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Trois morts sur le MV Hondius : un foyer d'hantavirus confirmé, l'OMS en alerte

Un cas d'infection à hantavirus a été confirmé en laboratoire et cinq autres sont suspectés à bord du navire de croisière, actuellement au large du Cap-Vert.

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Trois morts sur le MV Hondius : un foyer d'hantavirus confirmé, l'OMS en alerte
Un cas d'infection à hantavirus a été confirmé en laboratoire et cinq autres sont suspectés à bord du navire de croisièrCrédit · Le Monde.fr

Les faits

  • Trois passagers du MV Hondius sont décédés d'un syndrome respiratoire aigu.
  • Un cas de hantavirus a été confirmé par l'OMS; cinq autres cas sont suspectés.
  • Un Britannique de 69 ans est en soins intensifs à Johannesburg, testé positif.
  • Un couple de Néerlandais figure parmi les trois décès, selon une source anonyme.
  • Le premier malade, un homme de 70 ans, est mort à bord; son corps est à Sainte-Hélène.
  • L'OMS estime le risque de propagation « faible » et déconseille les restrictions de voyage.
  • Le navire compte environ 150 touristes et cinq passagers français à bord.
  • Le séquençage du virus est en cours; les autorités du Cap-Vert ont refusé le débarquement.

Un foyer mortel sur l'Atlantique

Trois passagers du MV Hondius, un navire de croisière reliant Ushuaïa, en Argentine, au Cap-Vert, sont morts des suites d'un syndrome respiratoire aigu. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé dimanche 3 mai 2026 qu'un cas d'infection à hantavirus avait été identifié en laboratoire, et que cinq autres cas étaient suspectés. Sur les six personnes touchées, trois sont décédées et une se trouve en soins intensifs en Afrique du Sud. Le navire est actuellement stationné au large de Praia, la capitale du Cap-Vert, avec environ 150 touristes à bord. Les autorités cap-verdiennes ont refusé que des passagers débarquent, tandis que l'OMS organise l'évacuation médicale de deux passagers présentant des symptômes et procède à une évaluation complète des risques.

Le premier décès et l'évacuation vers l'Afrique du Sud

Le premier passager à tomber malade était un homme de 70 ans, qui est décédé à bord. Son corps a été déposé sur l'île de Sainte-Hélène, un territoire britannique de l'Atlantique sud. Son épouse, âgée de 69 ans, a également été infectée; évacuée vers l'Afrique du Sud, elle est morte dans un hôpital de Johannesburg à une date non précisée. Un troisième malade, un Britannique de 69 ans, a été hospitalisé en soins intensifs à Johannesburg. Le porte-parole du ministère sud-africain de la Santé, Foster Mohale, a confirmé qu'il avait été testé positif à un hantavirus. Selon une source anonyme proche du dossier, un couple de Néerlandais figure parmi les trois décès; la troisième victime serait toujours à bord du MV Hondius.

Un virus rare transmis par les rongeurs

Les hantavirus sont principalement transmis à l'être humain par des rongeurs infectés – souris, rats – via leur salive, urine ou excréments, ou par inhalation de poussière contaminée. Il n'existe pas de traitement spécifique ni de vaccin contre ces virus, a rappelé le Pr Djillali Annane, spécialiste en médecine intensive-réanimation. Les soins se limitent à soulager les symptômes. Parmi les différents variants, certains provoquent des fièvres hémorragiques avec syndrome rénal (FHSR) en Europe et en Asie, avec un taux de mortalité de 0 à 10 %. Sur le continent américain, le syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH) est bien plus létal, jusqu'à 60 %. Environ 200 cas de SPH surviennent chaque année, principalement en Amérique du Nord et du Sud.

Un faible risque de propagation selon l'OMS

L'OMS a estimé lundi 4 mai que le foyer présentait un « faible risque » de propagation. « Il n'y a aucune raison de céder à la panique ni d'imposer des restrictions de voyage », a déclaré Hans Kluge, directeur régional de l'OMS Europe, dans un communiqué. Il a souligné que les infections à hantavirus étaient rares et ne se transmettaient « pas facilement entre personnes ». Le Dr Benjamin Rossi, chef de service en maladies infectieuses, a précisé que seul le hantavirus des Andes, extrêmement rare, peut se transmettre d'humain à humain, avec des cas décrits uniquement en Argentine et au Chili. « Dans le cas de ce bateau, difficile de savoir si cela vient de rats à bord ou si c'est une personne infectée qui est montée dans le bateau », a ajouté Anne-Claude Crémieux, présidente de la commission technique des vaccinations de la Haute autorité de Santé (HAS).

Cinq passagers français à bord, le navire poursuit sa route

Le ministère français de la Santé a indiqué lundi 4 mai que cinq passagers français se trouvaient à bord du MV Hondius. Le navire devrait continuer son voyage après la période de quarantaine et les évaluations sanitaires. L'OMS a précisé que le séquençage du virus était en cours pour identifier la souche exacte. Les autorités sanitaires sud-africaines et cap-verdiennes collaborent avec l'OMS pour assurer la prise en charge médicale des passagers et de l'équipage. Aucune information n'a été communiquée sur la date à laquelle les premiers symptômes sont apparus ni sur la durée de la croisière.

Une crise sanitaire aux leçons du passé

Cet incident rappelle la vulnérabilité des navires de croisière face aux épidémies, comme lors de la pandémie de Covid-19. Bien que le hantavirus soit rare et peu contagieux entre humains, la promiscuité à bord et le long trajet transatlantique compliquent la gestion sanitaire. L'absence de traitement spécifique et de vaccin rend la prévention cruciale. Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré dimanche soir sur X que l'organisation « organise l'évacuation médicale de deux passagers présentant des symptômes, procède à une évaluation complète des risques et apporte son soutien aux personnes concernées à bord ». L'issue de cette crise dépendra des résultats du séquençage et de la capacité à contenir le foyer à bord.

À retenir

  • Trois passagers du MV Hondius sont morts d'un syndrome respiratoire aigu lié à un hantavirus confirmé.
  • Un Britannique de 69 ans est en soins intensifs à Johannesburg; un couple de Néerlandais figure parmi les victimes.
  • L'OMS estime le risque de propagation faible et ne recommande pas de restrictions de voyage.
  • Le hantavirus se transmet par les rongeurs; seule la souche des Andes est contagieuse entre humains, de façon rarissime.
  • Cinq passagers français sont à bord; le navire reste au large du Cap-Vert, débarquement refusé.
  • Le séquençage du virus est en cours pour déterminer la souche exacte et orienter la réponse sanitaire.
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