Au Sénégal, le débat sur la répartition du pouvoir ravive les tensions au sein de la coalition au pouvoir
Entre les déclarations du président Bassirou Diomaye Faye et les mises en garde de ses alliés, la question de la dualité institutionnelle refait surface.

SENEGAL —
Les faits
- Bassirou Diomaye Faye a accordé un entretien à la presse le samedi 15 avril 2025.
- Khalifa Ababacar Sall, leader de Taxawu Sénégal, a évoqué des « dissonances » au sommet de l’État.
- Abdourahmane Diouf, ministre de l’Environnement et leader du parti Awalé, a rejeté toute idée de partage du pouvoir.
- Amidou Diao, coordonnateur adjoint de PASTEF Canada, a critiqué l’appropriation personnelle du travail collectif par le président.
- Ousmane Sonko est reconnu comme le leader charismatique ayant porté PASTEF au pouvoir.
- Des précédents de gouvernements d’union ont eu lieu sous les présidences d'Abdou Diouf et Abdoulaye Wade.
Une sortie présidentielle qui sème le trouble
Le président Bassirou Diomaye Faye a accordé un entretien à la presse ce samedi, provoquant une onde de choc dans le paysage politique sénégalais. Ses propos, où il a mis en avant son rôle dans la construction du mouvement et plusieurs initiatives internes, ont ravivé un débat latent sur la mémoire collective du parti PASTEF. Une partie des militants y voit une appropriation personnelle du travail collectif, tandis que d'autres y lisent une volonté de réaffirmer son leadership.
Khalifa Sall alerte sur les « dissonances » au sommet de l’État
Interrogé sur la relation entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye, Khalifa Ababacar Sall, leader de Taxawu Sénégal, a livré une analyse nuancée. Il a évoqué une majorité en phase de consolidation cherchant à élargir sa base, mais a aussi souligné des « dissonances » au sommet de l’État qu'il juge « pas très rassurantes » pour la stabilité institutionnelle. S'appuyant sur des précédents historiques sous Abdou Diouf et Abdoulaye Wade, il a rappelé que les gouvernements d'union n'ont pas toujours produit les effets escomptés.
Abdourahmane Diouf: « Il ne peut y avoir ni dualité ni cohabitation »
Le ministre de l’Environnement et leader du parti Awalé, Abdourahmane Diouf, a fermement rejeté toute idée de partage du pouvoir au sommet de l’Exécutif. Dans un entretien à L’Observateur, il a affirmé que la Constitution est sans ambiguïté et ne laisse aucune place à une dualité institutionnelle. « Il ne peut y avoir ni dualité ni cohabitation, douce ou rude », a-t-il martelé, ajoutant que toute entorse à cette hiérarchie fragiliserait l’État et mènerait à « la fin de la République ».
La diaspora de PASTEF critique une « appropriation du travail collectif »
Amidou Diao, coordonnateur adjoint de PASTEF Canada, a réagi aux déclarations présidentielles en dénonçant un usage récurrent du « j’ai fait ceci, j’ai fait cela ». Il a rappelé que la mise en place du mouvement des cadres, par exemple, est le fruit d'un travail collectif auquel de nombreux patriotes ont contribué, notamment au Canada et en France. « Un parti politique est une œuvre collective », a-t-il insisté, tout en reconnaissant le rôle central d'Ousmane Sonko dans le leadership du parti.
La coalition « Diomaye Président » appelle à la discipline
Abdourahmane Diouf a également réaffirmé la cohésion de la coalition « Diomaye Président », appelant la majorité parlementaire à soutenir exclusivement l'action présidentielle. Il a exclu toute logique de cohabitation ou de concurrence au sommet de l’Exécutif, insistant sur la discipline attendue des élus. Cette position contraste avec les interrogations de Khalifa Sall sur les intentions réelles du pouvoir: s'agit-il d'ouvrir un espace de rassemblement national ou d'encourager des ralliements individuels?
Entre centralisation et mémoire collective, l'avenir de PASTEF en jeu
Les récentes déclarations présidentielles mettent en lumière des divergences de lecture sur l'histoire récente de PASTEF. D'un côté, la reconnaissance du leadership individuel; de l'autre, la valorisation du travail collectif qui a porté le parti au pouvoir. Alors que le président Faye cherche à mettre en avant ses contributions, des figures comme Amidou Diao rappellent que la victoire est celle de tous, et que certains militants ont même perdu la vie ou gardent des séquelles. La question reste ouverte: comment concilier la nécessaire autorité présidentielle avec la culture collective qui a fait le succès du parti?
À retenir
- Les déclarations du président Faye ont relancé le débat sur la répartition du pouvoir au sein de l’exécutif sénégalais.
- Khalifa Sall et Abdourahmane Diouf expriment des inquiétudes sur la stabilité institutionnelle, mais divergent sur l'analyse.
- La diaspora de PASTEF critique une appropriation personnelle du travail collectif, tout en reconnaissant le rôle de Faye.
- La coalition au pouvoir insiste sur la discipline et rejette toute cohabitation, conformément à la Constitution.
- Les précédents historiques de gouvernements d'union sous Diouf et Wade servent de mise en garde.
- L'équilibre entre leadership individuel et mémoire collective reste un défi pour PASTEF.






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