Banquet du Canon français à Quimper : la maire Isabelle Assih annule après les débordements de Caen, victime de menaces en ligne
La présidente de l'agglomération a demandé à Quimper événements de ne pas donner suite à la réservation du parc des expositions pour le 5 décembre 2026, suscitant une vague de haine sur les réseaux sociaux.
FRANCE —
Les faits
- Isabelle Assih, maire de Quimper et présidente de Quimper Bretagne occidentale, a demandé l'annulation de la réservation du Canon français au parc des expositions de Penvillers.
- La demande de réservation avait été reçue par Quimper événements pour un banquet prévu le 5 décembre 2026.
- La décision fait suite aux débordements survenus à Caen le 18 avril 2026, lors d'un banquet du Canon français.
- Des vidéos et témoignages de l'événement de Caen montrent des saluts nazis, des propos racistes, homophobes et violents.
- Isabelle Assih a été victime d'injures et de menaces sur les réseaux sociaux après l'annonce de l'annulation.
- Les parlementaires socialistes bretons ont apporté leur soutien à l'élue dans un communiqué le 28 avril 2026.
- Le député LFI Emmanuel Fernandes a demandé l'interdiction d'un banquet du Canon français à Colmar, dénonçant les mêmes dérives.
- Le Canon français propose des banquets à 80 € incluant un kilo de viande par personne et huit bouteilles de vin pour cinq.
Une décision prise après les incidents de Caen
Le 28 avril 2026, lors du conseil communautaire de Quimper Bretagne occidentale (QBO), la présidente Isabelle Assih a reconnu une « erreur » dans la programmation initiale d'un banquet du Canon français. Vendredi 24 avril, elle avait demandé à la société publique locale Quimper événements de « ne pas donner suite » à la réservation du parc des expositions de Penvillers, prévue pour le 5 décembre 2026. Cette décision fait suite aux débordements survenus à Caen le 18 avril 2026, lors d'un précédent banquet du même organisateur. Des vidéos et témoignages ont montré des saluts nazis, des propos racistes, homophobes et violents, suscitant une vive émotion dans le pays. « Sa décision d'annuler la tenue d'un banquet du Canon français au sein d'un équipement communautaire s'inscrit en réaction légitime face à un risque identifié de trouble à l'ordre public », ont souligné les parlementaires socialistes bretons dans un communiqué.
Une vague de haine en ligne contre la maire
Depuis l'annonce de l'annulation, Isabelle Assih est la cible d'injures et de menaces sur les réseaux sociaux. Elle a dénoncé cette « vague de haine » lors du conseil communautaire du 28 avril. Les parlementaires socialistes bretons ont condamné « avec la plus grande fermeté les violences verbales, les propos racistes et les menaces proférées en ligne contre [leur] collègue maire ». Ils estiment que « ces dérives, qui se banalisent sur les réseaux sociaux, portent atteinte à la dignité des élus, à leurs proches, et plus largement au bon fonctionnement de notre vie démocratique ». « Quand on s'en prend aux maires, on s'en prend à la République », ont-ils ajouté, réaffirmant leur soutien à l'élue quimpéroise.
Le précédent de Caen et la polémique à Colmar
Le banquet du Canon français à Caen, le 18 avril 2026, a déclenché une controverse nationale. Des participants auraient exécuté des saluts nazis et tenu des propos racistes et homophobes, selon des vidéos et témoignages. À Colmar, un autre banquet est prévu, suscitant l'opposition du député LFI Emmanuel Fernandes. Ce dernier a fustigé « les propos racistes, homophobes et violents » entendus à Caen et demande l'interdiction de l'événement colmarien. En retour, des défenseurs du Canon français qualifient ces rassemblements d'« événement festif » et d'« art de vivre à la française », minimisant les dérives.
Les parlementaires socialistes bretons montent au créneau
Sept parlementaires socialistes bretons ont signé un communiqué de soutien à Isabelle Assih: Mélanie Thomin (députée du Finistère), Jean-Luc Fichet (sénateur du Finistère), Annie Le Houérou (sénatrice des Côtes-d'Armor), Simon Uzenat (sénateur du Morbihan), Sylvie Robert (sénatrice d'Ille-et-Vilaine), Mickaël Bouloux (député d'Ille-et-Vilaine) et Claudia Rouaux (députée d'Ille-et-Vilaine). Ils réaffirment leur attachement aux libertés publiques, notamment la liberté de réunion, mais rappellent qu'elles doivent s'exercer « dès lors que sont garanties la sécurité de tous, le souci de préserver la tranquillité publique et la cohésion locale ». « Or, à chaque fois que des événements du Canon français ont été annoncés ou organisés ces derniers mois, ils ont suscité tensions, controverses et réactions vives dans les territoires concernés », soulignent-ils, appelant à « lucidité et discernement » de la part des élus locaux.
Un précédent qui pèse sur les décisions locales
Le constat des parlementaires est sans appel: les banquets du Canon français sont devenus des sources récurrentes de tensions. Ils imposent aux élus locaux de peser le maintien ou l'annulation de ces événements au vu des précédents. Isabelle Assih a reconnu que la programmation initiale était une erreur, mais sa correction a déclenché une campagne de haine en ligne. La question de la liberté de réunion face aux risques de troubles à l'ordre public reste au cœur du débat. L'affaire illustre la difficulté pour les maires de concilier libertés publiques et maintien de l'ordre, alors que les réseaux sociaux amplifient les polémiques.
Quelles suites pour les banquets du Canon français?
L'annulation à Quimper et les demandes d'interdiction à Colmar montrent une opposition croissante à ces rassemblements. Les parlementaires socialistes bretons en appellent « à la responsabilité de chacun et à l'apaisement ». Le Canon français, qui propose des banquets à 80 € avec des quantités copieuses (un kilo de viande par personne, huit bouteilles de vin pour cinq), continue de susciter des passions. Ses partisans y voient une tradition festive, tandis que ses détracteurs dénoncent des dérives extrémistes. La décision finale pour Colmar n'a pas encore été annoncée, mais le précédent de Quimper pourrait faire jurisprudence.
À retenir
- La maire de Quimper a annulé un banquet du Canon français après les débordements de Caen, provoquant une vague de menaces en ligne.
- Les parlementaires socialistes bretons ont soutenu la maire, condamnant les violences verbales et appelant à la responsabilité.
- Le député LFI Emmanuel Fernandes demande l'interdiction d'un banquet similaire à Colmar.
- Les banquets du Canon français sont devenus des sources récurrentes de tensions, obligeant les élus à évaluer les risques de trouble à l'ordre public.
- L'équilibre entre liberté de réunion et sécurité publique reste au cœur du débat, amplifié par les réseaux sociaux.
- L'affaire illustre la difficulté pour les maires de gérer des événements controversés dans un climat polarisé.




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