Cuba qualifie de « punition collective » les nouvelles sanctions américaines de Trump
Le président américain a signé un décret ciblant plusieurs secteurs clés de l'économie cubaine, alors que des centaines de milliers de manifestants défilaient à La Havane.
FRANCE —
Les faits
- Donald Trump a signé un décret le 1er mai imposant des sanctions contre les personnes opérant dans l'énergie, la défense, les mines, les services financiers et la sécurité à Cuba.
- Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, a qualifié ces mesures de « punition collective » du peuple cubain.
- Les sanctions visent également les responsables cubains accusés de violations graves des droits de l'homme ou de corruption.
- Plus de six millions de signatures ont été collectées à Cuba « pour la patrie et pour la paix » selon les autorités, une méthode contestée par l'opposition.
- Le défilé du 1er mai à La Havane, mené par le président Miguel Diaz-Canel et l'ancien dirigeant Raul Castro, a rassemblé une foule immense devant l'ambassade des États-Unis.
- Depuis le blocus pétrolier imposé par Washington en janvier, un seul pétrolier russe a atteint Cuba, aggravant les pénuries et les coupures d'électricité.
- Les sanctions interviennent malgré des discussions bilatérales en avril avec des responsables américains de haut rang à Cuba.
Un décret présidentiel aux effets étendus
Le président américain Donald Trump a signé un décret le 1er mai imposant des sanctions contre les personnes impliquées dans des secteurs clés de l'économie cubaine, notamment l'énergie, la défense, les mines, les services financiers et la sécurité. Ce texte cible également les responsables cubains jugés coupables de violations graves des droits de l'homme ou de corruption. Le décret, qui élargit considérablement la portée des mesures restrictives américaines, intervient alors que les relations entre les deux pays semblaient s'apaiser. Des responsables américains de haut rang s'étaient rendus à Cuba en avril pour des discussions bilatérales, laissant entrevoir une possible détente.
La réaction indignée de La Havane
Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, a immédiatement dénoncé ces sanctions comme une « punition collective » infligée au peuple cubain. Dans un message publié sur X en anglais, il a déclaré: « Nous rejetons fermement les récentes mesures coercitives unilatérales adoptées par le gouvernement des États-Unis. Ces actions démontrent une intention d'imposer, une fois de plus, une punition collective au peuple cubain. » Dans une déclaration en espagnol, il a qualifié les sanctions d'« illégales » et d'« abusives ». Le président cubain Miguel Diaz-Canel avait appelé la veille à une mobilisation « contre le blocus génocidaire et les menaces impériales brutales contre notre pays ».
Une mobilisation massive pour le 1er mai
Le décret est entré en vigueur le jour des célébrations du 1er mai, traditionnellement marquées par de grands rassemblements à Cuba. Une foule immense a défilé à La Havane jusqu'à l'ambassade des États-Unis, sous le slogan « Défendre la patrie ». La marche était menée par le président Miguel Diaz-Canel et l'ancien dirigeant révolutionnaire Raul Castro. Les autorités ont affirmé avoir collecté plus de six millions de signatures « pour la patrie et pour la paix » au cours des six dernières semaines. L'opposition a toutefois contesté la méthode de collecte. La télévision d'État a montré des milliers de personnes rassemblées dans d'autres villes cubaines, témoignant de l'ampleur de la mobilisation.
Une économie déjà asphyxiée
Cuba traverse une grave crise économique, aggravée par le blocus pétrolier imposé par Washington en janvier. Depuis cette date, un seul pétrolier russe a réussi à atteindre l'île, située à 145 kilomètres de la Floride. Les pénuries de carburant et les coupures d'électricité sont devenues monnaie courante, tandis que le tourisme, autrefois secteur le plus lucratif du pays, s'est effondré. L'embargo commercial américain, en vigueur de manière quasi ininterrompue depuis la révolution communiste de 1959 dirigée par Fidel Castro, pèse lourdement sur l'économie cubaine. Les nouvelles sanctions ciblent des secteurs stratégiques, accentuant la pression sur un pays déjà en stagnation.
Un contexte de tensions et de paradoxes
Ces sanctions interviennent dans un climat de tensions accrues, mais aussi de paradoxes. Alors que Trump a évoqué l'idée de prendre le contrôle de Cuba, son administration a simultanément envoyé des émissaires à La Havane pour des pourparlers en avril. Cette contradiction illustre les approches fluctuantes de Washington envers l'île. Les mesures du 1er mai s'inscrivent dans une escalade de la rhétorique américaine, mais aussi dans une stratégie de pression maximale visant à affaiblir le gouvernement cubain. Les observateurs s'interrogent sur l'efficacité de ces sanctions, qui risquent de renforcer la détermination du régime tout en aggravant les souffrances de la population.
Quelles perspectives pour l'île?
Face à ces nouvelles sanctions, Cuba semble déterminé à résister. La mobilisation populaire du 1er mai, bien que partiellement orchestrée par le pouvoir, témoigne d'un soutien non négligeable au gouvernement. Toutefois, l'opposition conteste les méthodes de collecte de signatures, laissant entrevoir des fractures internes. Les conséquences économiques des sanctions pourraient être sévères, notamment dans les secteurs de l'énergie et des mines, déjà fragilisés. Le pays devra trouver de nouveaux partenaires commerciaux pour contourner l'étau américain, tandis que la Russie semble être un allié de plus en plus précieux. L'avenir de l'île dépendra en partie de sa capacité à maintenir sa souveraineté face à une pression extérieure croissante.
À retenir
- Donald Trump a signé un décret le 1er mai imposant des sanctions étendues contre l'économie cubaine, ciblant l'énergie, la défense, les mines, les services financiers et la sécurité.
- Cuba a qualifié ces mesures de « punition collective », le ministre des Affaires étrangères Bruno Rodriguez les jugeant « illégales » et « abusives ».
- Une immense manifestation a eu lieu à La Havane le 1er mai, menée par le président Diaz-Canel et Raul Castro, avec plus de six millions de signatures collectées.
- L'économie cubaine est déjà gravement affectée par un blocus pétrolier depuis janvier, des pénuries et des coupures d'électricité récurrentes.
- Les sanctions surviennent après des discussions bilatérales en avril, illustrant les contradictions de la politique américaine envers Cuba.
- Cuba cherche des alternatives, notamment via la Russie, pour faire face à l'isolement économique imposé par les États-Unis.

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