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Maxime Lucu et l'UBB face à Bath : la fièvre européenne comme moteur

Le capitaine bordelais veut éviter de « tout gâcher » après une saison en dents de scie en Top 14, alors que son équipe dispute sa troisième demi-finale consécutive de Coupe des champions à domicile.

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Maxime Lucu et l'UBB face à Bath : la fièvre européenne comme moteur
Le capitaine bordelais veut éviter de « tout gâcher » après une saison en dents de scie en Top 14, alors que son équipe Crédit · Le Figaro

Les faits

  • L'UBB affronte Bath en demi-finale de Coupe des champions dimanche 4 mai à 16 heures au stade Atlantique.
  • Bordeaux-Bègles a remporté la compétition l'an dernier à Cardiff.
  • Le manager Yannick Bru est suspendu et ne pourra pas être en contact avec l'équipe le jour du match.
  • Le pilier Jefferson Poirot est suspendu pour un plaquage dangereux en Top 14.
  • L'UBB a perdu à domicile contre Montpellier (23-21) le 25 avril en Top 14.
  • Bath, entraîné par Johann Van Graan, a remporté le championnat anglais et la Challenge Cup la saison dernière.
  • Maxime Lucu a évoqué une « fièvre européenne » après la victoire en quarts contre Toulouse (30-15) le 12 avril.

Une demi-finale à domicile pour confirmer l'emprise européenne

L'Union Bordeaux-Bègles dispute dimanche 4 mai (16 heures) sa troisième demi-finale consécutive de Coupe des champions, une performance qui témoigne de son ancrage parmi l'élite européenne. Le tenant du titre reçoit Bath au stade Atlantique, dans une enceinte où il n'a plus perdu un match de phase finale depuis 2024. Le capitaine Maxime Lucu, auteur d'une prestation remarquée en quarts de finale contre Toulouse (30-15 le 12 avril), a résumé l'état d'esprit de son équipe: « Pas envie de tout gâcher. » Cette rencontre intervient dans un contexte paradoxal: si l'UBB excelle sur la scène continentale, elle peine à trouver sa régularité en Top 14. La semaine précédant la demi-finale, les Girondins se sont inclinés à domicile face à Montpellier (23-21), un revers que Lucu a attribué à un manque d'engagement et d'agressivité. « Moi le premier, jouer 25 minutes de temps de jeu effectif, ce n'est pas pour ça que je fais du rugby », a-t-il prévenu, conscient que les conditions météorologiques annoncées – des averses – pourraient ancrer le match dans le combat au sol.

L'absence de Poirot et la suspension de Bru, des sources de motivation

L'UBB devra composer sans deux figures majeures. Le pilier gauche Jefferson Poirot, pilier historique du club, a été suspendu en milieu de semaine pour un plaquage dangereux en championnat. Ses coéquipiers ont qualifié cette sanction d'« injustice » et se sont promis de lui ouvrir une fenêtre vers la finale du 23 mai à Bilbao. « C'est toujours ça de gagné en source de motivation », a glissé un joueur. Le manager Yannick Bru est également puni par la commission de discipline de la LNR. Il devra quitter ses troupes à l'arrivée au stade et se tenir dans un endroit isolé, sans contact physique avec l'équipe jusqu'à la fin du match. « Ça me privera des vibrations proches du groupe, mais ça ne modifiera pas grand-chose », a-t-il assuré, expliquant que la responsabilité a été transférée aux leaders, un processus habituel.

Bath, un adversaire à la mentalité sud-africaine

Bath se présente comme un demi-finaliste redoutable, décrit par Yannick Bru comme « une équipe bien coachée, avec une mentalité très sud-africaine, calme, confiante, sûre de sa puissance et de ses efforts ». L'entraîneur sud-africain Johann Van Graan a mené le club au titre national anglais et à la Challenge Cup la saison dernière, tout en canalisant la fantaisie de l'ouvreur Finn Russell et en faisant éclore des talents comme Guy Pepper. L'effectif compte également des joueurs confirmés tels que Beno Obano et Henry Arundell. Pour l'UBB, le défi est autant physique que mental. Bru a souligné que le jeu de la Coupe des champions convient parfaitement au style de ses troupes, fondé sur l'urgence, le tempo élevé et les fulgurances de Matthieu Jalibert ou Louis Bielle-Biarrey. « Depuis trois ans, on s'est éduqués et habitués à cette compétition, on a développé une relation spéciale avec la Coupe des champions », a-t-il expliqué, reconnaissant que ce même état d'esprit « joue des tours en Top 14 ».

Une identité bordelaise qui s'épanouit en Coupe d'Europe

L'UBB a appris à aimer la Coupe des champions depuis sa première demi-finale en 2021, où Toulouse l'avait sèchement battue (21-9). Le titre conquis l'an dernier au Millennium de Cardiff a achevé de convertir le président Laurent Marti, longtemps plus attiré par le Brennus. Le manager Yannick Bru, convaincu des vertus émancipatrices de la compétition, a contribué à forger cette identité européenne. « Pour un ensemble de raisons, certaines palpables, d'autres de l'ordre de l'irrationnel, on prend beaucoup de plaisir à jouer la Coupe des champions. Là, il n'y a que cette excitation qui nous anime », a résumé Bru. Une excitation que les Bordelais espèrent transformer en performance pour emporter Bath dans leur « siphon de folie ».

Les enjeux d'une victoire: une finale à Bilbao en ligne de mire

Une victoire dimanche propulserait l'UBB en finale de la Coupe des champions, prévue le 23 mai à Bilbao. Ce serait l'occasion de défendre son titre et de marquer un peu plus l'histoire du club. Mais l'équipe sait que la route est semée d'embûches, d'autant que Bath n'a rien à perdre et joue avec la confiance d'un champion. Le contexte domestique ajoute une pression supplémentaire: après une saison en dents de scie en Top 14, où l'UBB a parfois semblé « en sous-chauffe », une performance européenne de haut niveau pourrait redonner de l'élan. Les joueurs ont promis de se montrer plus combatifs que face à Montpellier, conscients que l'engagement sera la clé face à des Anglais réputés pour leur puissance.

L'avis du capitaine: ne pas gâcher l'héritage européen

Maxime Lucu, capitaine et maître à jouer de l'UBB, incarne cette fièvre européenne qui anime le club. Après la victoire contre Toulouse, il avait chanté cette passion contagieuse qui saisit ses coéquipiers comme la ville. À la veille de la demi-finale, il a mis en garde contre tout relâchement: « Pas envie de tout gâcher. » Le numéro 9 sait que son équipe a les moyens de ses ambitions, à condition de retrouver l'agressivité qui lui a fait défaut en championnat. « Il y a des matches où ça arrive, et notamment quand il va pleuvoir », a-t-il ironisé, en référence aux conditions météorologiques. Son leadership sera crucial pour maintenir la concentration et l'intensité pendant les 80 minutes.

À retenir

  • L'UBB dispute sa troisième demi-finale consécutive de Coupe des champions, une première dans l'histoire du club.
  • Le capitaine Maxime Lucu et le manager Yannick Bru placent la « fièvre européenne » au cœur de la motivation collective.
  • Les suspensions de Jefferson Poirot et de Yannick Bru sont vécues comme des injustices et des sources de motivation supplémentaires.
  • Bath, champion d'Angleterre en titre, présente un défi physique et tactique de premier plan avec une mentalité sud-africaine.
  • Le match se jouera sous la pluie annoncée, ce qui pourrait favoriser un combat au sol et exiger une adaptation tactique.
  • Une victoire ouvrirait la voie à une finale à Bilbao le 23 mai, où l'UBB défendrait son titre européen.
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