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Coline Berry dénonce les viols de son père Richard Berry devant la commission d'enquête sur l'inceste

La psychothérapeute de 50 ans a livré un témoignage accablant, décrivant une enfance marquée par la violence et l'emprise, alors que l'affaire a été classée pour prescription.

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Coline Berry dénonce les viols de son père Richard Berry devant la commission d'enquête sur l'inceste
La psychothérapeute de 50 ans a livré un témoignage accablant, décrivant une enfance marquée par la violence et l'emprisCrédit · 20 Minutes

Les faits

  • Coline Berry, 50 ans, a témoigné le 29 avril 2026 devant la commission d'enquête sur l'inceste à l'Assemblée nationale.
  • Elle accuse son père, l'acteur Richard Berry, 72 ans, de viols répétés presque chaque week-end entre 1984 et 1985.
  • La plainte déposée en 2021 a été classée sans suite en août 2022 en raison de la prescription.
  • Coline Berry décrit des violences prénatales: son père aurait frappé sa mère enceinte de sept mois, lui perforant un tympan.
  • Elle affirme avoir tissé une toile autour de son lit pour empêcher son père d'approcher la nuit.
  • La cousine de Marilou Berry a également été condamnée pour diffamation envers Jeane Manson, puis relaxée en appel.
  • Coline Berry se prononce pour l'imprescriptibilité de l'inceste et la suppression de la non-rétroactivité des lois.

Un témoignage sous le sceau de la violence originelle

Coline Berry, psychothérapeute et psychanalyste de 50 ans, a comparu mercredi 29 avril 2026 devant la commission d'enquête parlementaire sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses parentales. Fille de l'acteur et réalisateur Richard Berry et de la comédienne Catherine Hiegel, elle a réitéré ses accusations de viols répétés contre son père. « Je suis née dans la violence », a-t-elle déclaré, décrivant un climat de terreur instauré bien avant sa naissance. Selon son récit, son père aurait « éclaté la tête de ma mère contre un lavabo » puis l'aurait frappée enceinte de sept mois, lui perforant un tympan. « C'est dans cette violence que je suis venue au monde », a-t-elle insisté, qualifiant ces faits de « point de départ » indissociable des violences sexuelles ultérieures.

Des viols quasi hebdomadaires et un système d'emprise

Coline Berry affirme avoir été victime de « viols répétés presque chaque week-end » durant son enfance. « Le sexe de mon père dans ma bouche en guise de trompette ou de flûte », a-t-elle décrit, évoquant des souvenirs sensoriels persistants: « l'odeur, les sensations, les images, des traces qui restent et qui ne s'effacent pas ». Elle a également mentionné des gestes quotidiens imposés – baisers, chatouilles, jeux – et une absence totale de pudeur, avec nudité et portes ouvertes. Pour étouffer ses accusations, Richard Berry aurait instauré un système de terreur psychologique. « Dans ma famille, ou ce que je préfère appeler le clan, le silence sur les violences est la règle, une organisation. On ne parlait pas, on ne nommait pas, on ne dénonçait pas la figure paternelle », a-t-elle expliqué. Elle a raconté avoir tenté de « parler avec son corps » en reproduisant sur sa mère les gestes subis, mais sa mère, confrontée, aurait été insultée et disqualifiée par son père.

Une procédure judiciaire bloquée par la prescription

Coline Berry a porté plainte en 2021 contre son père pour viols, agressions sexuelles et violences. L'acteur de 72 ans a toujours nié les faits. L'enquête a été classée sans suite en août 2022 en raison de la prescription, les faits allégués remontant aux années 1984-1985, alors que la victime avait moins de 15 ans. « La justice qui m'a dit que c'était trop tard », a dénoncé Coline Berry mercredi. « Mais trop tard pour qui? Droit à l'oubli de qui? », a-t-elle interrogé, plaidant pour l'imprescriptibilité de l'inceste et la suppression de la non-rétroactivité des lois pour les victimes. Par ailleurs, Coline Berry avait également accusé Jeane Manson, compagne de son père à l'époque, de complicité. L'actrice et chanteuse de 75 ans a répliqué en portant plainte pour diffamation. Condamnée en première instance, Coline Berry s'est pourvue en cassation et a finalement été relaxée en appel.

Des stratégies de survie d'une enfant terrorisée

Dans son témoignage, Coline Berry a révélé des mesures désespérées pour se protéger. « J'avais tissé une toile autour de mon lit pour éviter qu'il s'approche la nuit », a-t-elle confié, illustrant l'ingéniosité d'une enfant livrée à elle-même. Elle a également expliqué avoir longtemps gardé le silence, se résignant à subir, avant de décider de parler pour aider les autres. « C'est parce que je me suis tue que je ne veux plus me taire », a-t-elle déclaré. Son avocate, Me Karine Shebabo, a salué le « courage immense » de sa cliente. Coline Berry a exprimé l'espoir que les conclusions de la commission d'enquête ne restent pas « lettre morte » et que des réformes législatives suivent.

Un contexte familial verrouillé et des répercussions politiques

La commission d'enquête, créée pour examiner le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses parentales, a entendu Coline Berry dans le cadre de ses auditions. Son témoignage intervient dans un climat de mobilisation croissante contre l'inceste en France. La question de la prescription des crimes sexuels sur mineurs est au cœur des débats, avec des associations réclamant une imprescriptibilité totale. Coline Berry a insisté sur le caractère systémique du silence au sein de sa famille, qu'elle qualifie de « clan ». Elle a également souligné que sa mère, Catherine Hiegel, est elle-même une victime des violences de Richard Berry. « Ma mère est une victime de mon père », a-t-elle affirmé, ajoutant qu'elle avait « cherché quand même à protéger mon père » malgré tout.

L'avenir judiciaire et législatif en suspens

Alors que l'affaire est close sur le plan pénal, Coline Berry mise sur la commission d'enquête pour faire évoluer la loi. Elle a plaidé pour l'imprescriptibilité de l'inceste et la suppression de la non-rétroactivité des lois, afin que les victimes d'hier puissent obtenir justice. « J'espère que les conclusions de la commission ne resteront pas lettre morte », a-t-elle déclaré. Richard Berry, de son côté, continue de nier les faits. Aucune nouvelle procédure n'est en cours, mais le témoignage de sa fille pourrait relancer le débat public sur la prescription et la protection des mineurs. La commission doit rendre ses conclusions dans les mois à venir.

À retenir

  • Coline Berry a accusé son père Richard Berry de viols répétés pendant son enfance, devant une commission d'enquête parlementaire.
  • La plainte de 2021 a été classée sans suite en 2022 pour cause de prescription, les faits remontant à 1984-1985.
  • Elle décrit un climat de violence psychologique et physique instauré par son père, y compris des violences prénatales.
  • Coline Berry a tissé une toile autour de son lit pour se protéger des agressions nocturnes.
  • Elle plaide pour l'imprescriptibilité de l'inceste et la révision des lois sur la non-rétroactivité.
  • Son témoignage s'inscrit dans une mobilisation plus large contre l'inceste en France, avec des réformes législatives en perspective.
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