Pedro Sánchez sous pression : manifestation massive à Madrid, urgence aérienne et bras de fer avec l'UE
Le Premier ministre espagnol fait face à une triple crise: une manifestation de 40 000 personnes réclamant son départ, un atterrissage d'urgence de son avion et une proposition de rupture de l'accord UE-Israël.
CÔTE D'IVOIRE —
Les faits
- 40 000 manifestants rassemblés à Madrid le 30 novembre 2025 par le Parti populaire (PP) pour exiger la démission de Pedro Sánchez.
- Le procureur général de l'État espagnol condamné pour violation du secret judiciaire.
- José Luis Ábalos, ancien ministre et bras droit de Sánchez, placé en détention provisoire pour corruption.
- L'avion de Sánchez a effectué un atterrissage d'urgence à Ankara le 3 mai en raison d'un problème technique sur un Airbus A310.
- Sánchez a annoncé que l'Espagne proposera à l'UE de rompre l'accord d'association avec Israël, en vigueur depuis 2000.
- Le 8e Sommet de la Communauté politique européenne (CPE) à Erevan réunit plus de 45 pays, avec la première participation du Canada.
- Le PP et ses alliés accusent Sánchez de corruption systémique, visant notamment son épouse et son frère.
Une manifestation d'ampleur pour exiger le départ du chef du gouvernement
Dimanche 30 novembre, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont envahi les rues de Madrid à l'appel du Parti populaire (PP), principale formation d'opposition de droite. Selon les autorités, 40 000 manifestants se sont rassemblés pour réclamer la démission immédiate du Premier ministre socialiste Pedro Sánchez. Sous les slogans « Ça suffit! » et « Pas un jour de plus! », la foule brandissait des drapeaux espagnols et scandait des appels au départ du dirigeant, au pouvoir depuis 2018. Le rassemblement a réuni plusieurs figures de la droite espagnole, dont le maire de Madrid José Luis Martínez-Almeida et l'ancien Premier ministre Mariano Rajoy. La cheffe de la région de Madrid, Isabel Díaz Ayuso, a déclaré depuis la tribune que « l'Espagne vit son moment le plus critique » en près de cinquante ans de démocratie, accusant le gouvernement d'être « abandonné aux mains d'une mafia, d'un projet totalitaire ».
Les affaires judiciaires qui ébranlent l'entourage de Sánchez
La pression sur le Premier ministre s'est accrue après deux revers judiciaires majeurs. Le procureur général de l'État, que Sánchez avait défendu avec vigueur, a été condamné pour violation du secret judiciaire. Parallèlement, José Luis Ábalos, ancien ministre et longtemps considéré comme le bras droit de Sánchez, a été placé en détention provisoire dans une affaire de corruption. Le chef du PP, Alberto Núñez Feijóo, a profité du rassemblement pour accuser le gouvernement: « La corruption, c'est leur système, leur mécanisme, leur façon de prendre et de garder le pouvoir. » Il a également appelé à des élections législatives anticipées, reprenant le terme péjoratif de « Sanchisme » pour désigner la pratique politique de Sánchez. Les affaires touchent également des proches du Premier ministre: son épouse et son frère sont visés par des enquêtes distinctes, sans que des charges n'aient encore été retenues. Sánchez a présenté ses excuses à plusieurs reprises, mais jure qu'il ne démissionnera pas avant la fin de la législature en 2027.
Un atterrissage d'urgence qui ajoute à la tension
Le même jour, dimanche 3 mai, l'avion transportant Pedro Sánchez a dû se poser en urgence à Ankara, en Turquie, en raison d'un « imprévu technique ». L'appareil, un Airbus A310 du gouvernement espagnol, reliait Madrid à Erevan, en Arménie, où devait se tenir le 8e Sommet de la Communauté politique européenne (CPE). La nature exacte du problème n'a pas été divulguée, mais une source proche de la délégation a confirmé à l'AFP que celle-ci a passé la nuit à Ankara avant de reprendre son voyage le lendemain. Sánchez a finalement rejoint Erevan et a communiqué sur les réseaux sociaux: « Déjà à Erevan, en Arménie, pour participer aux côtés de plus de 45 pays au Sommet de la Communauté politique européenne. » L'incident technique, bien que sans gravité, a ajouté une dimension dramatique à une journée déjà marquée par la contestation politique.
Un sommet européen élargi et une initiative diplomatique majeure
Le sommet de la CPE à Erevan réunit deux fois par an les dirigeants de la quasi-totalité des pays européens, membres ou non de l'Union européenne, à l'exception de la Russie et de la Biélorussie. Cette huitième édition marque une première: le Premier ministre canadien Mark Carney a été invité, illustrant le rapprochement entre l'Europe et le Canada face aux assauts de Donald Trump. Dans ce contexte, Pedro Sánchez a annoncé dimanche que son gouvernement soumettrait mardi une proposition à l'Union européenne visant à « rompre » l'accord d'association avec Israël, en vigueur depuis 2000. Cette initiative, liée à la guerre au Moyen-Orient, place l'Espagne en position de fer de lance d'une ligne dure au sein de l'UE. La décision de Sánchez intervient alors que son pays est secoué par des crises internes, mais le Premier ministre semble vouloir maintenir une posture active sur la scène internationale.
Le ras-le-bol des citoyens et la polarisation politique
Parmi les manifestants, le mécontentement était palpable. Daniel Noguera, un étudiant madrilène de 18 ans venu avec son père, a déploré « les prix qui augmentent sans cesse », notamment le logement, qui « devient de plus en plus inaccessible ». Pour lui, « la situation est devenue intenable ». Marcelle, une retraitée de 78 ans qui n'a pas souhaité donner son nom de famille, participait à son deuxième rassemblement politique de sa vie. Se disant « apolitique » mais surtout « anti-mensonges », elle a qualifié Sánchez de « menteur » et réclamé des élections pour « laisser le peuple décider ». Ces témoignages reflètent une société espagnole profondément polarisée, où les affaires judiciaires et la crise du pouvoir d'achat nourrissent la défiance envers la classe politique.
L'avenir incertain de Sánchez entre défis judiciaires et politiques
Pedro Sánchez, qui a juré de ne pas démissionner avant 2027, dénonce des attaques orchestrées par la droite et l'extrême droite pour l'affaiblir. Mais les affaires qui entourent son entourage et les appels répétés à des élections anticipées fragilisent sa position. Le PP, fort de la mobilisation de dimanche, compte maintenir la pression. Alberto Núñez Feijóo a lancé: « Le Sanchisme est en prison et doit être chassé du gouvernement. » La droite espagnole semble déterminée à transformer la contestation en une crise politique ouverte. Alors que l'Espagne se prépare à débattre de la rupture de l'accord avec Israël, le gouvernement Sánchez navigue entre une opposition déchaînée, des affaires judiciaires en cascade et une base sociale qui s'interroge. Les prochains mois diront si le chef du gouvernement parviendra à tenir ses engagements jusqu'à la fin de la législature.
À retenir
- Pedro Sánchez fait face à une manifestation de 40 000 personnes à Madrid, organisée par le PP, exigeant sa démission.
- Deux affaires judiciaires majeures touchent son entourage: la condamnation du procureur général et la détention de son ex-ministre José Luis Ábalos.
- L'avion de Sánchez a dû atterrir en urgence à Ankara en raison d'un problème technique, ajoutant une tension supplémentaire à une journée déjà chargée.
- Sánchez propose à l'UE de rompre l'accord d'association avec Israël, une initiative diplomatique forte en pleine guerre au Moyen-Orient.
- Le 8e Sommet de la CPE à Erevan marque la première participation du Canada, symbolisant le rapprochement Europe-Canada face à Trump.
- La société espagnole est profondément polarisée, avec des citoyens exprimant un ras-le-bol face à la hausse des prix et aux scandales politiques.



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