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Plus de 300 000 manifestants défilent pour défendre le 1er-Mai férié et chômé

Entre 158 000 et 300 000 personnes ont battu le pavé en France, tandis que le gouvernement promet une souplesse pour les boulangers et fleuristes sans nouvelle loi.

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Plus de 300 000 manifestants défilent pour défendre le 1er-Mai férié et chômé
Entre 158 000 et 300 000 personnes ont battu le pavé en France, tandis que le gouvernement promet une souplesse pour lesCrédit · BFM

Les faits

  • Plus de 300 000 manifestants selon la CGT, 158 000 selon la police.
  • 15 interpellations en France, dont 7 à Paris.
  • Sophie Binet (CGT) demande une hausse du Smic de 5% et l'indexation des salaires sur les prix.
  • Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou n'a donné 'aucune instruction' aux inspecteurs du travail.
  • Olivier Faure (PS) enfariné lors d'une manifestation à Amiens.
  • Le gouvernement prévoit un projet de loi pour autoriser l'ouverture des boulangeries et fleuristes le 1er-Mai en 2027.
  • Les cinq confédérations syndicales ont émis un avis négatif sur le projet de loi.

Une mobilisation massive dans toute la France

Plus de 300 000 personnes ont manifesté ce 1er-Mai dans toute la France, selon un décompte de la CGT, dont environ 100 000 à Paris. Les autorités font état de 158 000 manifestants au niveau national. Les cortèges se sont déroulés dans le calme, avec seulement 15 interpellations, dont sept dans la capitale. La journée a été marquée par une forte présence syndicale, avec les cinq confédérations représentatives (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC) unies pour défendre le caractère férié et chômé du 1er-Mai. Les manifestants ont également réclamé des hausses de salaires et une meilleure protection du pouvoir d'achat.

Le gouvernement prône la souplesse sans texte de loi

Le gouvernement a promis une certaine souplesse pour les boulangers et fleuristes artisanaux souhaitant ouvrir ce 1er-Mai, mais sans nouvelle loi pour l'instant. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a annoncé mercredi n'avoir donné 'aucune instruction' aux inspecteurs du travail, tout en lançant un appel à 'l'intelligence collective'. Cette position ambiguë laisse les commerçants dans le brouillard juridique. Alors que le gouvernement prévoit un projet de loi pour 2027 autorisant ces ouvertures, les syndicats dénoncent une remise en cause du seul jour férié et chômé en France.

Les syndicats unis contre le projet de loi

Les cinq confédérations syndicales ont émis un avis négatif sur le projet de loi gouvernemental. Elles avaient précédemment obtenu que la proposition de loi de l'ancien Premier ministre Gabriel Attal, qui prévoyait des ouvertures beaucoup plus larges, ne soit pas votée à l'Assemblée nationale. 'Pas de projet de loi sur le 1er-Mai, défendons le 1er-Mai', a tonné Frédéric Souillot, secrétaire général de FO, lors du congrès de son organisation. Les dirigeantes de la CFDT et de la CGT, Marylise Léon et Sophie Binet, étaient également attendues dans le cortège parisien.

Des revendications salariales au cœur des cortèges

Au-delà de la défense du 1er-Mai, les manifestants ont porté des revendications salariales pressantes. Sophie Binet, numéro un de la CGT, a adressé une lettre au Premier ministre Sébastien Lecornu demandant une hausse du Smic de 5% et une indexation des salaires sur les prix. Thomas Vacheron, secrétaire confédéral de la CGT, a résumé les priorités: 'L'augmentation générale des salaires et le blocage du prix des carburants. Certainement pas de contraindre les salariés à travailler le 1er-Mai.'

Un climat politique tendu et des incidents symboliques

La journée a été marquée par des incidents symboliques. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a été enfariné lors d'une manifestation à Amiens. À Liévin, dans le Pas-de-Calais, la cérémonie annuelle en mairie avec les syndicats a été supprimée par la municipalité RN fraîchement élue, une décision jugée particulièrement choquante dans cette ville où 42 mineurs ont péri en 1974. Julie Ferrua, co-déléguée générale de Solidaires, a souligné l'importance de 'rappeler cette attaque qu'il y a eu sur le 1er-Mai, rappeler les accidents du travail, rappeler aussi que l'extrême droite n'est pas pour les travailleurs'. Le RN soutenait en effet la proposition de loi Attal, avec la droite et le bloc central.

Entre tradition et nécessité économique, le dilemme des artisans

Pour de nombreux artisans, le 1er-Mai est aussi une tradition commerciale. Léïa Faraglia, 23 ans, apprentie fleuriste, explique: 'Je comprends l'importance du 1er mai, mais pour nous c'est aussi une tradition d'ouvrir et de vendre du muguet.' Elle déplore le manque de contrôles des vendeurs à la sauvette. Sadia Belkasemi, vendeuse salariée d'une boulangerie indépendante à Paris, travaillera pour être 'payée double', mais confie: 'Je ne suis pas pour. À choisir, j'aimerais autant ne pas travailler.'

Quel avenir pour le 1er-Mai férié et chômé?

Le gouvernement promet un projet de loi pour 2027, mais les syndicats restent mobilisés. Caroline Chevé, secrétaire générale de la FSU, prédit que 'le contexte de l'attaque très forte sur le 1er-Mai donnera un climat particulier' aux cortèges. Yvan Ricordeau, numéro deux de la CFDT, note la 'tonalité importante du 1er-Mai cette année' et la 'volonté des militants d'apparaître présents pour défendre le seul jour férié et chômé' en France. L'issue de cette bataille politique et sociale reste incertaine.

À retenir

  • Entre 158 000 et 300 000 personnes ont manifesté pour défendre le 1er-Mai férié et chômé.
  • Le gouvernement promet une souplesse pour les boulangers et fleuristes sans nouvelle loi, mais un projet est prévu pour 2027.
  • Les cinq confédérations syndicales s'opposent au projet de loi et réclament des hausses de salaires.
  • Sophie Binet demande une hausse du Smic de 5% et l'indexation des salaires sur les prix.
  • Des incidents symboliques ont marqué la journée, dont l'enfarinage d'Olivier Faure et l'annulation de la cérémonie à Liévin.
  • Le débat sur l'ouverture des commerces le 1er-Mai reste vif, entre tradition et nécessité économique.
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