Kamel Ghribi sort du silence après avoir été cité comme successeur potentiel de Kaïs Saïed
L'homme d'affaires dément toute ambition politique et appelle au dialogue, alors que la Tunisie s'enflamme autour d'un article du journal italien Il Foglio.

TUNISIA —
Les faits
- Le 1er mai 2026, le quotidien italien Il Foglio publie une analyse de Luca Gambardella évoquant Kamel Ghribi comme possible successeur de Kaïs Saïed.
- Kamel Ghribi réagit le 4 mai 2026 sur les réseaux sociaux, affirmant que son nom n'a été avancé ni par lui ni par quiconque le représentant.
- Il Foglio est un journal de centre-droit proche de la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni.
- L'article déclenche une polémique en Tunisie, avec des réactions virulentes de partisans et d'opposants du régime.
- Ghribi rappelle son engagement lors de la crise de l'oxygène et ses investissements dans les secteurs sanitaire et humanitaire.
- Il déclare ne pas se considérer comme une alternative à quiconque et n'ambitionner aucune fonction en dehors des cadres légaux.
Un article italien embrase la scène politique tunisienne
Le vendredi 1er mai 2026, le quotidien italien Il Foglio publie une analyse signée Luca Gambardella. Le texte dresse un constat sévère de la gouvernance de Kaïs Saïed et jette un pavé dans la mare en citant le nom de Kamel Ghribi comme éventuel successeur de l'autocrate tunisien. En moins de 48 heures, les réseaux sociaux tunisiens s'embrasent. Il Foglio n'est pas un journal de masse, mais il est lu par les responsables politiques, éditorialistes et élites économiques. Sa ligne éditoriale de centre-droit le rapproche de la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni. L'article aborde également les relations alambiquées de la Tunisie avec l'Europe et les projets d'infrastructure financés par l'Europe mais exécutés par la Chine.
La réaction de Kamel Ghribi: démenti et appel à l'unité
Le lundi 4 mai 2026, Kamel Ghribi sort de son silence. Dans une mise au point publiée sur ses réseaux sociaux, il clarifie sa position face aux spéculations. Il précise que l'évocation de son nom comme potentiel candidat à la présidence ne relève ni de son initiative ni de celle d'une quelconque partie le représentant. Ghribi affirme s'exprimer non pas en tant qu'homme d'affaires, mais en tant que « fils de la Tunisie ». Il accueille favorablement les soutiens exprimés à son égard tout en respectant les critiques, qu'il considère comme une manifestation saine du pluralisme. Il insiste sur la nécessité d'un dialogue sans calomnies ni mauvaise foi.
Un parcours marqué par l'engagement humanitaire
Dans son message, Kamel Ghribi revient sur son parcours. Il rappelle ses tentatives répétées de contribuer au développement de la Tunisie à travers des investissements et des initiatives dans les secteurs sanitaire et humanitaire. Il évoque notamment son rôle lors des périodes critiques de la crise de l'oxygène, affirmant que son engagement relevait exclusivement d'un devoir patriotique et humain, sans arrière-pensée politique ou médiatique. Malgré les difficultés rencontrées, il assure que sa position demeure inchangée: « ma main reste tendue vers la Tunisie », écrit-il. Il réaffirme sa volonté de soutenir toute initiative sincère visant à faire avancer le pays, sans chercher un quelconque poste ou intérêt personnel.
Les réactions des partisans et opposants du régime
L'article d'Il Foglio a provoqué des réactions contrastées. Les opposants y ont vu une lueur d'espoir, espérant que l'Europe leur trouve un messie et fasse le travail à leur place. Les partisans de Kaïs Saïed, majoritairement des pages anonymes sur les réseaux sociaux, ont réagi par l'injure, la disqualification et les accusations. Luca Gambardella a déclaré avoir reçu un grand nombre d'insultes et de menaces de Tunisiens. Du côté des partisans du régime, la première réaction a été de suggérer que l'article aurait été payé. Cette accusation de propagande se retourne contre eux: si Gambardella était à la solde d'une entité politique, cela signifierait que Kaïs Saïed a perdu le soutien de Giorgia Meloni, son plus grand allié en Europe.
Une dépendance à l'ingérence étrangère
Au-delà des réactions hystériques, ce qui frappe est la facilité avec laquelle tout un pays se laisse entraîner dans une agitation politique à partir d'un simple article étranger. Les partisans du régime, qui se découvrent soudainement une fibre souverainiste, rejettent toute ingérence alors qu'ils ne juraient que par l'appui italien. Certains opposants acceptent que l'Europe leur désigne un successeur. Dans un cas comme dans l'autre, on accepte l'idée même d'une ingérence étrangère. Curieusement, les uns et les autres critiquaient avec les mots les plus durs l'opération de Donald Trump contre Nicolas Maduro en janvier dernier. L'ingérence n'est pas un principe: c'est, pour beaucoup, une question de camp.
Les autres actualités du 4 mai 2026 en Tunisie
Le même jour, le gouvernement a défendu ses cinq mégaprojets solaires devant le Conseil des régions. La commission de l'Investissement et de la coopération internationale du Conseil national des régions et des districts a auditionné le ministre de l'Économie Samir Abdelhafidh et le secrétaire d'État chargé de la transition énergétique Wael Chouchane. Par ailleurs, le secrétaire général de l'UGTT Slaheddine Selmi a reçu le bâtonnier Boubaker Bethabet, affichant une convergence entre la centrale syndicale et le barreau. L'Ordre des ingénieurs tunisiens a également alerté sur un « saignement » des talents, pressant les autorités d'engager des réformes urgentes. Le conseil national de l'Ordre, tenu à Sousse du 1er au 3 mai, a dressé un état des lieux de la profession dans un contexte économique et social jugé exigeant.
Quelles perspectives pour Kamel Ghribi et la Tunisie?
Kamel Ghribi conclut en appelant à dépasser les divisions et à privilégier l'intérêt national. Il affirme que la Tunisie « est plus grande que les personnes et plus profonde que les divergences ». Il réitère son engagement à rester au service de son pays, en maintenant « ses portes et sa main ouvertes à tout ce qui est dans l'intérêt de la Tunisie ». Reste à savoir si cet épisode marquera un tournant dans le paysage politique tunisien. La polémique révèle une fragilité institutionnelle et une dépendance aux influences extérieures qui interrogent sur la capacité du pays à se projeter dans un avenir souverain. Pour l'heure, Kamel Ghribi se tient en retrait, mais son nom continue de circuler dans les cercles du pouvoir.
À retenir
- Kamel Ghribi, homme d'affaires tunisien, dément toute ambition politique après avoir été cité comme successeur potentiel de Kaïs Saïed par le journal italien Il Foglio.
- L'article d'Il Foglio, proche de Giorgia Meloni, a provoqué une vive polémique en Tunisie, révélant les tensions entre partisans et opposants du régime.
- Ghribi met en avant son engagement humanitaire lors de la crise de l'oxygène et appelle au dialogue sans calomnies.
- La polémique illustre une dépendance de la classe politique tunisienne aux ingérences étrangères, critiquées par ailleurs.
- Le même jour, le gouvernement tunisien défend ses mégaprojets solaires et l'UGTT et le barreau affichent leur convergence.
- L'Ordre des ingénieurs tunisiens alerte sur la fuite des talents et appelle à des réformes urgentes.



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