Villeurbanne : un corps calciné découvert après une fusillade, le maire réclame des renforts policiers
Dans la nuit du 1er au 2 mai, un homme a été tué par balles et son corps brûlé dans une voiture, probablement lié au narcotrafic; Cédric Van Styvendael demande la création d'une brigade spécialisée.

FRANCE —
Les faits
- Un corps calciné retrouvé dans une voiture incendiée à Villeurbanne, quartier Bel-Air, dans la nuit du 1er au 2 mai.
- La fusillade a également endommagé cinq autres véhicules et laissé de nombreuses douilles et impacts de balles.
- Le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour meurtre en bande organisée et association de malfaiteurs, confiée à la DCOS 69.
- Le maire Cédric Van Styvendael a condamné des faits d'« extrême gravité » et salué l'intervention des forces de l'ordre.
- Van Styvendael réclame la création d'une brigade spécialisée de terrain (BST) pour lutter contre le narcotrafic.
- Le secrétaire départemental du Rhône Alliance Police nationale, Alain Barberis, estime que l'agglomération lyonnaise est passée du narcotrafic au « narcoterrorisme ».
- Van Styvendael a annoncé sa candidature pour un deuxième mandat aux municipales de 2026, avec des propositions sur la sécurité et la propreté.
- Il propose de passer de 75 à plus de 100 policiers municipaux et de créer une brigade motorisée.
Une nuit de violence dans le quartier Bel-Air
Dans la nuit du vendredi 1er au samedi 2 mai, une fusillade a éclaté dans le quartier Bel-Air à Villeurbanne, peu avant minuit. Des habitants ont alerté la police, puis les pompiers, après qu'un véhicule a été incendié. Le feu s'est propagé à cinq autres voitures, tandis que les secours s'efforçaient d'éteindre les flammes. Une fois l'incendie maîtrisé, les pompiers ont découvert un corps calciné à l'intérieur du véhicule, sur le siège conducteur. Sur les lieux, les enquêteurs ont relevé de nombreuses douilles et impacts de balles, tant sur le parking qu'à l'intérieur des bâtiments, témoignant d'un échange de tirs nourri.
Une enquête pour meurtre en bande organisée
Le parquet de Lyon a ouvert une enquête des chefs de meurtre en bande organisée et association de malfaiteurs en vue de commettre un meurtre en bande organisée. L'enquête a été confiée à la Division de la criminalité organisée et spécialisée du Rhône (DCOS 69). Les investigations visent à identifier la victime et les auteurs de ce meurtre, qui apparaît vraisemblablement lié au narcotrafic. Cette fusillade n'est pas un événement isolé. Le week-end précédent, un homme avait été interpellé, fusil d'assaut à la main. Mercredi dernier, deux hommes avaient été ciblés par des tirs. La violence liée au trafic de drogue resurgit régulièrement à Villeurbanne.
La réaction du maire: un appel aux renforts
Le maire de Villeurbanne, Cédric Van Styvendael, est sorti du silence ce midi pour condamner des faits d'« extrême gravité ». Dans un communiqué, il a salué « la rapidité et le professionnalisme » des forces de l'ordre et des sapeurs-pompiers, dont l'intervention a permis de sécuriser les lieux après cette nuit marquée également par l'incendie de plusieurs véhicules. Mais au-delà de la réaction immédiate, l'édile insiste sur un climat sécuritaire de plus en plus préoccupant. « Ces faits ne sont malheureusement pas isolés », souligne-t-il, évoquant une multiplication récente des violences armées dans l'agglomération lyonnaise. Dimanche dernier, Alain Barberis, secrétaire départemental du Rhône Alliance Police nationale, établissait le même constat: « l'agglomération lyonnaise a basculé du narcotrafic au narcoterrorisme ».
Des mesures de sécurité renforcées en débat
Face à cette situation, Cédric Van Styvendael appelle de nouveau à un renforcement des moyens pour lutter contre ces réseaux criminels. Il demande notamment la création d'une nouvelle brigade spécialisée de terrain (BST), déjà réclamée après de précédentes fusillades dans le quartier de Grandclément. « La sécurité des Villeurbannaises et des Villeurbannais ne doit souffrir d'aucun relâchement », conclut-il, en assurant que la municipalité reste « pleinement mobilisée » aux côtés des habitants du quartier des Brosses, directement concernés par les assauts. Le maire sortant, qui brigue un deuxième mandat aux municipales de 2026, a déjà présenté des propositions en matière de sécurité. Il se satisfait de l'action municipale et de l'État dans le quartier du Tonkin, mais veut aller plus loin: passer de 75 à plus de 100 policiers municipaux, continuer le déploiement de caméras et créer « une brigade motorisée face aux véhicules furtifs qu'emploie le narcotrafic ».
Un contexte électoral tendu
Cédric Van Styvendael a annoncé sa candidature pour un deuxième mandat le jeudi 11 décembre 2025, alors que la France insoumise a déjà désigné sa tête de liste, Mathieu Garabedian, et que son ancien mentor et ex-maire de la ville, Jean-Paul Bret, s'est également lancé. Dans Le Progrès, il déclare: « J'ai pris la décision de me présenter aux prochaines élections municipales avec la volonté de garder le cap qui nous a guidés depuis cinq ans avec mon équipe: améliorer le quotidien des Villeurbannais ». Par ailleurs, vice-président à la Métropole de Lyon en charge de la culture, il soutient la candidature du président écologiste sortant Bruno Bernard et attaque l'alliance de Véronique Sarselli (LR) avec Jean-Michel Aulas. « Leur campagne ne repose que sur l'opposition, les petites phrases, le mensonge; leurs vraies propositions, rares, ne sont ni très concrètes, ni réalistes », dit-il.
Propreté et services: les autres priorités de campagne
En matière de propreté, Van Styvendael reconnaît que Villeurbanne n'est pas à la hauteur et promet un « grand plan propreté » en lien avec la Métropole. Il défend son bilan marqué par le développement de la ville et les chantiers en cours d'achèvement des tramways T6, T9 et du bus à haut niveau de service depuis la Part-Dieu. Des travaux qui ont provoqué de nombreuses perturbations, mais qui transforment Villeurbanne, accusée de « vingt ans de retard ». Parmi ses propositions, il propose la gratuité des fournitures scolaires « pour tout le monde » et la gratuité de la cantine scolaire « pour les plus modestes », visant la tranche des quelque 1 200 enfants qui paient 50 centimes à un euro par repas.
L'avenir sécuritaire de l'agglomération lyonnaise en question
L'accumulation des violences armées à Villeurbanne et dans l'agglomération lyonnaise interroge sur l'efficacité des dispositifs actuels. Alors que le narcotrafic semble se muer en « narcoterrorisme », selon les termes d'Alain Barberis, les appels à des renforts policiers se multiplient. La création d'une BST et l'augmentation des effectifs de police municipale sont au cœur des propositions de Van Styvendael, mais leur mise en œuvre dépendra des arbitrages de l'État et de la Métropole. Dans ce contexte, l'enquête en cours devra déterminer les responsabilités et, peut-être, apporter des réponses aux habitants du quartier Bel-Air, qui vivent sous la menace récurrente des règlements de comptes.
À retenir
- Un corps calciné a été retrouvé dans une voiture incendiée après une fusillade à Villeurbanne, probablement liée au narcotrafic.
- Le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour meurtre en bande organisée, confiée à la DCOS 69.
- Le maire Cédric Van Styvendael a condamné les faits et réclame la création d'une brigade spécialisée de terrain.
- L'agglomération lyonnaise est décrite comme étant passée du narcotrafic au « narcoterrorisme » par un syndicaliste policier.
- Van Styvendael, candidat à sa réélection, propose d'augmenter les effectifs de police municipale et de créer une brigade motorisée.
- La violence armée à Villeurbanne s'inscrit dans une série d'incidents récents, dont une interpellation avec fusil d'assaut et des tirs ciblés.







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