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BYD encaisse son huitième mois de baisse et voit son bénéfice divisé par deux

Le constructeur chinois, qui domine toujours le marché mondial de l'électrique, subit la guerre des prix et l'érosion de ses parts en Chine, tandis que l'export devient vital.

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BYD encaisse son huitième mois de baisse et voit son bénéfice divisé par deux
Le constructeur chinois, qui domine toujours le marché mondial de l'électrique, subit la guerre des prix et l'érosion deCrédit · Le Point

Les faits

  • BYD a vendu 321 123 véhicules à énergie nouvelle en avril 2026, en baisse de 15,5 % sur un an.
  • Le bénéfice net du premier trimestre 2026 a chuté de 55 %, à 4,09 milliards de yuans.
  • Les ventes de véhicules particuliers ont reculé de 26,2 % en avril, à 314 100 unités.
  • Le rival Leapmotor a livré 71 387 véhicules en avril, en hausse de près de 74 %.
  • BYD a exporté 134 542 véhicules en avril, un record en hausse de 71 % sur un an.
  • Les immatriculations en Europe ont bondi de 155 % au premier trimestre 2026.
  • BYD revendique une part de marché de 27-30 % dans les véhicules nouvelles énergies en Chine.
  • La technologie Flash Charging permet de passer de 10 à 70 % de batterie en cinq minutes.

Un huitième mois consécutif de baisse

Avril 2026 ajoute un nouveau chapitre à une séquence devenue familière pour BYD. Le constructeur chinois a écoulé 321 123 véhicules à énergie nouvelle le mois dernier, en recul de 15,5 % sur un an. C'est le huitième mois consécutif de baisse, une séquence qui s'était déjà illustrée en mars avec le pire mois du groupe depuis deux ans. Sur les seuls véhicules particuliers, la chute est plus sévère encore: -26,2 %, à 314 100 unités. La guerre des prix féroce qui secoue le marché chinois, la fin progressive des subventions à l'achat et la flambée des coûts de composants ont comprimé le bénéfice net de 55 % au premier trimestre, à 4,09 milliards de yuans. Le sol tremble sous le géant de Shenzhen.

Des rivaux de plus en plus voraces

Autour de BYD, le peloton n'a jamais paru aussi menaçant. Leapmotor, adossé à Stellantis, signe son meilleur mois avec 71 387 livraisons, en hausse de près de 74 %. Zeekr, la griffe premium de Geely, fait plus que doubler ses volumes. Xiaomi franchit la barre des 30 000 véhicules et engrange plus de 70 000 précommandes pour la nouvelle mouture de sa berline SU7. Nio progresse, Li Auto tient bon. Seul Xpeng recule, freiné par le lancement de son imposant SUV GX en milieu de mois, qui a probablement gelé une partie de la demande sur ses modèles existants. Le marché reste massif, mais les rapports de force bougent vite. BYD, longtemps hégémonique, voit sa part rongée trimestre après trimestre par des rivaux plus jeunes, plus agressifs, et qui n'ont plus grand-chose à lui envier sur la technologie.

L'export comme bouée de sauvetage

Face à cette érosion domestique, l'export devient vital. BYD a expédié 134 542 véhicules hors de Chine en avril, un record absolu, en progression de 71 % sur un an. L'international pèse désormais plus de 42 % de ses volumes mensuels. En Europe, les immatriculations ont bondi de 155 % au premier trimestre. Le constructeur lorgne même un siège au sein de l'ACEA, le puissant lobby automobile européen, et produit déjà au Brésil et en Hongrie. L'objectif affiché pour 2026 dépasse le million d'unités exportées. Pour BYD, l'international est devenu une question de survie.

Stella Li défend la stratégie de BYD

Stella Li, vice-présidente exécutive du groupe, incarne l'offensive internationale de BYD. Ingénieure de formation et figure clé aux côtés du fondateur Wang Chuanfu, elle pilote l'expansion hors de Chine avec un style exubérant. Face aux critiques sur les subventions de Pékin, aux tensions commerciales avec l'Union européenne, aux défis d'image et aux attentes des consommateurs occidentaux, elle assume une ligne directe, parfois tranchante. « C'est un procès d'intention totalement injuste », répond-elle quand on évoque les aides d'État massives. « En Chine, BYD ne reçoit pas plus de subventions que les marques étrangères. Parfois, c'est même l'inverse. Lorsque Tesla s'est installé à Shanghai, ils ont bénéficié de soutiens gouvernementaux que nous n'avions pas. La force de BYD ne vient pas de l'argent public, mais de l'intégration verticale et de l'innovation technologique. »

La technologie Flash Charging comme argument ultime

BYD mise sur sa technologie de recharge ultra-rapide, baptisée « Flash Charging », pour convaincre les réticents. La promesse: passer de 10 à 70 % de batterie en cinq minutes, et atteindre près de 100 % en neuf minutes. Lors de démonstrations spectaculaires, des véhicules gelés à -30 °C retrouvent leur pleine autonomie en à peine plus de dix minutes. « Aussi vite qu'un plein d'essence », martèle Stella Li. « C'est une réalité physique, pas un dossier PowerPoint! » s'exclame-t-elle. « Beaucoup de constructeurs font des présentations, mais nous sommes les seuls à livrer cette technologie aujourd'hui. » La deuxième génération de la batterie Blade, maison, est également mise en avant. Le groupe assemble voitures, batteries, composants et matériaux dans un même écosystème, avec une armée de plus de 120 000 ingénieurs.

Un avenir entre Chine et Europe

BYD entend rebondir en élargissant son terrain de jeu et en accélérant son implantation industrielle à l'étranger, notamment en Europe avec son usine en Hongrie. La vice-présidente affirme que le vrai sujet n'est plus de se battre entre marques électriques pour les 30 % du marché déjà conquis, mais de s'attaquer aux 70 % de conducteurs qui roulent encore à l'essence. « Aujourd'hui, nous n'avons pas de problème de demande, mais de capacité de production », explique-t-elle. « Nous remplaçons nos chaînes pour la deuxième génération de notre batterie Blade, et nos fournisseurs n'arrivent pas encore à suivre le rythme. La croissance est là, portée par une rupture technologique majeure. » Le groupe vise plus d'un million d'exportations en 2026, un cap qui pourrait redessiner la carte de l'automobile mondiale.

À retenir

  • BYD subit sa huitième baisse mensuelle consécutive des ventes en avril 2026, avec un recul de 15,5 %.
  • Le bénéfice net a chuté de 55 % au premier trimestre, à 4,09 milliards de yuans, sous l'effet de la guerre des prix et de la fin des subventions.
  • Les rivaux comme Leapmotor, Zeekr et Xiaomi gagnent rapidement des parts de marché en Chine.
  • L'export devient crucial: BYD a atteint un record de 134 542 véhicules exportés en avril, soit 42 % de ses volumes.
  • La technologie Flash Charging (recharge en 5 minutes pour 10-70 %) est présentée comme un avantage décisif.
  • BYD mise sur son intégration verticale et ses 120 000 ingénieurs pour maintenir son avance technologique.
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