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Balise et micro dans un véhicule du STC : le syndicat dénonce des « pratiques barbouzardes »

Le Syndicat des Travailleurs Corses accuse l'État de surveillance ciblée après la découverte d'un dispositif de géolocalisation et d'écoute dans l'un de ses véhicules.

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Balise et micro dans un véhicule du STC : le syndicat dénonce des « pratiques barbouzardes »
Le Syndicat des Travailleurs Corses accuse l'État de surveillance ciblée après la découverte d'un dispositif de géolocalCrédit · Corse Matin

Les faits

  • Le STC a découvert un dispositif de géolocalisation et d'écoute dans l'un de ses véhicules.
  • Le syndicat a tenu une conférence de presse le 4 mai 2026 à Ajaccio, dans le quartier du Finosello.
  • Une cinquantaine de militants étaient présents derrière la tribune.
  • Jean-Toussaint Poli a dénoncé des méthodes « indignes » et une surveillance ciblée.
  • Me Laura-Maria Poli, avocate du STC, a souligné que la carte grise est au nom du syndicat.
  • La LDH, représentée par André Paccou, a apporté son soutien au STC.
  • Le STC accuse l'État de mobiliser ses moyens contre des militants patriotiques.
  • Sulidarità a condamné ces pratiques lors de la Ghjurnata internaziunale di i prighjuneri pulitichi.

Un dispositif clandestin découvert dans un véhicule syndical

Le Syndicat des Travailleurs Corses (STC) a révélé lundi 4 mai, lors d'une conférence de presse tenue dans ses locaux du Finosello à Ajaccio, la découverte d'un dispositif combinant géolocalisation et écoute dans l'un de ses véhicules. Le syndicat affirme que ce matériel est « d'origine policière » et dénonce une « surveillance ciblée » visant ses militants. « Nous dénonçons avec la plus grande fermeté ces méthodes indignes qui s'inscrivent dans une logique de surveillance ciblée et de mise sous pression visant des militants du STC », a déclaré Jean-Toussaint Poli, s'appuyant sur un texte rédigé pour l'occasion. Une cinquantaine de personnes s'étaient massées derrière la tribune pour manifester leur soutien.

Le STC accuse l'État de dérives et de pratiques barbouzardes

Le syndicat considère que ces méthodes « témoignent de la volonté de l'État de maintenir et d'utiliser des juridictions d'exception, lesquelles ne peuvent qu'alimenter des dérives et créer les conditions de pratiques barbouzardes à l'encontre des militants syndicaux ». Jean-Toussaint Poli a rappelé les problèmes qui « gangrènent » la Corse – drogue, grand banditisme – et jugé « inadmissible de constater que les moyens de l'État français semblent, une fois encore, mobilisés prioritairement contre des militants patriotiques ». Me Laura-Maria Poli, avocate du STC, a souligné que « la carte grise est au nom du STC », estimant que le dispositif ne visait pas un syndicaliste en particulier mais l'ensemble de l'organisation. « Si on veut viser un militant, on doit mettre ce dispositif sur des biens qui lui appartiennent », a-t-elle assuré.

Soutien de la LDH et de Sulidarità

La Ligue des droits de l'homme (LDH), représentée par André Paccou, a apporté son soutien au STC et appelé à la vigilance. Par ailleurs, l'association Sulidarità, à l'occasion de la Ghjurnata internaziunale di i prighjuneri pulitichi organisée à Ajaccio, a condamné fermement ces pratiques, les inscrivant dans une logique plus large de répression. « Ces faits ne peuvent être considérés comme isolés. Ils s'inscrivent dans une continuité, celle d'un usage préoccupant d'outils policiers et judiciaires à l'encontre de l'engagement militant », a déclaré Sulidarità dans un communiqué. L'association a appelé à une « prise de conscience collective » et à une « solution politique ».

Un climat de suspicion généralisée

Sulidarità a estimé que les révélations du STC confirment une logique visant à « banaliser le contrôle, criminaliser la contestation, installer un climat de suspicion généralisée ». L'association a dénoncé un système qui « surveille, fiche et intimide », et a réclamé le respect des droits fondamentaux, des droits syndicaux et des principes démocratiques. « Derrière chaque militant ciblé, ce sont des familles, des enfants, une société entière qui subissent les conséquences humaines de cette répression », a-t-elle ajouté. Le communiqué s'achève par des slogans en corse: « Più chè mai, feremu fronte. Basta à a ripressione. À SDAT fora. »

Le STC réaffirme son engagement légal et public

Face à ces accusations, le STC a tenu à rappeler qu'il défend toujours « publiquement et légalement » les droits des travailleurs. Le syndicat se défend de toute illégalité et insiste sur la légitimité de son action. Cette affaire survient dans un contexte tendu en Corse, marqué par les 50 ans de la création du FLNC et par d'autres incidents récents, comme l'intrusion et les dégradations au stade Michel-Moretti à Ajaccio. Le STC a appelé à la vigilance et à la mobilisation, tandis que la LDH a promis de suivre l'évolution de l'enquête. Les autorités n'ont pas encore réagi officiellement à ces accusations.

À retenir

  • Le STC a découvert un dispositif de géolocalisation et d'écoute dans un de ses véhicules, qu'il attribue à la police.
  • Le syndicat dénonce une surveillance ciblée et des « pratiques barbouzardes » de la part de l'État.
  • La LDH et Sulidarità apportent leur soutien au STC et appellent à la vigilance.
  • Sulidarità inscrit ces faits dans un système de répression plus large visant les militants corses.
  • Le STC réaffirme son action légale et publique, tandis que l'enquête se poursuit.
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