Au Sahel, la guerre des banques : Coris Bank profite des turbulences, BOA subit la pression fiscale
Les résultats du premier trimestre 2026 révèlent un remodelage du secteur bancaire dans l’Alliance des États du Sahel, où Coris Bank International affiche une hausse de 37 % de son bénéfice tandis que Bank of Africa souffre des nouvelles taxes.

CÔTE D'IVOIRE —
Les faits
- Coris Bank International a enregistré une hausse de 37 % de son bénéfice en 2025.
- Bank of Africa (BOA), filiale du marocain BMCE Group, subit des pressions fiscales au Burkina Faso.
- BOA et Coris Bank International sont les seuls groupes bancaires à avoir coté leur filiale dans l’AES.
- Les résultats du premier trimestre 2026 montrent des performances mitigées pour BOA au Burkina Faso.
- Les banques de l’AES naviguent entre risques géopolitiques et opportunités de marché.
- L’AES regroupe le Burkina Faso, le Mali et le Niger depuis 2023.
Deux logiques bancaires s’affrontent dans l’AES
Les résultats bancaires dans les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) révèlent deux logiques opposées. Là où Bank of Africa (BOA) subit les pressions fiscales, Coris Bank International (CBI) en sort renforcée. Les données du premier trimestre 2026 confirment cette divergence, qui redessine le paysage financier régional. Au Burkina Faso, seuls deux groupes ont coté leur filiale: BOA, détenue par le marocain BMCE Group, et CBI. Leurs résultats laissent apparaître un remodelage du secteur, où les choix stratégiques et les expositions aux risques diffèrent radicalement.
Coris Bank: une ascension portée par la conjoncture
Coris Bank International a annoncé une hausse de 37 % de son bénéfice pour l’exercice 2025. Cette performance contraste avec les difficultés de son concurrent marocain. La banque, présente dans les trois pays de l’AES, semble tirer parti des opportunités offertes par la recomposition économique régionale. Les analystes attribuent cette croissance à une gestion prudente des risques et à une adaptation rapide aux nouvelles réglementations. CBI a su capter une partie des flux financiers détournés des banques traditionnelles, jugées trop exposées aux pressions politiques.
Bank of Africa: le poids des taxes et des incertitudes
Bank of Africa, filiale du groupe marocain BMCE, affiche des résultats mitigés au premier trimestre 2026. Au Burkina Faso, la banque subit de plein fouet les pressions fiscales imposées par les autorités de la transition. Les nouvelles taxes, décidées dans le cadre de la souveraineté économique, grèvent ses marges. Cette situation illustre les risques auxquels sont confrontées les banques étrangères dans l’AES. BOA doit naviguer entre les exigences des régulateurs locaux et la nécessité de maintenir sa rentabilité, dans un contexte où les relations avec les pays d’origine se tendent.
Un secteur bancaire en pleine recomposition
Les banques de l’AES naviguent entre risques et opportunités, selon une étude récente. La fermeture des frontières et les sanctions de la CEDEAO ont bouleversé les circuits financiers traditionnels. Les établissements locaux, comme Coris Bank, en profitent pour gagner des parts de marché. À l’inverse, les banques marocaines, historiquement dominantes, voient leur influence diminuer. Le BMCE Group, maison mère de BOA, doit composer avec des autorités qui privilégient les acteurs nationaux. Ce remodelage n’est pas sans conséquence sur le financement des économies locales, déjà fragilisées par l’insécurité.
Quelles perspectives pour le secteur?
L’avenir du secteur bancaire dans l’AES dépendra de l’évolution du cadre réglementaire et de la stabilité politique. Les autorités de la transition ont annoncé leur intention de renforcer le contrôle des capitaux et de favoriser les banques locales. Coris Bank pourrait continuer à bénéficier de cette orientation. Pour BOA, l’enjeu est de s’adapter à un environnement moins favorable, sans perdre sa clientèle. Les résultats du deuxième trimestre 2026 seront scrutés de près, tant ils refléteront la capacité du groupe à résister aux pressions. Le sort des banques marocaines dans l’AES est désormais suspendu à des choix politiques qui dépassent la seule logique économique.
À retenir
- Coris Bank International a vu son bénéfice bondir de 37 % en 2025, tandis que Bank of Africa souffre des pressions fiscales au Burkina Faso.
- Seules deux banques, BOA et CBI, ont coté leur filiale dans l’AES, ce qui permet de comparer leurs performances.
- Les banques marocaines perdent du terrain face aux acteurs locaux dans un contexte de souveraineté économique affirmée.
- Les résultats du premier trimestre 2026 confirment un remodelage du secteur bancaire dans l’Alliance des États du Sahel.
- L’évolution du cadre réglementaire et la stabilité politique seront déterminantes pour l’avenir du secteur.

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