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Clémence Guetté propose de nationaliser TotalEnergies dès 2027 : « Pourquoi pas ? »

La députée LFI estime sur RTL que l'opération serait rentable dès la première année, tandis que Jean-Luc Mélenchon réclame que l'entreprise « passe à la caisse ».

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Clémence Guetté propose de nationaliser TotalEnergies dès 2027 : « Pourquoi pas ? »
La députée LFI estime sur RTL que l'opération serait rentable dès la première année, tandis que Jean-Luc Mélenchon réclaCrédit · RTL.fr

Les faits

  • Clémence Guetté, députée La France insoumise, a proposé sur RTL de nationaliser TotalEnergies en cas de victoire de Jean-Luc Mélenchon en 2027.
  • Elle a affirmé que « nationaliser Total serait rentable dès la première année ».
  • Jean-Luc Mélenchon, lors du défilé du 1er mai à Paris, a déclaré que TotalEnergies doit « passer à la caisse » car « vous en avez les moyens ».
  • Danièle Obono, députée LFI, a accusé les pétroliers de « se gaver sur le dos des Françaises et des Français ».
  • La proposition s'inscrit dans un programme de gauche visant à capter les superprofits des énergéticiens.
  • TotalEnergies a réalisé des bénéfices records en 2023, dépassant les 20 milliards d'euros.
  • La nationalisation de TotalEnergies nécessiterait une compensation financière estimée à plusieurs dizaines de milliards d'euros.

Une proposition choc pour financer la transition

Clémence Guetté, députée La France insoumise, a jeté un pavé dans la mare en proposant sur RTL de nationaliser TotalEnergies en cas de victoire de Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle de 2027. Interrogée sur la faisabilité de l'opération, elle a répondu: « Pourquoi pas? », avant d'ajouter que « nationaliser Total serait rentable dès la première année ». Cette déclaration intervient alors que le groupe pétrolier engrange des superprofits records, suscitant l'indignation de la gauche. La députée a justifié sa proposition par la nécessité de financer la transition écologique et de redistribuer les richesses. Selon elle, l'État pourrait récupérer les bénéfices de TotalEnergies pour les investir dans les énergies renouvelables et l'isolation des logements. Une idée qui fait écho aux récentes prises de position de Jean-Luc Mélenchon et de Danièle Obono.

Mélenchon hausse le ton le 1er mai

Lors du défilé du 1er mai à Paris, Jean-Luc Mélenchon a durci le ton en direction de TotalEnergies. « Vous en avez les moyens », a-t-il lancé, avant d'exiger que le groupe « passe à la caisse ». Le leader insoumis a dénoncé les profits colossaux réalisés par l'entreprise au détriment des Français, appelant à une taxation des superprofits ou à une nationalisation. Cette sortie s'inscrit dans une stratégie plus large de LFI visant à faire de la lutte contre les inégalités et le changement climatique le cœur de sa campagne. Mélenchon, qui se pose en alternative crédible à gauche, cherche à capitaliser sur le mécontentement populaire face à la hausse des prix de l'énergie.

Les pétroliers « se gavent », selon Danièle Obono

Danièle Obono, également députée LFI, a appuyé les propos de ses collègues en accusant les pétroliers de « se gaver sur le dos des Françaises et des Français ». Elle a rappelé que les superprofits des énergéticiens atteignent des niveaux historiques, tandis que les ménages peinent à payer leurs factures. « Il est temps que ces entreprises contribuent à l'effort national », a-t-elle déclaré. Ces attaques répétées contre TotalEnergies reflètent une ligne politique claire: la gauche radicale veut en finir avec ce qu'elle considère comme un système de prédation économique. La nationalisation est présentée comme un outil pour reprendre le contrôle des ressources énergétiques et assurer une transition juste.

Un débat sur la rentabilité et le coût

La proposition de Clémence Guetté soulève des questions économiques majeures. Nationaliser TotalEnergies nécessiterait une compensation financière aux actionnaires, estimée à plusieurs dizaines de milliards d'euros. Mais la députée assure que l'opération serait rentable dès la première année, sans préciser ses calculs. Les bénéfices de TotalEnergies ont dépassé les 20 milliards d'euros en 2023, de quoi financer en partie l'acquisition. Cependant, des économistes mettent en garde contre les risques de désorganisation du marché et de fuite des investissements. La nationalisation d'une entreprise cotée en Bourse est un processus complexe, qui pourrait se heurter à des obstacles juridiques et politiques. Le débat est loin d'être tranché.

Un contexte de tensions sociales et politiques

Ces déclarations interviennent dans un climat social tendu, marqué par la lutte contre la réforme des retraites et l'inflation. La gauche, divisée entre différentes sensibilités, tente de s'unir autour d'un programme commun pour 2027. La nationalisation de TotalEnergies pourrait devenir un symbole de cette unité, mais aussi un point de friction avec les partenaires modérés. Jean-Luc Mélenchon, candidat déclaré à la présidentielle, voit dans cette proposition un moyen de se démarquer et de séduire un électorat populaire. Reste à savoir si cette radicalité séduira au-delà de la base militante.

Quelles suites pour la proposition?

Pour l'heure, la nationalisation de TotalEnergies n'est qu'une proposition parmi d'autres dans le programme de LFI. Clémence Guetté a appelé à un débat public sur le sujet, tandis que le gouvernement actuel rejette catégoriquement l'idée. Le ministre de l'Économie a qualifié la proposition d'« irresponsable » et de « contre-productive ». La question pourrait devenir un enjeu central de la campagne présidentielle, opposant une gauche souverainiste à une droite libérale. Les prochains mois diront si cette idée fait son chemin ou reste une simple déclaration d'intention.

Un pari risqué pour la gauche radicale

En misant sur la nationalisation de TotalEnergies, LFI prend un pari politique risqué. D'un côté, elle répond à une attente de justice sociale et écologique; de l'autre, elle s'expose à des critiques sur le réalisme économique. La proposition de Clémence Guetté, bien que séduisante pour une partie de l'électorat, pourrait effrayer les investisseurs et les classes moyennes. Mais pour les insoumis, le jeu en vaut la chandelle. Dans un contexte de crise climatique et de défiance envers les grandes entreprises, l'idée de reprendre le contrôle d'un géant pétrolier résonne comme un appel à la souveraineté populaire. Reste à convaincre que c'est possible et souhaitable.

À retenir

  • Clémence Guetté propose de nationaliser TotalEnergies en 2027, affirmant que l'opération serait rentable dès la première année.
  • Jean-Luc Mélenchon et Danièle Obono soutiennent cette ligne, dénonçant les superprofits des pétroliers.
  • La nationalisation nécessiterait une compensation financière de plusieurs dizaines de milliards d'euros.
  • Le débat oppose une gauche souverainiste à une droite libérale, avec des implications économiques et politiques majeures.
  • La proposition s'inscrit dans un programme de transition écologique et de justice sociale, mais suscite des doutes sur sa faisabilité.
  • L'issue de ce débat pourrait influencer la campagne présidentielle de 2027 et l'unité de la gauche.
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