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La Boisserie en vente : les petits-fils de Gaulle divisent l'État

Les quatre héritiers du général veulent se séparer de sa demeure historique de Colombey, provoquant une bataille patrimoniale et politique.

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La Boisserie en vente : les petits-fils de Gaulle divisent l'État
Les quatre héritiers du général veulent se séparer de sa demeure historique de Colombey, provoquant une bataille patrimoCrédit · L'Express

Les faits

  • Les quatre petits-fils de Charles de Gaulle sont propriétaires de la Boisserie.
  • La demeure de 14 pièces se situe à Colombey-les-Deux-Églises, en Haute-Marne.
  • Le général de Gaulle est mort dans la bibliothèque de la Boisserie en jouant à la réussite.
  • La croix de Lorraine, érigée en 1972, surplombe la propriété.
  • L'Élysée est mobilisé depuis plusieurs mois sur ce dossier.
  • L'État français a préempté la vente de la Boisserie.

Une vente qui agite le sommet de l'État

La Boisserie, la demeure historique du général de Gaulle à Colombey-les-Deux-Églises, est au cœur d'une bataille patrimoniale et politique. Les quatre petits-fils du fondateur de la Ve République, propriétaires du bien, souhaitent s'en séparer au plus vite. Leur décision a mobilisé l'Élysée depuis plusieurs mois, tant la maison est chargée de symboles. La gentilhommière de 14 pièces, recouverte de vigne, plonge le visiteur dans l'intimité du Général. On y trouve notamment le coffre à cigares offert par Fidel Castro, des photos dédicacées par Kennedy, la reine Elizabeth II et Churchill, ainsi que le téléphone qu'il fit installer à contrecœur après son élection à la présidence.

Les héritiers divisés et la préemption de l'État

Les quatre petits-fils de Gaulle sont connus pour leurs désaccords, tant personnels que politiques. Deux d'entre eux ont eu des errements politiques qui ont alimenté les tensions. L'État français, soucieux de préserver ce lieu de mémoire, a préempté la vente, empêchant ainsi une cession à des acquéreurs privés. La décision de l'État n'a pas totalement apaisé les inquiétudes. La maison, dans un état déplorable selon certains, nécessite d'importants travaux de restauration. Le coût de ces travaux et l'avenir du site restent des questions ouvertes.

Un lieu chargé d'histoire et de symboles

La Boisserie est bien plus qu'une simple résidence. C'est dans cette demeure que le général de Gaulle est mort, jouant à la réussite sur une table de bridge dans la bibliothèque. Le jardin plonge sur une pelouse pentue, au-delà de laquelle se dresse l'immense croix de Lorraine, érigée en 1972. Au pied du monument, le Mémorial consacré à la carrière militaire et politique du héros de la France libre. Chaque objet dans la maison raconte une page d'histoire: le coffre à cigares de Castro, les photos de Kennedy, de la reine Elizabeth II et de Churchill, un briquet, des armes de parade, des plaques commémoratives. Sous l'escalier, le téléphone que le Général détestait décrocher.

Les enjeux politiques et patrimoniaux

La vente de la Boisserie est devenue un casse-tête politique. L'Élysée suit le dossier de près, conscient que ce bien n'est pas un simple immobilier. La maison est un symbole de la France libre et de la Ve République. La préemption de l'État vise à éviter qu'elle ne tombe entre des mains privées qui pourraient en altérer l'esprit. Mais la décision de l'État ne fait pas l'unanimité. Certains estiment que la maison devrait rester dans la famille, d'autres qu'elle doit devenir un musée. Les héritiers eux-mêmes sont divisés, certains souhaitant vendre rapidement, d'autres voulant préserver le patrimoine.

Un avenir incertain pour la demeure du Général

L'avenir de la Boisserie reste incertain. L'État a préempté, mais les modalités de la cession et les travaux nécessaires ne sont pas encore arrêtés. Le coût de la restauration pourrait être élevé, et le financement n'est pas garanti. Le Mémorial Charles de Gaulle, situé à quelques dizaines de mètres, attire déjà de nombreux visiteurs. Une éventuelle ouverture au public de la maison poserait des questions de conservation et de logistique. En attendant, la bataille patrimoniale continue, entre les héritiers, l'État et les défenseurs de la mémoire gaullienne.

Un symbole de la France libre en péril

La Boisserie est un témoin unique de l'histoire du XXe siècle. Sa vente potentielle a ravivé les débats sur la préservation du patrimoine national. Le général de Gaulle, figure tutélaire de la Ve République, a marqué la France et le monde. Sa demeure, figée dans le temps, est un lieu de mémoire essentiel. Les prochains mois seront décisifs. L'État devra trouver un équilibre entre la volonté des héritiers, les contraintes budgétaires et l'impératif de sauvegarde. La Boisserie, comme son propriétaire, reste au cœur des enjeux politiques français.

À retenir

  • Les quatre petits-fils de Charles de Gaulle veulent vendre la Boisserie, sa demeure historique.
  • L'État français a préempté la vente pour éviter une cession privée.
  • La maison est dans un état déplorable et nécessite des travaux coûteux.
  • Le lieu est chargé de symboles: objets de Castro, Kennedy, Churchill, etc.
  • La vente divise les héritiers et mobilise l'Élysée depuis plusieurs mois.
  • L'avenir de la Boisserie reste incertain, entre restauration et ouverture au public.
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