-économiques n'avaient pas été prises en compte. « Aujourd'hui, 600 familles brugeoises apprendront cette nouvelle », a-t-il déclaré. Les syndicats dénoncent un choix qui privilégie une note technique légèrement supérieure au détriment de l'emploi local.
Les arguments économiques et techniques en jeu
Alstom avait proposé un prix inférieur de 107 millions d'euros à celui de CAF, et de 200 millions à celui de Siemens. Le PDG d'Alstom Benelux, Bernard Belvaux, avait qualifié le choix initial de « choquant » dans une lettre au ministre de la Mobilité Jean-Luc Crucke, soulignant l'impact sur l'industrie belge. Le ministre a reconnu que des critères comme l'empreinte carbone auraient pu influencer la décision, tout en défendant l'indépendance de la SNCB et le respect des règles européennes.
Un enjeu central pour le réseau ferroviaire belge
Le contrat AM30 est un élément clé du contrat de service public 2023-2032 entre la SNCB et le gouvernement fédéral, qui prévoit le renouvellement de la moitié de la flotte nationale d'ici la fin de la décennie. La commande initiale comprend des trains d'une capacité totale de 54 000 places, avec des équipements modernes comme des portes accessibles aux fauteuils roulants et une connectivité numérique. La SNCB gère plus de 3 600 km de lignes et a transporté 227 millions de passagers en 2022.
Quelles suites pour le dossier?
La SNCB a invité CAF à poursuivre le partenariat, tout en se félicitant du recours aux fournisseurs locaux mentionné dans les offres des trois candidats. Alstom n'a pas encore indiqué s'il contesterait à nouveau la décision. Le feuilleton judiciaire pourrait donc se poursuivre, tandis que la pression politique reste forte, notamment à l'approche des échéances électorales. L'avenir de l'usine de Bruges et des centaines d'emplois qui en dépendent demeure incertain.
Un choix aux répercussions durables
Au-delà de l'aspect financier, cette décision soulève des questions sur la stratégie industrielle de la Belgique et son équilibre entre compétitivité et souveraineté. Alors que la SNCB justifie son choix par des critères techniques, les critiques y voient un manque de considération pour l'impact social. Le contrat AM30, le plus important de l'histoire de l'opérateur, façonnera le paysage ferroviaire belge pour les décennies à venir, mais il laisse un goût amer dans les rangs politiques et syndicaux.
À retenir
- La SNCB maintient CAF pour le contrat de 3,4 milliards d'euros, malgré une suspension judiciaire et une offre moins chère d'Alstom.
- Alstom dénonce un choix qui met en péril des centaines d'emplois à son usine de Bruges.
- Le contrat AM30 prévoit le renouvellement de la moitié de la flotte belge d'ici 2032.
- Le ministre de la Mobilité défend l'indépendance de la SNCB mais reconnaît d'autres critères possibles.
- Les syndicats et élus flamands critiquent l'absence de prise en compte des retombées économiques locales.
- L'issue judiciaire reste incertaine, Alstom pouvant contester à nouveau la décision.


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