Culture

Sarah Knafo, candidate à la mairie de Paris, promet 10 milliards d'économies et une baisse drastique des impôts

L'eurodéputée Reconquête, compagne d'Éric Zemmour, se lance dans la course municipale parisienne en excluant une candidature à la présidentielle de 2027.

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Sarah Knafo, candidate à la mairie de Paris, promet 10 milliards d'économies et une baisse drastique des impôts
L'eurodéputée Reconquête, compagne d'Éric Zemmour, se lance dans la course municipale parisienne en excluant une candidaCrédit · Le Figaro

Les faits

  • Sarah Knafo, 32 ans, est née à Pavillons-sous-Bois en Seine-Saint-Denis.
  • Diplômée de Sciences Po et de l'ENA, elle a été magistrate à la Cour des Comptes.
  • Elle a fondé Reconquête avec Éric Zemmour en 2021 et en est la secrétaire générale.
  • Elle est députée européenne et vice-présidente du groupe Europe des Nations Souveraines.
  • Elle promet un plan d'économies de près de 10 milliards d'euros pour baisser les impôts des Parisiens.
  • Elle souhaite diviser par deux la taxe foncière et organiser au moins deux référendums par an.
  • Un sondage Ipsos de décembre lui accorde 7% des intentions de vote au premier tour, ex aequo avec le candidat RN Thierry Mariani.
  • Elle exclut de se présenter à la présidentielle de 2027, espérant qu'Éric Zemmour sera candidat.

Une candidature pour redresser une capitale en déclin

Sarah Knafo, eurodéputée du parti Reconquête, a officialisé mercredi sa candidature à la mairie de Paris. Elle entend "redresser" une capitale qu'elle juge en "déclin". Elle promet d'être "impitoyable dans le redressement d'une situation catastrophique" sur la sécurité, la propreté, le logement et contre les "gabegies". L'élue de 32 ans se donne "six ans pour redresser la plus belle capitale du monde", excluant ainsi de se présenter à la présidentielle de 2027. Elle espère que son parti aura "un autre candidat" pour cette échéance, faisant référence à son compagnon Éric Zemmour. Sa candidature, attendue, fait de Sarah Knafo la sixième candidate déclarée pour les municipales des 15 et 22 mars à Paris.

Un plan d'économies de 10 milliards d'euros et une baisse des impôts

Sarah Knafo promet "un plan d'économies de près de 10 milliards d'euros pour pouvoir enfin baisser les impôts des Parisiens". Elle souhaite "diviser par deux la taxe foncière" et organiser "au moins deux référendums par an" si elle est élue. Ces mesures s'inscrivent dans une ligne libérale décomplexée qu'elle défend régulièrement dans les médias, notamment ceux du groupe Bolloré. Elle prône la suppression des droits de succession, la retraite par capitalisation et la privatisation de l'audiovisuel public. L'eurodéputée revendique ses affinités avec le président argentin Javier Milei, figure de proue du libéralisme radical, et se positionne comme une candidate de rupture.

Un parcours d'élite et une ascension politique fulgurante

Née à Pavillons-sous-Bois en Seine-Saint-Denis, Sarah Knafo a suivi un parcours d'excellence: Sciences Po, l'ENA, puis la Cour des Comptes comme magistrate. En 2021, elle cofonde le mouvement Reconquête avec Éric Zemmour, dont elle devient la secrétaire générale. Elle crée également le réseau "Parents Vigilants", qui revendique 75 000 membres à travers la France. Depuis un an, elle siège au Parlement européen comme députée et vice-présidente du groupe Europe des Nations Souveraines. Moins polémique que son compagnon, elle bénéficie d'une forte exposition médiatique et incarne une nouvelle figure de l'extrême droite française, alliant libéralisme économique et conservatisme sociétal.

Des divisions à l'extrême droite et une rivalité avec le RN

Sarah Knafo est critiquée par le Rassemblement National, qui la considère comme une rivale. Elle qualifie de son côté le RN de "socialiste". Une fusion des listes d'extrême droite au second tour paraît peu probable, Marine Le Pen reprochant à Sarah Knafo d'avoir "toujours combattu" son parti. Thierry Mariani, candidat RN à Paris, a lancé sa campagne en rappelant agacé qu'Éric Zemmour juge le RN "socialiste". Les deux listes d'extrême droite pourraient donc faire cavalier seul, réduisant leurs chances de l'emporter. Dans un sondage Ipsos de décembre, Sarah Knafo est créditée de 7% des intentions de vote au premier tour, ex aequo avec Thierry Mariani. Ce score la place loin derrière les principales têtes de liste.

Un paysage électoral fragmenté à Paris

Selon le sondage Ipsos, le candidat PS Emmanuel Grégoire, à la tête d'une union entre socialistes, écologistes et communistes, remporterait 32% des suffrages au premier tour. Il devance la candidate LR Rachida Dati, soutenue par le MoDem, qui recueillerait 27%. Pierre-Yves Bournazel, candidat d'Horizons soutenu par Renaissance, est crédité de 14% des intentions de vote, et Sophia Chikirou, tête de liste LFI, est donnée à 13%. Quatre listes seraient ainsi en mesure de se qualifier au second tour, pouvant donner lieu à une quadrangulaire. Sarah Knafo apparaît donc en position d'outsider, mais sa candidature pourrait peser sur les reports de voix et les alliances de second tour.

Une position ambiguë sur le travail et l'assistanat

Sur le plan national, Sarah Knafo a récemment pris position sur la question du travail, en contradiction apparente avec les discours de son compagnon. Sur CNews et Europe 1, elle a affirmé qu'il n'y avait "pas d'assistés en France, pas de fainéants", dénonçant un "système vicié" qui "favorise l'inactivité". Elle a appelé à "rendre le travail attractif" plutôt que de "culpabiliser les gens" ou de "retirer les prestations sociales". Pour elle, il faut "baisser les charges sur le travail massivement" afin que "le travail paie davantage". Cette position contraste avec celle d'Éric Zemmour, qui avait fait de la lutte contre "l'assistanat" un thème phare de sa campagne présidentielle de 2022. Dimanche, il a confirmé qu'il "aurait voté" la loi obligeant les bénéficiaires du RSA à travailler, s'il était député.

Une figure montante mais des obstacles nombreux

Sarah Knafo incarne une nouvelle génération politique, entre libéralisme décomplexé et conservatisme assumé. Son parcours d'élite et sa présence médiatique en font une figure montante de l'extrême droite française, mais les obstacles sont nombreux. À Paris, elle doit composer avec un paysage électoral fragmenté et une rivalité avec le RN qui limite ses perspectives d'alliance. Sur le plan national, elle doit gérer les contradictions internes à son camp sur des sujets comme le travail et l'assistanat. Son avenir politique dépendra de sa capacité à incarner une alternative crédible, à la fois pour les Parisiens et pour la droite nationaliste dans son ensemble. Pour l'heure, elle se concentre sur la capitale, laissant la présidentielle à d'autres.

À retenir

  • Sarah Knafo, eurodéputée Reconquête, se présente à la mairie de Paris avec un plan d'économies de 10 milliards d'euros et une baisse de la taxe foncière.
  • Elle exclut une candidature à la présidentielle de 2027, laissant la place à Éric Zemmour.
  • Elle est en rivalité avec le RN, qui la considère comme une concurrente, rendant improbable une fusion des listes d'extrême droite.
  • Un sondage Ipsos la donne à 7% des intentions de vote au premier tour, ex aequo avec le candidat RN Thierry Mariani.
  • Son positionnement sur le travail et l'assistanat diffère de celui de son compagnon Éric Zemmour, créant des tensions internes.
  • Son parcours d'élite (Sciences Po, ENA, Cour des Comptes) et sa forte exposition médiatique en font une figure montante de l'extrême droite française.
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