Hantavirus : l'OMS soupçonne une transmission interhumaine sur le navire Hondius, imbroglio avec l'Espagne
Deux cas confirmés et cinq suspects, dont trois décès, sur un bateau de croisière néerlandais bloqué au Cap-Vert; l'organisation cherche les passagers d'un vol en provenance de Sainte-Hélène.

CÔTE D'IVOIRE —
Les faits
- 7 cas identifiés au 4 mai 2026 (2 confirmés, 5 suspects) dont 3 décès, 1 patient critique, 3 symptômes légers.
- Une Néerlandaise de 69 ans évacuée à Sainte-Hélène le 24 avril, morte le 26 avril à Johannesburg.
- Son époux de 70 ans est décédé à bord du navire.
- 149 personnes de 23 nationalités à bord du MV Hondius.
- L'Espagne contredit l'OMS: aucune décision d'accostage aux Canaries avant les données épidémiologiques.
- Le virus Andes, seul capable de transmission interhumaine, est suspecté.
- Taux de létalité de 10 à 30 %.
Un foyer mortel sur un navire de croisière néerlandais
L'Organisation mondiale de la santé a annoncé mardi deux cas confirmés d'infection par hantavirus et cinq cas suspects liés à une épidémie à bord du MV Hondius, un navire de croisière néerlandais actuellement bloqué au large du Cap-Vert, dans l'Atlantique. Selon le dernier bilan de l'OMS daté du 4 mai 2026, sept personnes ont été touchées, dont trois sont décédées, un patient se trouve dans un état critique et trois autres présentent des symptômes légers. Trois des personnes infectées ne sont plus à bord, tandis que quatre y demeurent. Le navire, qui transportait 149 personnes de 23 nationalités, est sous quarantaine. Maria Van Kerkhove, directrice par intérim du département de préparation et de prévention des épidémies et pandémies de l'OMS, a indiqué lundi soir qu'aucun autre passager ne présentait de symptômes pour le moment, mais que la situation était étroitement surveillée. Les passagers ont été invités à rester dans leurs cabines pour réduire les risques pendant les opérations de désinfection.
Une évacuation fatale et la traque des passagers d'un vol
Parmi les victimes, une touriste néerlandaise de 69 ans a été débarquée le 24 avril sur l'île de Sainte-Hélène avec des symptômes gastro-intestinaux. Le lendemain, elle a embarqué sur un vol à destination de Johannesburg, en Afrique du Sud. Elle est décédée le 26 avril et son infection par hantavirus a été confirmée lundi. Son époux, âgé de 70 ans, était mort à bord du navire. L'OMS a annoncé mardi qu'elle cherchait à localiser les passagers de ce vol Sainte-Hélène-Johannesbourg, afin d'évaluer les risques de transmission. L'organisation a précisé que les recherches étaient en cours.
L'Espagne contredit l'OMS sur l'accostage aux Canaries
Alors que l'OMS affirmait mardi que l'Espagne avait autorisé l'accostage du navire aux îles Canaries, le ministère espagnol de la Santé a démenti sur X. Selon le ministère, « en fonction des données épidémiologiques qui seront recueillies du navire lors de son passage au Cap-Vert, il sera décidé quelle escale est la plus pertinente. Jusque-là, le ministère de la Santé ne prendra aucune décision, comme nous l'avons fait savoir à l'Organisation mondiale de la santé. » Cette contradiction plonge l'équipage et les passagers dans l'incertitude. Le navire reste bloqué au large du Cap-Vert, sans autorisation de débarquement, alors que les autorités locales et internationales tentent de coordonner une réponse.
Un virus rare mais létal, la piste d'une transmission interhumaine
Les hantavirus sont principalement transmis à l'homme par des rongeurs infectés, via leurs excréments ou leur urine. Ils peuvent provoquer des difficultés respiratoires et cardiaques, ainsi que des fièvres hémorragiques. Hans Kluge, directeur de l'OMS pour l'Europe, a souligné que les infections sont rares et « ne se transmettent pas facilement entre personnes », appelant à ne pas céder à la panique ni imposer de restrictions de voyage. Cependant, l'OMS soupçonne une transmission interhumaine dans ce foyer. Juan Facundo Petrina, directeur de l'épidémiologie de Terre de Feu, a expliqué que le virus Andes, présent en Argentine, est le seul à avoir démontré une capacité de transmission interhumaine. Il a rappelé un précédent à Epuyén, en Patagonie, où des cas de transmission entre personnes avaient été documentés. « Nous avions demandé au ministère de la Santé de déterminer s'il s'agit du virus Andes », a-t-il déclaré.
Un taux de létalité élevé et des précédents inquiétants
Juan Facundo Petrina a précisé que le taux de létalité des infections par hantavirus se situe habituellement entre 10 et 30 %. « Sur dix personnes qui tombent malades, entre sept et neuf survivent, mais le reste peut mourir », a-t-il expliqué. La transmission interhumaine n'est pas la norme, mais le précédent d'Epuyén montre qu'elle est possible. L'OMS n'a pas encore confirmé la souche en cause, mais la suspicion de transmission interhumaine repose sur le fait que plusieurs cas sont survenus à bord sans contact direct avec des rongeurs. L'organisation a indiqué que des analyses étaient en cours pour identifier le virus.
Des questions en suspens et une situation sous haute surveillance
Alors que le navire reste bloqué, les autorités sanitaires doivent déterminer où et quand les passagers pourront débarquer. L'Espagne conditionne sa décision aux données recueillies au Cap-Vert, tandis que l'OMS poursuit ses investigations. La traque des passagers du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg est cruciale pour éviter une propagation plus large. Maria Van Kerkhove a assuré que la situation était « étroitement surveillée » et que des mesures de désinfection étaient en cours. Mais l'absence de décision claire sur l'accostage et la possibilité d'une transmission interhumaine maintiennent une pression sanitaire et diplomatique. Le monde observe ce foyer rare, qui pourrait éclairer les mécanismes de propagation d'un virus encore mal compris.
À retenir
- L'OMS a recensé 7 cas d'hantavirus (dont 2 confirmés) sur le MV Hondius, avec 3 décès et 1 patient critique.
- Une touriste néerlandaise évacuée à Sainte-Hélène est décédée après un vol vers Johannesburg; les passagers de ce vol sont recherchés.
- L'Espagne contredit l'OMS en affirmant n'avoir pris aucune décision d'accostage aux Canaries.
- La transmission interhumaine est suspectée, possiblement due au virus Andes, seul capable de ce mode de propagation.
- Le taux de létalité de l'hantavirus varie de 10 à 30 %, et la transmission interhumaine reste exceptionnelle.
- Le navire reste bloqué au Cap-Vert, en attendant des données épidémiologiques et une décision d'escale.


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