Catherine Deneuve incarne une Bernadette Chirac émancipée dans une satire bienveillante diffusée ce dimanche sur France 2
Le premier long-métrage de Léa Domenach, mêlant faits avérés et libertés fictionnelles, a attiré 3,49 millions de téléspectateurs, devançant de peu TF1.

FRANCE —
Les faits
- Film diffusé le dimanche 3 mai 2026 à 21h10 sur France 2.
- 3,49 millions de téléspectateurs, soit 18,8 % de part d'audience (4 ans et plus).
- Catherine Deneuve incarne Bernadette Chirac, Michel Vuillermoz joue Jacques Chirac.
- Scénario co-écrit par Léa Domenach et Clémence Dargent, respectant la chronologie 1995-2007.
- Le film s'inspire de rumeurs (nuit du 31 août 1997, rencontre secrète avec Nicolas Sarkozy en 2007).
- La réalisatrice est la fille du journaliste Nicolas Domenach.
- Le film a été leader sur France 2, mais TF1 a dominé sur les FRDA-50 avec 35,3 %.
- Denis Podalydès joue le conseiller fidèle de Bernadette.
Un pari audacieux pour un premier film
Catherine Deneuve, peu encline au biopic, a d'abord réagi avec scepticisme quand son agent lui a proposé le scénario de Léa Domenach. « Bernadette Chirac? C’est une blague? », s’est-elle exclamée. Pourtant, séduite par l'écriture « formidable, très drôle » de Domenach et de sa co-scénariste Clémence Dargent, l'actrice a accepté le rôle après une rencontre avec la réalisatrice. « Léa m’a tout de suite fait comprendre qu’il ne s’agissait ni d’une adaptation précise ni de véritablement ressembler à Bernadette Chirac, juste d’être dans l’esprit du personnage », confie Deneuve. Léa Domenach, fille du journaliste Nicolas Domenach et de Michèle Fitoussi, a grandi « biberonnée aux Guignols de l’info ». Elle admet avoir eu une image « assez négative, austère, voire carrément ringarde » de l'épouse de Jacques Chirac. Cette perception a radicalement changé lorsqu'elle a découvert le documentaire Bernadette Chirac, mémoires d’une femme libre, réalisé par Anne Barrère, ancienne conseillère en communication de Bernadette à l'Élysée. « J’ai été surprise par sa liberté de parole. Je l’ai découverte drôle et affranchie », raconte la cinéaste.
Entre faits avérés et libertés fictionnelles
Le film couvre la période 1995-2007, des deux mandats de Jacques Chirac. « Avec ma co-scénariste, nous avons lu et regardé tout ce qui était possible sur le couple Chirac, et nous en avons tiré un grand nombre de petites phrases et d’anecdotes, en respectant à la lettre la chronologie », explique Léa Domenach. Une fois le cadre historique posé, les autrices ont pris des libertés: « Nous écrivions une fiction. Nous n’avons pas cherché à faire un portrait hagiographique, mais un vrai personnage de comédie. » Parmi les épisodes romancés, la nuit de la mort de Lady Diana, le 31 août 1997. Selon une rumeur lancée par le chauffeur de Jacques Chirac, Jean-Claude Laumond, le président aurait passé la nuit avec l'actrice italienne Claudia Cardinale. Dans le film, Bernadette secoue l'Élysée pour retrouver son mari. « C'est une rumeur, on ne saura jamais si c'est vrai. Ce qui est avéré, c'est qu'il a été introuvable pendant de nombreuses heures », précise Domenach. Pour des raisons juridiques, le nom de Claudia Cardinale n'est pas utilisé; le film évoque une « actrice italienne ».
Le conflit avec le chauffeur et la revanche de Bernadette
Jean-Claude Laumond, chauffeur attitré de Jacques Chirac pendant 25 ans, a publié en 2001 un livre de révélations, Vingt-cinq ans avec lui. Dans le film, le personnage, rebaptisé Molinier et interprété par Lionel Abelanski, entretient des rapports tendus avec Bernadette. La scène où elle le fait boire pour le faire arrêter en état d'ébriété est une invention. « La vraie histoire, c'est que Bernadette détestait Laumond car il était l'alibi des infidélités de son mari. Elle a essayé de s'en débarrasser pendant des années, mais Jacques Chirac ne voulait pas le lâcher. Elle a enfin eu sa peau, mais d'une façon beaucoup plus politicienne sur le long terme », révèle la réalisatrice. Cette anecdote illustre le thème central du film: l'émancipation de Bernadette Chirac. « C’est contre toutes ces petites humiliations que Bernadette Chirac a un jour choisi de se rebeller, et c’est cette revanche que j’ai voulu raconter », ajoute Domenach. Le film montre comment, avec la complicité d'un conseiller (Denis Podalydès), elle s'impose comme la meilleure stratège du chiraquisme finissant, passant de « potiche chic » à atout politique.
Rencontre secrète et relooking: les inventions qui font rire
Deux autres séquences clés sont des inventions assumées. La rencontre secrète entre Bernadette Chirac et Nicolas Sarkozy en 2007, bien que réelle, est située dans un confessionnal dans le film. « On sait qu'ils se sont rencontrés en secret pendant sa campagne de 2007, nous avons choisi de situer cette rencontre dans un confessionnal parce que ça nous faisait rire », explique Domenach. De même, le relooking de Bernadette par Karl Lagerfeld est une fiction: « On sait que Karl Lagerfeld était très proche d'elle et que sa garde-robe a évolué; nous avons imaginé cette scène amusante. » Ces libertés, assumées par la réalisatrice, contribuent au ton de « satire bienveillante » du film. Catherine Deneuve souligne: « Près de trente ans ont passé. On a toujours beaucoup d’indulgence avec le temps. Un jour, sans doute, on écrira un livre beaucoup plus dur et plus cruel sur Bernadette Chirac… le film reste une fiction, une fable. »
Audience: France 2 leader, mais TF1 domine sur les cibles commerciales
Diffusé ce dimanche 3 mai 2026 à 21h10, Bernadette a attiré 3,49 millions de téléspectateurs, soit 18,8 % du public âgé de quatre ans et plus, selon Médiamétrie. Ce score permet à France 2 d'être leader de peu face à TF1, qui misait sur une rediffusion du Diable s'habille en Prada (3,39 millions, 20,0 % de part d'audience). Cependant, sur la cible commerciale des Femmes responsables des achats de moins de 50 ans (FRDA-50), TF1 obtient 35,3 % de part de marché, contre une donnée non communiquée pour France 2. France 3 complète le podium avec Inspecteur Barnaby (2,62 millions, 14,0 %), tandis que M6 suit avec Zone interdite (1,29 million, 7,5 %). Arte séduit 723 000 cinéphiles avec Donnie Brasco (4,1 %).
Un casting de choix et une satire politique
Outre Catherine Deneuve, le film réunit Michel Vuillermoz (Jacques Chirac), Sara Giraudeau (Claude Chirac), Denis Podalydès et Maud Wyler. Le long-métrage, qualifié de « satire bienveillante », entarte avec gourmandise les barons de la Chiraquie, notamment Dominique de Villepin, bête noire de Bernadette, qui ne lui pardonne pas la dissolution ratée de l'Assemblée nationale. « Dans le film, on voit à quel point Jacques Chirac était dur avec elle, ce qui est avéré », précise Domenach. La réalisatrice insiste sur la dimension documentée du film, tout en revendiquant le droit à la fiction. « La plus grande partie du scénario est basée sur des faits avérés », affirme-t-elle, citant les nombreuses lectures et visionnages effectués avec sa co-scénariste. Le résultat est un portrait nuancé, entre comédie féroce et farce, qui a séduit le public.
À retenir
- Le film Bernadette, premier long-métrage de Léa Domenach, mêle faits historiques et inventions comiques pour raconter l'émancipation de Bernadette Chirac.
- Catherine Deneuve incarne le rôle-titre, aux côtés de Michel Vuillermoz (Jacques Chirac) et Sara Giraudeau (Claude Chirac).
- La diffusion sur France 2 le 3 mai 2026 a attiré 3,49 millions de téléspectateurs, soit 18,8 % de part d'audience.
- Le film respecte la chronologie 1995-2007 mais prend des libertés, comme la rencontre secrète avec Nicolas Sarkozy dans un confessionnal.
- La réalisatrice s'est inspirée du documentaire Bernadette Chirac, mémoires d'une femme libre d'Anne Barrère pour changer son regard sur l'ancienne Première dame.
- Le conflit avec le chauffeur Jean-Claude Laumond est romancé, mais le thème de la revanche de Bernadette est central.







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